Afghanistan
"Carnet de
Voyage" |
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Voici en brut . Jour par jour , le récit du dernier reportage en Afghanistan.
![]() ME 01 OCTOBRE: Départ sans problèmes et habituel de Paris. John, un jeune qui rend des petits services informatiques à Assaut a tenu a m’accompagner à l’aéroport et j’apprécie beaucoup. Pour un jeune se lever à 06H00 pour dire au revoir à “tonton Yves” c’est sympa. Les bagages pèsent quelques tonnes.A Amsterdam Schipool , je mange un maatjes et deux suchis . L’aéroport est vraiment sympa et surtout le bar ancien style avec un vieux barman adapté au cadre. Vol sans histoire sur Dubaï à part la récupération de ma place hublot “chipée” par une blonde un peu vulgaire et boulémique. Formalité rapide à Dubaï et nuit très courte à mon hôtel habituel . Le Carlton Tower. Pas le temps d’aller faire le tour des bars libanais, russes et indiens de l’ hôtel ou se trémoussent des créatures lègèrement vêtues dans un himalaya de décibels. Juste une bière, au bar russe ou une pute à la nationalité indéfinie essaie de m’accrocher du regard. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- JE 02 OCTOBRE : 06H30 Achat du billet au terminal 3. Le taxi pakistanais habituel m’avait bien sûr déposé au terminal 2. On en réquisitionne un autre avec un “flic” suédois en partance pour Kabul. Achat du billet et enregistrement par une belle blonde aux yeux bleu-vert qui est syrienne. Le Mc Donnel de la QAM Air a l’air un peu moins vieux que les coucous d’Arianna. Je dors comme un loir pendant le trajet et me réveille pour la superbe arrivée sur Kabul et ses paysages marrons sable et crème. Le nouvel aéroport n’est toujours pas fini et c’est le vieil hall qui nous accueille. Et les formalité ne traînent pas trop. Des panneaux demandent de dénoncer tout actes de corruption. Un taxi m’amène à Warehouse pour un prix ehorbitant pour l’Afghanistan sous le prétexte qu’il est “government car” . Fantastique, la route de Djallalabad a été bien refaite. Finis les nids de poule, propice aux IED. J’ai néanmoins l’impression qu’il y a moins de trafic . Kabul a été pris en charge par les Afghans et la police et l’armée sont bien présente. A l’entrée de Warehouse, les paras de garde de la 2ème compagnie du 3ème RPIMa m’accueillent très bien . C’est la section que j’avais vu au au Centre d’entraînement jungle au Gabon, il y a juste, deux ans. Par contre impossible d’aller plus loin que la deuxième chicane de main gate. Le PIO, le colonel Louisfert ne peut pas me voir sous prétexte que pas de RV et je n’ai bien sûr pas l’accès à Warehouse ou j’avais passé tant de bons moments avec le 1er RCP, l’année dernière et l’état-major de la 3ème Brigade Méca en 2006. Les paras arrivés un mois plus tôt sont sidérés. Je leur laisse quelques Assauts. On discute un peu de la situation. Ils sont visiblement tendus à cause de la fin du Ramadan. Une semaine plus tôt, deux roquettes sont tombées sur Warehouse et deux jours plus tôt, une voiture s’est arrêtée sur la route et a balancé une roquette de RPG-7 et une rafalle sur le poste principal. Reste à trouver une voiture. En pleine chaleur, isolé avec tout mes bagages, je fais du stop sur cet “axe violet” réputé dangereux. Dépité, je rentre sur Kabul centre et vais voir mes amis d’ACTED. Le vieux guest house de ces humanitaires peut toujours m’accueillir. L’endroit une vieille maison coloniale un peu délabré reste une oasis de verdure dans Kabul L’après midi, je vais au QG de l’ ISAF pour prendre mon accréditation. Le quartier est encore plus bunkérisé que d’habitude et les mur de beton ne laissent même plus voir les maisons riverraines. Tout celà ,un jour s’écroulera. Coup classique avec les Macédoniens de garde qui ne veulent pas me laisser rentrer sous peine que je n’ai pas d’accréditation alors que je viens justement rechercher l’accréditation. De plus ils parlent anglais par l’intermédiaire d’un interprete afghan. Enfin au bout d’un quart d’heure de palabre, je réussi à avoir un sous/officier au téléphonne... qui me dit de revenir plus tard. Je gueule un bon coup . On va venir me voir ! Dix minute plus tard, un capitaine italien au regard fuyant et portant un béret noir arrive. On discute et catastrophe, il me dit que l’ ISAF n’a recu aucun mail de ma part ... c’est faux puisque son prédesseur m’avait répondu. Par contre ma carte est prète mais , nouvel obstacle au travail des journalistes, il faut une empreinte digitale et occulaire qui ne se fait que le mardi, jeudi et samedi entre 10H00 et 11H00 . Putain on se croirait à la RATP ou à “La Poste” Bunkerisation, fonctionarisation, l’ ISAF ne peut pas gagner la guerre comme cela. Le capitaine, au regard toujours aussi fuyant me dit qu’il ne peut rien faire pour moi.. et qu’il faut tout règler avec ces foutus E-mail dont la moitié se perdent . On est en plein dans la carricature du numéro 20 d’Assaut qui est devenu une réalité... J’ai le moral à zéro. La nuit est longue, les moustiques virulents. ![]()
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VE 03 OCTOBRE
: Je pars à Warehouse vers 09 H00. A chaque fois c’est un
taxi et un danger potentiel même si il est très réduit. Les
paras de garde sont toujours aussi sympas et je peux cette
fois çi même avancer jusqu’au corps de garde. Super, j’ai
fait cinquante mètres en deux jours. Là je demande bien sûr,
l’officier presse. On répond qu’il va partir en réunion et
que personne ne peut me voir. J’insiste et réinsiste sur le
contact humain et miracle un commandant fait dire qu’il va
venir me voir. En attendant, je discute un peu avec les
paras. Visiblement, ils en ont gros sur la patate. Ils se
sentent abandonnés et trahis par la presse, le pouvoir et
l’état-major. Paris en prend plein la gueule et les hommes
estiment que leur général bien aimé est lâché ....comme le
général Poncet l’avait été en Côte d’ Ivoire. Le commandant
arrive. C’est un homme mince assez sympa et au lieu
d’établir un programme derrière une tasse de café et dans la
sérénité...les choses se font debout, au milieu de tous et
dans un climat pas vraiment sain. J’expose les raisons pour
lesquelles je souhaiterai pouvoir disposer d’une petite
place sous une tente et qui sont justifiées. Le commandant
dit les comprendre mais rien à faire ,les ordres sont les
ordres et c’est comme cela.
Visiblement les PIO se retranchent derrière les règlements
ISAF pour justifier les difficultés faites à la presse. Une
fois de plus, je paie pour les conneries d’une partie de ce
qu’on appele la “grande presse” Ceux là, je les connais et
n’ai guère de sympathie pour certains d’entre eux, mais les
militaires me décoivent ... Bien sûr que théoriquement il ne
faut pas faire d’exceptions.. mais ici visiblement en toute
conscience, ils compliquent le travail du journaliste tout
en compliquant le leur. Qu’on ne me parle pas plus de “
French touch”. Assaut bien sûr, n’a pas la difusion d’une
grande chaîne mais a sa place, une importance dans le
recrutement, reste un lien entre les anciens et les soldats,
et un support inconditionnel pour ces dernier. Tout ceci
mérite que comme par le passé, on nous montre un peu de
flexibilité mais ce n’est pas le cas. De plus nous avons
toujours été sensible au devoir de réserve, même si nous n’y
sommes pas tenu et même au prix de certains scope nous
n’avons jamais publié d’informations pouvant nuire à nos
soldats. Nous continuerons bien sûr dans ce sens mais
j’avoue en avoir gros sur le coeur.
2008 a vu à trois
reprises, au Tchad, au Liban et en Afghanistan, le
commandement discrètement m’écarter de la vie quotidienne
des soldats qui pourtant m’ouvrent toujours leurs portes et
leurs coeurs et dont je n’ai jamais trahis la confiance.
Un
fossé se creuse et c’est très triste, surtout à l’automne de
ma carrière de “journaliste amis des soldats”
Comme la société
civile, l’armée s’”américanise”, se complait dans des
règlements ubuesques qui nuisent à son efficacité, ne sait
plus reconnaître ses amis et va devenir un “machin” sans âme
et fonctionarisé. Les fonctionnaires ne gagnent pas les
guerres.
Ce qui est valable pour
mon insignifiante personne, l’est aussi pour le théâtre. Il
fallait garder bien séparée la mission ISAF de la mission
“Enduring Freedom”. Force de police musclée avec de gros
moyens, oui ! et les Afghans l’acceptaient. Faire la
guerre avec les Américains, non ! Les Afghans aimaient et
appréciaent les Français. Le vent est peut être en train de
tourner. Au guest house d’Acted, Jean-José Puig, vieux
routier de l’Afghanistan depuis 1977, me dit. “ Les deux
versants de l’ Hindu-Kuch coté Est se “pourrissent.”
Profitant du bordel, bandits, néo taliban, djihadistes et
membres font règner de l’insécurité. L’ ISAF se bunkerise
et ne sort que pour frapper.
Même les
Français qui avaient pourtant une culture “coloniale”
s’américanisent . La population commence à voir en eux un
occupant. Je devais aller voir des vieux amis afghans dans
une vallée à l’est du tunnel de Salang. J’hésite car
désormais si on me voit avec eux, en tant que Français, je
peux les mettre en danger.”
Si, les Afghans
commencent à nous prendre pour une force d’occupation, s’en
est terminé de la mission et les pertes augmenteront.
l’infernal cycle attentat/représaille s’intensifiera et tout
le monde sait qu’en Afghanistan, l’Etranger n’aura jamais
gain de cause.
Ceci ne
veut pas dire qu’il faut être attentiste et ne pas frapper
et même très brutalement .... mais il faut frapper vite et
faire très mal, là ou il le faut et sans s’encombrer de
scrupules diplomatiques. Le problème des Taliban peut se
règler entre Afghans , celui des djihadistes ne se règlera
que par leur destruction et celle ci n’est pas possible tant
qu’il bénéficieront d’un sanctuaire pakistannais.
Soirée au guest house
ou l’air canaille d’ Aziz et les sourires permanents des
membres du personnels afghans me mettent un peu de baume au
coeur. De plus Karim, le cuisinier qui est un Hazara bien
typé se démerde pas mal .
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SA 04 OCTOBRE.
A 09H55, je suis devant les parpaing de béton du QG de l’
ISAF avec deux journalistes polonais et un Brits
ressemblant à Woody Allen et qui vient d’arriver.
Le petit
capitaine italien qui s’appelle Morghese apparait avec à la
main de la paperasse et les cartes d’accreditation.” Woody
Allen” lui dit qu’il vient d’arriver et demande des
nouvelles de ses reportages. L’officier italien lui tient
alors exactement le même language qu’à moi, il y a deux
jours avec exactement les même mimiques. “Nous n’avons
pas reçut vos E-mail....il faut remplir et
bla bla bla ” Ceci laisse bien sûr le Britannique dans
un profond désespoir. En fait je commence à comprendre que
le système est fait pour mettre un maximum d’obstacles entre
le journaliste et les unités.
Avant de recevoir, les
cartes, il faut bien sûr passer à la grande nouveauté 2008
de l’ ISAF, la prise d’empreintes digitales et occulaires
qui ne peuvent se faire le Mardi, Jeudi
Samedi entre 10 H et 11
H....
au
suivant.
J’essaie de prendre cela à la rigolade afin de ne pas
extérioriser mon dépit. Un journaliste même si il dit
souvent des conneries ne doit pas être traité comme un
terroriste potentiel et de plus nul ne peut dire ou ces
informations vont aller ce n’est pas sain. L’opération se
fait dans un petit container, adossé entre deux murs de
béton au mur principal du QG principal dans lequel on ne
rentrera pas ...Que de mur ? Les deux pouces ne suffisent
pas , il leur faut chaque doigt et on recommence en tournant
le doigt . Puis viennent les yeux, qu’il faut maintenir
ouvrir avec deux doigts ce qui vous donne l’air d’un monstre
holywoodien. Si celà continue et pour l’accreditation 2009,
il faudra sans doute apporter un échantillon d’urine et se
faire photographier les plis du TDC. Avec mes conneries, je
fais dérider “Pinocchio “ c’est ainsi que j’ai décidé
d’appeller le capitaine Morghese . Ce n’est pas un mauvais
bougre mais il doit détester ce qu’il fait ou qu’on l’oblige
à faire et se réfugie derrière le règlement
pour échapper à ses
doutes. Je repense à un de ses successeurs vu lors de
l’ouverture de théâtre en 2002. Au QG alors accessible
puisque le bureau des PIO ( Press Informations Officier)
était un étage en dessous du PC de l’ISAF, un capitaine
italien m’avait dit. “ Nous avons ici des Carabinieri
Parachutistes. Voulez vous faire quelques photos ? “ En une
heure l’affaire était réglée et je pus prendre ces gendarmes
soldats d’élite en position sur les toits avec tout leur
armement et ensuite aller boire une bière avec eux pour
l’intervieuw. Et malgré cela, al Qaïda n’a jamais attaqué l’
ISAF . Maintenant , il faut dix jours et trois tonnes de
paperasse pour prendre une photo de fusil d’assaut.
Avec la précieuse
carte, je fonce à Warehouse... un taxi de plus. Je ne peux
bien sûr toujours pas rentrer mais on me dit de revenir à
16H00 pour une intrevieuw avec le Chef de corps du 3ème
RPIMa.
Comme il y a du temps à
tuer, je vais avec deux filles d’ACTED au musée national qui
fut détruit pa les Taliban. Très interessants . Les Taliban
se sont acharnés sur tout ce qui est boudhique mais ont
relativement épargné les superbes statue en bois animistes
du Nouristan y compris des poteaux suportant des maisons
avec des couples érotiques...
Après le
musée ,les filles font un arrêt à la French backery pour
achetter des patisserie...
Je ne peux
résister à un petit gateaux fourré à la cerise ....superbe
et pas chimique.
A 16H00, une jolie
enseigne de vaisseau attachée au bureau presse, vient enfin
me chercher et je rentre dans ce camp que je connais comme
ma poche.
Le colonel Louisfert ,
très fatigué et c’est normal avec toute la pression
médiatique des dernières semaines me reçoit cordialement
avec le commandant vu la veille. Je remet sur le tapis , le
problème qui fache et qui est l’hébergement et là bien sûr
rien à faire.
C’est la ligne Sigfried.
Je comprend néanmoins que ils voudraient peut être
bien m’aider mais ne le peuvent pas et qu’en plus de la
pression médiatique constante ils subissent une lourde
bureaucratie de l’ ISAF. Maintenant et c’est là ou se trouve
le problème de société actuel .... Pourquoi tout accepter.
La France a toujours eut des particuliarisme, l’Angleterre
aussi d’ailleurs. De nos jours on ne voit que trop rarement
des hommes menacer de donner leur démission. On accepte tout
et on s’enfonce. On devient plus rigoureux qu’un feldwebel
prussien dans une caserne de cadets au XIX ème siècle et
cela ne nous ressemble pas du tout. On perd cette “French
Touch” qui quelquefois pouvait marcher. Dans le conflit
larvé qui oppose actuellement une partie l’Armée au pouvoir
s’ajoute celui de l’armée avec une partie de la presse. En
ces moments difficile l’armée a besoin d’alliés. Il y en a
dans la presse mais au nom du sacré saint règlement ,
derrière lequel les militaires se retranchent , l’Armée
risque de se couper de ses amis de toujours.
On est a
fond avec vous mais aidez nous un tout petit peu et dans un
pays comme l’Afghanistan, montrez un peu de souplesse vis à
vis de gens qui n’ont jamais craché dans la soupe et qui
galèrent. Assaut n’a pas les budgets d’une grande chaîne.
Nous ne mendions pas. Nous cherchons simplement à avoir une
tente presse pour des raisons de sécurité, de liaisons ( Les
militaires bunkerisé n’ont pas l’air de savoir qu’à Kabul,
les pannes d’électricité sont fréquentes , que le téléphone
marche quelquefois ) et
que de perte de temps.
Si l’on
continue sur cette voie, le reportage se limitera à une
visite guidée “A votre droite un VAB c’est un blindé à
votre gauche un parachutiste reconnaissable à ses tatouages,
Bonsoir , n’oubliez pas le Guide”
Un magazine comme
Assaut ne peut se contenter de cela. Nos lecteurs qui
participent activement au lien Armée -Nation sont exigeants.
L’important c’est de pouvoir communiquer avec les soldats et
partager leur mission . Dans le VAB, sur la piste mais aussi
dans les moments de détente. Si à l’avenir, les choses ne
s’améliorent pas, je cesserai de publier Assaut car je ne
veux pas me contenter d’offrir des reportages creux à mes
lecteurs. Ce serait les trahir. La disparition d’Assaut
n’empêchera pas le monde de tourner mais ce sera un tout
peti clou en plus dans le cercueil de la liberté.
Le
briefing, se passe bien avec le chef de corps du 3ème de
Marine, le colonel Perrin qui me fait un bon exposé de la
situation sur carte. J’ai vu le chef , maintenant il me
faudrait voir les soldats et partager leur vie sur le
terrain .
En quittant, le bureau,
on ne m’autorise même pas à aller boire une bière à l’ OASE,
le bar allemand de Warehouse.
Crime de
lèse Yves
La nuit est tombée et
je me retrouve seul sur l’axe violet ..... très safe. En ces
temps troublés pour l’armée , j’imagine la réaction de la
presse nationale, si j’étais enlevé ou abattu. Tout à fait
involontairement, je servirai des gens que je n’aime pas,
simplement parce que ceux que j’aime ne sont pas capables
d’avoir un peu de flexibilité et sont règlement-règlement .
très triste.
Un homme sort de
Warehouse. C’est un jeune qui a plus l’air d’être plus un
Américain qu’un Afghan. Bien sûr , il est sidéré de me voir
seul a cet endroit. Je lui demande comment il rentre à Kabul
et heureusement il me dit qu’un de ses potes vient le
chercher et qu’il peut me donner un lift . Le jeune Pachtoun
très gosse de riche me dit appartenir à la famille royale.
Retour à Kaboul. Au guest housse, je partage mes bières
avec un des jeunes humanitaires australiens.
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DIMANCHE 05 OCTOBRE
Journée Guest house. Je vais manger un de ces délicieux
kkébab dans un des petits restaurants de flower street.
Viande savoureuse avec différentes sortes de poivre et une
sauce yogourth mentolée bien épicée ... le tout arrosé hélas
d’un coca cola. Un des gamins des rues me poursuit et veux
absolument me vendre ma sixième ou septième carte
d’Afghanistan.
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![]()
LUNDI O6 OCTOBRE.
Retour à Warehouse vers
09H00. Encore un taxi ! . Le camp de Warehouse est situé à
la périphérie de Kabul sur la route de Djalabad et donc à
une bonne dizaine de kilomètre du centre. La route appelée
Axe violet est célèbre pour ses attaques à l’ IED.
(Improved Explosive
Device)
Cette année, les nids
de poules ont disparus ainsi que les tas d’ordure sur les
cotés qui étaient propice à la dissimulation des pièges.
Ici la communauté européenne à fait du bon boulot avec cette
route toute neuve. La miss de la Marine m’attend et on
commence par une intervieuw des logisticiens du BCS suivi
par une visite des atéliers.
Un adjudant me montre
un lance grenade individuel troué par un impact. Après cela,
le colonel Louisfert me donne l’horaire pour un départ pour
la FOB TORA ou se trouve une partie du bataillon français de
Kabul. Encore un aller retour pour aller chercher mes
affaires en ville, payer mes quatre nuits de guest house et
vite manger un kebab ramené par Aziz.
A 15H00, retour à
Warehouse et départ avec une section de renfort de la 1ère
compagnie du 3ème RPIMa “ Les fantômes”. Enfin de l’action.
Je suis dans un VAB (Véhicule de l’avant blindé) avec cinq
jeunes paras, moyenne d’âge 22 et un bon sergent. Les jeunes
me posent beaucoup de questions. Ils sont motivés mais amer
sur leur équipement. Toutes les améliorations de leur FAMAS,
visée laser, PIRAT, EO Tech, lampe SURFIRE, rail Picatini,
poignée ont été acheté personellement. Le mitrailleur s’est
même payé , deux boitiers chargeurs de 200 coups en Belgique
ou ce produit est en vente libre. Les pantalons, vestes “guerrilla”,
trousse médicale, et gillet de combat “Blackhawk” sont
également des achats personnels. Quant on pense qu’un
caporal de leur âge gagne mensuelement à peu près 1800 € ,
et que ces paras investissent près de 1600 € en équipement
, on comprend leur motivation et ....leur dépit. Par contre
tous sont heureux d’avoir percu des nouvelles ranger ASolo
Goretex qui sont de solides chaussures de montagne. Pour le
trajet, je peux monter en trappe centrale .
A une dizaine de
kilomètre à peine de Kabul, s’ouvrent des gorges
particulières impressionnantes. Je suis dans le VAB de tête.
Le lieutenant Lemoine, un bon copain, ancien GCP qui m’avait
offert son lit à Bangui me dit “ Ne t’en fait pas, le
véhicule de tête est rarement attaqué” Les VAB ont l’air de
jouets au 400ème. Le trafic est intense car c’est par cettte
route passant par la fameuse Kyber pass et Peshawar au
Pakistan qu’arrive tout le ravitaillement de Kabul. Si les
taliban y effectuent des attaques, ils n’ont pas intérêt à y
détruire un ouvrage d’art car une partie de la logistique
passe bien sûr par cetrte route stratégique. A la sortie des
gorges, le paysage change et se transforme en grosse colline
pelée ressemblant au “Bad Land “ américains. Nous arrivons
à la FOB (Forward Operating Base) Tora à la tombée de la
nuit. Le fort est au sommet d’une colline. Au bas, le
village de Tora d’ou sont de temps en temps tirée des
roquettes et la place est dominée par le mont Saint-Michel.
Il y a à peine deux semaines, des pick-up taliban ont tenté
d’attaquer la FOB Tora en croyant qu’une grande partie de la
garnison était en opération en dehors de l’enceinte. Les
véhicules ont été stoppé à coup de PGM et plusieurs Taliban
sont resté sur le carreau. Au loin vers le nord la vallée d’
Uzbeen ou à eut lieu la meurtière embuscade qui coutâ au
BATRA, 10 soldats. Nous mangeons à l’ordinnaire avec les
paras de Carmin , la 4ème compagnie du 8ème RPIMa. La base
est bien équipée mais nous dormirons dehors sur le parking
et à la belle étoile. Nous nous installons entre un VAB et
un camion d’essence. Si par hasard, une roquette arrive ...
on n’aura pas le temps de dire ouf. Après avoir un peu
déconné, les jeunes paras bien encadré par des caporaux
chefs pointu vont dormir . Demain nous devons participer à
une relativement grosse opération mais la soirée n’a rien
d’une veillée d’arme. Nos sac de couchage sont en rang
d’oignon. Un des “jeunes” dit “ Imaginez que les Taleb
s’infiltrent et que nous soyons tous suriné” . Je passe
quelques bons moments avec les deux tahitiens de la section
qui ont sortis une guitare. Un chant est interrompu par un
coup de feu ... un incident de tir venant du peloton de VBL
du 1er RHP juste à coté. Plus de peur que de mal...La nuit
se passe bien et je ne dors pas trop mal.
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MARDI 06 OCTOBRE.
Réveil à 5H30. Tout est
prêt, sacs dans les VAB et le départ de l’opération est
prévu pour 07H00. Le lieutenant Lemoine, mon copain commande
les renforts de deux sections de la 1ère compagnie du 3ème
RPIMa détachées pour l’opération. Le lieutenant Couture qui
commande la section ou je suis fait son briefing et rapelle
les règles d’ouverture du feu qui se limitent à la légitime
défense. Cela ne plait pas trop aux paras ...; ce sont
malgré tout des guerriers mais les ordres sont les ordres.
Autres petites mise en garde ... les tenues. “ Nous avons
un journaliste avec nous, alors faites attention , pas de
bandana, pas de foulards afghans etc ...” Toujours cette
peur de se faire retailler les bretelles par le haut
commandement et qui caractérise l’Armée française.
Quand je repense au
tenues plutôt disparates des soldats russes vus en Géorgie,
je rigole doucement. Les garçons dépensent la moitié de leur
solde pour s’équiper mais il doivent être règlementaire
devant les caméras.
Le lieutenant Lemoine
me fait un rapide exposé de la mission. En fait le BATFRA
fait une grosse sortie plein Est à la limite de la Surobi
pour aller proposer des projets de développement CIMIC dans
plusieurs village dont celui de Malauno. En tête, les VBL
du 3ème escadron du 1er RHP , suivi de la 4ème compagnie du
8ème RPIMA ensuite le PC et les appuis constitués d’une
section à deux mortiers de 120mm de la 3ème compagnie du
35ème RAP et d’éléments du 17ème RGP et nous fermons la
marche. La situation ennemie est la suivante. Au départ les
“chouff “ ( observateurs) vont certainement prévenir les
Taliban et peut être tirer quelques coups de harcèlement
Si les Taliban dont le
nombre est estimés à 50 plus un renfort possible de 30
décident de faire quelque chose, il leur faudra au moins
deux heures pour réagir. Vu le déploiement de force c’est
très peu probable. Après avoir assuré la sécurité arrière du
convoi ( ici il n’y a pas de front) “blanc unité” c’est
l’indicatif de la section va se poser en recueil à coté d’un
village près d’un petit col et nous fermerons ensuite la
marche de retour. Ce sera le moment délicat car les taliban
pourrait poser un IED sur cette piste
obligatoirement
utilisée par la force au retour.
Sur le parking, je
filme le départ avec un beau soleil levant. Le colonel
Perrin doit être satisfait . C’est un chef rayonnant à la
tête d’ hommes superbes. Bien loin des mesquineries de la
Métropole.Il doit être heureux de voir s’ébranler cette
cinquantaine de véhicules partant pour une mission à la
fois humanitaire et guerrière.
Le départ
est impressionnant. VAB et VBL s’ébranlent dans des nuages
de poussière. Celà me rappelle un peu les grandes heures de
l’opération Daguet.
Nous
partons les derniers. Arrivés dans la vallée, nous voyons le
PC installé et un peu plus loin, les mortiers de 120mm en
batterie. Les deux hélicoptères Caracal, d’un joli ton gris
clair passent en rase motte au dessus des VAB dispersé dans
cette grande plaine.
Ambiance
“Apocalypse Now” Les hélicoptères vont dropper une section
du “3” dans le village à visiter. En fait l’opération est
peu être une forme d’opération psychologique
pour
montrer que les Français sortent en force, non pour “ casser
du Taleb” mais pour offrir des projets de développement. En
fait une sorte de main de fer dans un gant de velour. Nous
nous positionnons face au Sud Est. Mon groupe “Blanc 12”
débarque. Le paysage et la lumière sont superbe. Les paras
très photogénique, surtout ,le sergent qui a doté son FAMAS
d’un bipied américain achetté à Bagram. Armes et casque de
la section ont été bien camouflés. Les garçons sont motivés
et malgré leur jeunesse connaissent leur job.
Ils
découpent visuelement le terrain et observent les endroits
d’ou pourrait venir la rafalle de Kalashnikov ou la
roquette de RPG. Chaque mouvement de civils est signalé et
une crète très attentivement observée. “Blanc 12” ne dispose
pas de tireur FR-F2 mais juste à coté le groupe “Blanc 13” a
mis en batterie un Eryx et peut compter sur un tireur de
précision. Ce dernier est au aguets.
Le sergent
“Anderson dit “ Nous sommes beaucoup trop nombreux, Taleb
ne viendra pas !”
On sent un
peu de regret dans sa voix. Quoiqu’en dise la presse, nos
hommes sont des paras et nullement “traumatisé” par
l’affaire du 18 août ont du mordant à revendre et veulent se
battre. C’est normal, c’est leur métier. Le colonel Perrin
me dira. Ils accepteront le combat mais n’ont aucun esprit
de revanche et ne veulent pas casser du Taleb.
Vers
11H00, nous changeons de position et faisons cinq kilomètres
pour nous positionner sur la position de receuil. La piste
traverse ces colinnes pelées, véritable nid à IED. Nous
arrivons sur la position et tout le monde débarque. Les
groupes des trois VAB débarquent , 11, 12 et 13 et se
placent sur les hauteurs dominant la piste et un charmant
village dénommé K-27 et faisant partie de la Choura
-communauté urbaine -qui devrait bénéficier du plan de
développement. Le village ancré à flanc de colline dans un
nid de verdure est bucolique et sans doute autosuffisant
car il y a de l’eau. On trouve du maïs, du blés cultivés en
terasse et des arbres fruitiers. Chèvres et vaches paisent
gardés par des enfants. La guerre semble bien loin, pourtant
nous sommes en plein territoire indien.
Je laisse
mon groupe pour rejoindre le VBL des lieutenant Lemoine et
Couture placé au centre du dispositif. Nous décidons d’aller
voir le Malek ( maire). Celui ci, un patriarche de 60 ans à
la barbe blanche s’avance vers nous accompagné de trois
hommes. L’un d’eux regards fuyant serre à peine les mains et
s’éclipse très vite. Nous discutons de façon très courtoise
mais pas dans le village et le chef ne nous invite pas à
prendre le thé. .. ce qui est un signe. On sent cette
population prise entre deux feux. Comme très souvent, dans
le Pachtouneland des questions religieuses : Est il
vrai qu’en France vous mangez du porc ? . L’interprète
traduit la réponse du lieutenant Lemoine que je sais être un
grand chrétien très pratiquant. Nous mangeons ce que notre
religion, nous autorise mais notre Dieu comme le vôtre veut
la paix dans le coeur des hommes.
Ce à quoi
le Malek réplique : Si vous respectez nos coutumes, vous
êtes les bienvenus ! L’entretien se poursuit sur le même
ton cordial et bien sûr des rations sont distribuées aux
enfants. Nous retournons au VBL un peu dubitatif. Il faudra
beaucoup de temps et de patience pour gagner les coeurs. Un
message radio, nous demande de retourner dans le village
pour se renseigner sur un certain Abdullah, adjoint d’une
autorité locale et qui serait un peu copain avec les
Taliban. Le lieutenant Le moine, rend compte à l’état-major
que ce serait contreproductif. Il me dit : “ On à fait
ami -ami et les présentation. On ne peut pas retourner cinq
minutes après pour demander d’une facon cavalière si ils
connaissent , untel ou untel. “ Il est sûr que cette
nuit ,les taliban viendront et demanderont au Malek,
pourquoi les Français sont venus. Le Malek devra jouer serré.
Le lieutenant imagine la situation et ne veut pas mettre en
porte à faux le maire.
Encore une
fois, il faudra du temps. L’opération s’est déroulée sans
aucun problème et nous revoyons repasser tout les blindés
engagés. Les paras, postés sur les hauteurs redescendent et
nous remontons dans les VAB. A Tora nous attendons longtemps
sur le parking que les officier finissent le débriefing. La
vie de soldat est faite de longues attentes. Les paras sont
un peu frustré par le manque d’action... moi aussi mais j’ai
de bonnes photos. Retour au crépuscule sur Kabul. Lorsqu’on
veut activer les brouilleurs ,les mecs râlentun peu . Les
brouilleurs ont un effet micro onde et pouraient faire
fondre les plombages et les broches ....Le trajet dure une
heure et demi et comme il fait noir, je ne monte pas en
trappe. On sent aux grincement du VAB que la mécanique
souffre dans les pentes. De nuit ,les pilotes doivent être
retaillés car au moindre écart c’est le plongeon dans un
précipices abyssal de noir. Le paysage avec une demi lune
fait penser a certaine séquence du “seigneur des anneaux”.
A
Warehouse, le colonel Louisfert confirme que je repart pour
la Kapissa à cinq heures du matin mais que je ne peux
toujours pas loger à Warehouse ! La nuit sera très courte
car je dois rentrer à Acted. Je peste bien sûr . Comme si
pour quelques heures on ne pouvait pas me trouver un lit
picot sous une tente. Comme je dis que je pourrais installer
mon sac de couchage en face du camp, le colonel se propose
même d’appeler un taxi et de me le payer .... situation
ubuesque au possible. J’aurais préferé qu’il prenne sur lui
de me loger dans le petit coin café ou il y avait un
canapé, totalement déserté à cette heure tadive. Comme il
est près de 23 heures, je suis obligé d’accepter le taxis du
colonel sans bien sûr le laisser payer. Une chance que les
paras de garde ne me fouillent pas le trou du cul a la
fouille de sortie. Le taxi, bien sûr coûte , le double du
prix normal puisque c’est un taxi officiel. Heureusement
qu’à ACTED, il y a de la place et un gardien de nuit ... Je
redemande au taxi de revenir me chercher à 04H00... pas le
choix, je n’en trouverai pas d’autre à cette heure là.
![]()
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MERCREDI 08 OCTOBRE.
A 04H00 ,
le taxi est là. Direction Warehouse à travers les rues
désertes. Comme on longe le quartier ou s’est “bunkerisé” l’
ISAF, les Ambassades et tout le barnum, je demande au
chauffeur de ne pas rouler trop vite... au cas ou des
“contractor” nerveux aient envie de faire un carton. Il y a
deux ans des VBL français s’étaient fait alumé par les
Américains dans ce même quartier.
A
Warehouse fouille classique. La très gentille Clémence,
lieutenant de vaisseau est là pour m’accueillir.
Elle
m’amène directement là, ou se forme le convoi qui m’amènera
en Kapissa. Comme me l’a dit, lors du briefinging deux jours
plus tôt, le commandant Thépenier, l’organisation d’un
convoi est conséquente et la préparation prend plusieurs
jours. Pour 4 à 7 camions, il faut un VAB “ Bromure” qui va
créer une bulle electromagnétique destinée à empêcher
l’action des IED déclenchés par téléphonne portable, cinq à
sept VAB montés par les soldats de l’escadron de circulation
routière qui vont assurer l’escorte proprement dite et qui
sont quelquefois renforcé par une section d’infanterie, un
VAB canon de 20mm un VAB sanitaire, un moyen de dépannage et
un VAB TACPI chargé de guider les appuis aériens. Ces
derniers sont demandés et assurés par des commandos de
l’Armée de l’Air, les hommes du CPA-20 que nous vous avons
présenté dans ASSAUT N°3
Quelquefois des camions civils conduits par des Afghans sont
intégrés. Une attaque sur un convoi logistique est toujours
payante pour les Taliban. On peut se rappeler les hécatombes
de camions russes sur la route en lacet du col de Salang
effectuées par les hommes du commandant Massoud. Pour le
moment les “tringlots” du BCS ont eut beaucoup de chance. Le
25 août, ils sont tombés dans une grosse embuscade entre les
FOB Nijrab et la FOB Tagab en Kapissa. Quatre roquettes de
RPG-7 ont heureusement manqué les camions. Alors que le jour
se leve, le commandant fait son briefing. J’en profite pour
faire les premières photos de la journée. Les chauffeur
remontent dans les bahuts. Avec un sourire un peu crispé, le
pilote d’un TRM-10.000 me fait un signe de main pousse levé.
La seule protection de la cabine est un gillet pare éclat
posé sur la porte ... un peu mince. De toute l’ ISAF, la
France est le seul pays a ne pas avoir de camion blindé. Le
commandement refuse pour l’instant de souder des plaques de
métal dans des atelier de fortune comme les Américains
l’avaient fait en Irak.
“C’est
bon pour stopper des balles d’AK-47 et encore mais en cas d’
IED ou de roquette de RPG-7, le blindage saute et ses
morceaux s’ajoutent aux éclats mortel.”
nous dit
un brigadier chef.
On espère
pour fin octobre la livraison de 33 nouveaux camions Scania
-Renault à cabine blindée mais les logisticiens sont
sceptiques et croient plutôt les percevoir à l’hiver. Encore
quatre mois à tenir et comme dit un de leur cadre. “ Les
pilotes des TRM-10.000 et des VTL, croisent les doigts et
prennent leurs grosses couilles pour les mettre sur le
tableau de bord. “
Pour le
voyage, on me désigne un des VAB. Le chef de bord qui sert
la mitrailleuse de 12,7mm est un de nos abonnés et il a
l’accent du midi. A bord deux garçons de l’escadron de
circulation routière du 516ème RT et les padre catholique et
protestant. Au moins nous aurons la protection divine avec
nous .... et moi je suis un peu l’aumonier du grand Dieu
Bacchus. Je filme la sortie du camp et la traversée des
faubourg. Au moment ou le convoi atteint le début de la
route soviétique, arrêt ! On apprend que le VAB ”bromure”
est en panne. Ce blindé est indispensable puisqu’il assure
la protection electromagnétique des camions en les mettant
dans une bulle ou ils seront à ll’abri des IED déclenchés
par téléphone portable. Il faut retourner à Warehouse pour
chercher l’autre. Il y en que deux sur le téhâtre. Nous
perdons une demi heure et repartons. Je m’endors comme une
masse, malgrés les chaos du blindé. Je me réveille, je ne
sais pas combien de temps après et sors la tête par la
trappe... juste pour apercevoir au loin un drone Predator au
decollage. Ceci veut dire que nous ne devons pas être loin
de Bagram. Quelques instants plus tard le convoi traverse le
fleuve Panshir, ici sorti de sa fameuse vallée. Ici c’est
l’Afghanistan heureux et coloré avec le bazar animé, les
troupeaux de moutons et la population tadjicke accueillante.
Je me serai bien arrêté pour manger un kebab et des raisins
de la Shomali dans une des gargottes “les pieds dans l’eau”
qui fleurissent sur les berges même du Panshir ... une
espèce de Nogent sur Marne à l’afghane sans le petit vin
blanc bien sûr .... quoiqu’à ce qu’il parrait qu’a Istalief,
à l’époque grecqoboudhique, il y avait un cru renommé.
Doucement nous quittons ce pays de cocagne pour aborder les
premiers contreforts des montagnes qui séparent la plaine de
Shomali de la Kapissa. Dans un village deux carcasses de
chars T-62 témoignent des combats passé. La tension monte
et sans cesse le jeune sergent chef fait pivoter sa 12,7mm
vers les point potentiellement dangereux.Abrutis par la
chaleur, les chaos et la poussière, je me rendors.
Je me
réveille à l’entrée du camp. Sous un soleil de plomb, nous
découvrons la FOB (Forward Base) Morales-Frazier , qui
porte le nom d’un soldat américain tué et que les Français
baptisent aussi FOB Nijrab. Le camp de tente entouré de
bastion wall (1) abrite plusieurs zones française,
afghanes, US séparées par des parking ou flotte en
permanence une poussière fine comme de la farine. Et puis
encore et toujours d’autres murs de bastion wall qui
donnent au camp un petit air de labyrinthe. Des bunkers et
la tour “Astérix”, protègent la place qui abrite à peu près
600 hommes. L’ensemble est sur une sorte de grande terrasse
naturelle dominée directement par une imposante montagne au
sud, le mont Dreceli.. Plus loin et quel que soit la
direction des chaînes de montagnes dont la plus importante
est au nord avec juste derrière la célèbre vallée du Panshir
ou le commandant Massoud repoussa 12 offensives soviétiques
et gouvernementales. Du haut d’un de ces bastion wall,
dominant l’ hélipad pouvant accueillir deux Chinook, un
commandant très sympa, chef de BOI, nous présente le camp.
En fait avant l’arrivée des Français, il n’y avait ici que
40 soldats américains provenant des Forces Spéciales et une
toute petite garnison afghane. Un nuit de 2007, s’infiltrant
par un des talweg du mont Dreceli, culminant à 210 m, un
important groupe de Taliban attaqua la base. Le feu d’une
seule 12,7mm et d’un lance grenade automatique MK-19 montés
sur la tour, permit de les repousser. Au matin on retrouva
40 cadavres. Le commandant me montre un bâtiment
quadrangulaire, tout neuf situé à 400 métres au nord-est du
camp. C’est une caserne de police ...vide faute de
policiers. “Nous n’avons pas les effectifs pour y mettre
du monde car nous ne pouvons pas nous permettre d’affaiblir
la défense du camp principal , pourtant ce serait plus
confortable de vivre et plus pratique de travailler dans du
dur. “me dit le commandant.
Je
comprend alors que la FOB est un vrai Fort Apache en
territoire hostile.
Sur un des
baraquement du camp, flotte le drapeau rouge de l’ USMC. Il
s’agit d’un Training Team gèré par dix” leather necks” au
profit de la police afghane. Le drapeau est en berne car
deux semaines plus tôt, un IED a pulvrérisé une “Humvee”
avec quatre marines à bord y compris le chef de détachement,
le lieutenant Madrazo, un mec fantastique estimé de tous.
Après cet
interessante présentation, le lieutenant féminin Aurélie
Lattès, jeune officier communication du 8ème RPIMa, me
montre mes quartiers : la tente de passage ou sont déjà
installé huit Américains.
Nous
déjeunons d’une ration car l’ordinnaire n’est pas encore
installé. “Le grand chef vous recevra en fin d’après midi
”.
Vers 17
heures, je suis reçu par le colonel Aragonese, Chef de Corps
du 8ème Régiment de Parachutistes d’ Infanterie de Marine,
une unité qu’on ne présente plus et qui fait qu’on peut être
encore fier d’être français quant on voit la foi et l’ardeur
de ces gars là. Sur les murs du modeste bureau, jouxtant la
salle “ops”, le regard est immédiatement accroché par la
photo des huits jeunes paras tombés dans la vallée d’
Uzbeen.
Poignée de
main virile et regard franc, le colonel me met tout de suite
dans le bain.
“ Vous
êtes un homme de caractère, moi aussi !” Voilà des
paroles que j’apprécie et qui veulent aussi dire limite
gauche et limite droite. Je sais qu’ici, je n’aurais pas
droit à l’erreur mais je l’exprime tout de suite au Chef de
corps. Contrairement à une partie de la grande presse,
Assaut n’est pas là pour faire du sensationnalisme ou du
fait divers mais pour simplement apporter un témoignage sur
la vie et les missions de nos soldats.
Et pour me
mettre tout de suite dans le bain, le colonel me dit.
“Départ
à 19 heures pour la FOB Tagab, demain, on monte une
opération. Vous en serez mais avant cela, je vous ai préparé
un briefing. Je me sens bien sûr choyé.
En
quelques minutes, le colonel Aragonese me fait comprendre la
Kapissa, ses enjeux et la noble mission de la Task Force
Chimère. Cette dernière qui à bien sûr pris comme emblême,
la créature mythique ornant le blason du 8ème RPIMa, se
compose de 650 hommes répartis dans la CCL et les 1ère et
2ème compagnies de combat du 8ème RPIMa, de deux sections de
la 3ème compagnie du 17ème RGP , d’un peloton blindé du 3ème
escadron du 1er REC et d’une section d’appui mortier de la
1ère batterie du 35ème RAP. A ceci, il faut bien sûr ajouter
les logisticiens et les hommes du soutien qui font tourner
la “baraque”.
En fait,
bien que tout le monde s’y attendait, le 8ème RPIMa, n’était
pas à la base prévu pour être déployé en Afghanistan. Pour
faire face à ses obligation OTAN, la France a pris son tour,
pour la mise sur pied d’une unité attachée à la Strategic
Reserve Force de l’Alliance à la fin de l’année 2007. Ce fut
le 8ème RPIMa qui fut désigné. Ceci signifiait que les
“voleurs de poules” (2) étaient en “alerte guépard” pour l’
OTAN et qu’ils auraient pu très bien être déployés dans
l’urgence au Kosovo, en Géorgie ou dans n’importe quel pays
ou le SHAPE, les auraient envoyés. Pour être parfaitement
prêt, le 8ème RPIMa va s’entraîner dur. Trois semaines de
CENTAC (Centre d’entraînement tactique ) à Mailly, quinze
jours d’exercice de tir à Caylus et des exercices de
commandement Janus pour les PC. Les militaires n’aiment pas
le terme “d’hommes surentraînés” car on ne l’est jamais
assez mais aux yeux du grand public, ce terme peut être
appliqué à nos paras, lorsqu’ils apprènent avec plaisir que
ce sera l’Afghanistan. On s’engage chez les paras pour la
“baston” et nos hommes savent qu’au pays de l’ insolence,
ils en auront tout en remplissant une mission humanitaire.
Le gros
des effectifs arrive à Bagram, la grande base US
d’Afghanistan le 30 juin et suit exactement le même circuit
qu’une unité de GI ou de Marines avec cinq jours
d’acclimatation. Les paras en profitent pour se familiariser
avec l’American way of life visiter les PX, et les
différents Fast Food qui ont poussés comme champignon le
long d’une avenue centrale comme dans n’importe quelle ville
du Middle West. On peut même se faire masser. Quand je pense
que j’ai connu Bagram, comme ligne de front en 1999 ....
Et puis
c’est l’arrivée en Kapissa... ou plutôt le début d’une
grande aventure que connaitront aussi les contingents qui
succederont au paras et qui est la reconquête de cette
petite province laissée jusqu’ àprésent à l’insurection. Il
s’âgit bien sûr d’une reconquête militaire mais aussi des
coeurs et là le défi est immense. Au début de 2007, il n’y
avait que 15 Forces Spéciales US dans la Kapissa En 2008
,il y avait dans la région en tout et pour tout 140 soldats
américains qui ne pouvait pratiquement que rester dans leur
base. L’arrivée d’un bataillon français va bouleverser la
donne et permettre d’envisager de tenir le terrain...Les
Taliban et leurs alliés ne vont sans doute pas se laisser
arracher un sanctuaire mais l’avenir seul pourra nous dire
si la déesse de la fortune
sera aux
cotés de nos soldats dans cette noble mission contre
l’obscurantisme.
Pour
remplir cette mission, la Task Force Chimère dépend en fait
du RC-East ( Régional Command) sous commandement américain.
C’est la première fois depuis la guerre de Corrée qu’un
bataillon français isolé oeuvre sous commandement américain
et ici l’unité principale est la 101st Air Assault Division,
les fameux “Screaming Eagle”.
L’armée
afghane est également de presque toutes les sortire. L’ANA a
déployé en Kapissa, la 2ème compagnie du 3ème kandak (
bataillon) de la 201ème brigade du III ème corps qui est une
unité mécanisée utilisant des M 113 et des BMP.
En
quelques mots, avec carte à l’appui, le colonel m’explique
“l’enjeu” Kapissa. La province à en fait la forme d’un gros
haricot ou plutôt de l’Afrique. Une Afrique entourée de
montagne avec une entrée à Dakkar et une autre au Cap. Une
route relie les deux suivant la vallée principale Sud-Nord
qui s’incurve ensuite vers l’ouest pour déboucher sur Bagram
et la plaine de la Shomali. La Kapissa est donc
principalement un point de passage... mais qui faute de
grande route n’est pour le moment pas exploitable. Dans la
vallée principale de Tagab débouchent six vallées
secondaires, Nijrab, Afghania, Alasay,Bedraou, et
Diram-Diram fréquentées à l’exception de Nijrab par “les
malfaisants” qui pour le moment s’y trouvent comme poissons
dans l’eau. Au forces de l’ ISAF qui comprennent la Task
Force Chimère plus 60 soldats US et 20 hommes des Forces
Spéciales roumaines de vider l’eau du bocal. Si la
sécurisation réussit, les travaux d’une route de déviation
venant de Djalalabad, passant par la Surobi , traversant la
Kapissa pour déboucher sur Bagram et de là le nord du pays
et le Tadjikistan et l’Ouzbekistan, pourront reprendre.
Cette future grande route désenclavera l’Asie centrale en
évitant Kabul. Dans l’immédiat moins de trafic sur Kabul
signifie aussi plus de facilité dans le contrôle du trafic
et moins de risques d’attentat suicide dans la capitale. A
moyen terme, route signifie aussi, station service, bazar,
reprise de l’activité économique donc réduction de
l’insécurité. Bien sûr, on offre au trafiquant de drogue,
une “autoroute” mais c’est au gouvernement afghan à prendre
ses responsabilités en établissant deux check-point aux
entrées-sorties de la Kapissa.
Voilà donc
l’enjeu et c’est des soldats français représentés par un des
plus beau régiment de France qui vont initialiser cette
aventure guerrière et humaine. Voilà ce que les médias
engoncées dans leur fond de médiocrité et de recherche du
sensationnel ne disent pas. Au moment ou nous cloturons cet
article, c’est à dire à la mi octobre, la Task Force Chimère,
aura pris part à 80 incidents dont 41 actions de combat dont
13 TIC ( Troops in Contact ). 12 paras ont été blessés dont
9 lors de l’embuscade du 27 septembre. A l’heure, ou vous
lirez ces lignes, nos paras auront bien sûr mené d’autres
combats et il y aura hélas sans doute de nouvelles pertes.
A 19H00
départ de nuit. Il nous faut une demi heure, pour gagner la
FOB Kutschbach ou Tagab qui est l’autre base de la Kapissa
avec la 2ème compagnie du 8ème RPIMa.
Ici, il y
a un ordinnaire et le chef nous à fait une tranche de porc
grillée avec une superbe sauce à l’ail.
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JEUDI
09 OCTOBRE.
Lever vers
07H00. L’opération a débuté dans la nuit. Nous faisons
d’abord un petit tour au PC qui est en liaison directe avec
la 2ème compagnie et une compagnie de l’ANA (Afghan National
Army)qui effectuent un ratissage. Autours d’une grande table
carrée, les officiers des différentes cellules, manoeuvres,
renseignement, appui, et logistique suivent la “manip”
devant une
grande carte murale. La pièce à coté est réservée aux
transmetteurs.
Quelques
photos et je suis le colonel dans la tour de guet et de
protection, ornée de l’insigne de la compagnie et ou flotte
fièrement une flamme noire ou sont écrit en lettre d’or :
8ème RPIMa. La vue est superbe et permet de comprendre
immédiatement la situation tactique. Le fond de la vallée
fait au maximum quatre kilomètres de large et puis c’est
immédiatement les contrefort de la montagne. Presque tout
se déroule dans cette
zone de
culture bien verte grâce au canaux d’irrigation qui font
depuis l’époque greco-boudhique, partie de la culture
afghane. C’est la que le Pachtoune vit et éventuellement se
bat. En fait, le terrain y est très compartimenté et
similaire par certains aspect à un bocage. Le
compartimentage est accentué par les Kalat, ou grande
maison fortifiée pachtoune, qui depuis des temps immémoriaux
servent à la défense. L’Afghanistan a toujours été un pays
violent. De l’extérieur, le Kalat se présente comme un grand
quadrilatère avec très peu d’ouverture à l’exception de
jolie porte en bois. A l’intérieur c’est un dédale de petits
cubes d’habitation abritant les familles. C’est donc dans
cet Afghanistan utile et agricole que se déroulent la
plupart des actions et que le soldat français devra gagner
les coeurs. Rien ne dit que le paysan, dans son champs de
pastèque et qui vient de vous saluer, ne va pas brutalement
sortir une Kalachnikov d’un canal d’irrigation souterrain et
vous lâcher une rafalle dans le dos avant de retourner
innocement dans son champs. Toute la subtilité du jeu, va
consister pour les Français à ne pas tomber dans l’infernal
cycle- attentat-représaille afin de se concentrer sur
l’essentiel, l’élimination des réels activistes islamistes.
En dehors de ces zones vertes il y a bien sûr des embuscades
et des combats dans les rochers mais ils sont plutôt le fait
d’opportunités ou de pièges tendus à nos troupes comme ce
fut le cas à Uzbeen. Le Taleb utilisera la montagne pour se
cacher, y cacher ses armes et se déplacer. Connaissant la
puissance de feu de l’ ISAF et avant cela, celle des
Soviétiques, il évitera de s’y faire surprendre.
Vers
09H00, nous quittons la FOB et tournons à droite, plein sud
pour rejoindre la zone ou les deux compagnies sont engagées.
Il ne nous faut que dix minutes pour y arriver. En fait dès
que l’on quitte une FOB, on peut dire qu’on est en”
territoire indien” que ce soit dans la Surobi ou en Kapissa.
Ce sera à nos troupes qui viennent d’arriver, de
progresivement déserrer l’entreinte afin d’élargir la bulle
de sécurité ce qui permetra à la population de relancer
l’économie et de retrouver une vie normale ...mais est ce
que l’Afghan qui est en guerre depuis trente ans sait ce
qu’est une vie normale.
Nous
débarquons et protégé par le GPR ( Groupe de Protection
Rapprochée) qui sont les gardes du corps du colonel
Aragonese, nous grimpons sur trois cent mètres, le versant
ouest de la vallée. Ici sont placés les appuis , mortiers de
81mm, VAB canon de 20mm et un AMX-10 RC du 1er REC
commandés par un superbe sergent chef d’origine
camerounaise, noir comme du charbon et hyper sympa. A la
jumelle, le chef observe le terrain. Les hommes du GPR font
de même avec les lunettes de leur fusil d’assaut. L’un
d’eux, l’adjudant Le Goff, un solide breton est surnommé le
porte-avion du “8” car il est armé d’un M 16A4 avec lance
grenade M 203 de 40mm. Il a déjà fait la couverture de notre
collègue “Commando”. Nous ne sommes pas en pique-nique et
malgré l’apparente décontraction qui est une des marques du
8ème RPIMa, tout les sens sont en éveil. Les Taliban peuvent
avoir repéré ce groupe de commandement et nous balancer une
roquette de RPG-7, ce qui est arrivé à plusieurs reprise.
Dans le ciel, deux petits Kiowa Warrior font des aller
retours. Désormais aucune opération ne se fait sans appui
aérien. Beaucoup plus haut, sans les voir dans ce ciel
cristalin, on entend les F15 E Strike Eagle. Eux
n’interviendront que si il y a un gros problème. A nos pieds
s’étend la
zone de verdure que ratissent les compagnies.
A 11H 10,
on entend quelques détonations, sur la gauche. Silence,
froncement de sourcils. Deux minutes, plus tard, nous
apprenons que l’ANA a accroché. Un homme armé d’un PKM a
été vu mais à pu s’enfuir.
Nous
redescendons sur la route, couverte d’un première couche de
macadam. Si les Français réussissent, elle sera un jour une
véritable voie pour le développement. Là nous retrouvons le
lieutenant Seb, patron de “ Noir 2” la deuxième section de
la 2ème compagnie du “ 8”. Depuis son arrivée, la section a
participé à six actions de combat et a compté quatre blessés
légers dans ses rangs. On peut noter qu’un des paras du “8”
a
du être
évacué sur Kabul pour morsure par un cobra. Comme le tireur
de PKM de tout à l’heure, le reptile très certainement
rénuméré par Hekmathiar a pu s’échapper. Des gens du 17ème
RGP ont installé, un petit check-point et avec deux
policiers afghans contrôlent le trafic. En fait pour les
opérations en Afghanistan, que ce soit en Kapissa ou en
Surobi, la section qui comprend trois groupes d’infanterie
est automatiquement renforcée par un groupe génie. Ces
derniers oeuvrent en fantassins mais sont immédiatement
disponibles dans leur spécialisation si on a besoin d’eux.
Le colonel
décide d’effectuer une patrouille avec un des groupes
d’infanterie et ses GPR. Nous, nous enfonçons dans la zone
verte en file indienne. En communiquant par geste, les
hommes progressent. La machine est bien huillée et chacun
sait ce qu’il fait. A chaque passage potentielement
dangereux, un para se “met en chouff “ utilisant le point
rouge de sa visée et couvre le passage du gars qui le suit
avant d’être remplacé. Dans un champs, je veux achetter un
oignon pour améliorer l’ordinnaire. Le vieux paysan à la
vénérable barbe blanche refuse les dix afghanis que je lui
propose et m’offre un gigantesque oignon blanc. Ceci prouve
que la population n’est pas foncièrement hostile. La
patrouille se poursuit par un légère grimpette. Je crois que
le colonel veux aussi me tester. Lors de reportages
précédents, la mauvaise condition physique de certains
journalistes a faillit mettre en danger une section.
Vers 14
heures, nous rentrons à la FOB. L’opération n’a pas donné
grand chose car trop de moyens ont été sortis. Taleb est un
malin et connait Mao Tse Toung. “Si l’ennemi avance
retire toi et fuis le combat , si il recule avance et
harcelle le ! “ Néanmoins le colonel Aragonese, justifie
ce genre de sortie qui a défaut de bilan, dérange
considérablement les Taliban, les oblige à bouger et surtout
à communiquer et là ... ils se font reperer. (3). C’est ici
que commence la guerre souterraine des Forces Spéciales qui
mènent des opérations homo. Suite à l’embuscade d’ Uzbeen,
quarante sept taliban ont quand même rejoins le paradis
d’Allah.
Nous
rentrons sans problème à Nijrab et je m’écroule sur mon lit.
Horreur, mon voisin, un major américain, rondouillard et
chauve, un peu CIMIC, un peu espion ronfle comme une
escadrille de B-17.
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VE 10
OCTOBRE:
Aujourd’hui, grasse matinée car il n’y a rien de spécial à
faire. Aurélie, le lieutenant féminin en charge de la “com”
me propose d’aller faire un tour au petit magazin, installé
juste à l’entrée du camp. Elle se fait rabrouer, au poste de
garde car, elle n’a pas son FAMAS et que théoriquement on ne
sort pas sans arme en dehors de l’enceinte. Ceci prouve
qu’a peine
sortis du camp tout peut arriver. Heureusement d’autres
soldat arrivent pour faire du shoping et nous pouvons sortir
car ils sont armés. Le magasin est un peu comme un magasin
de brousse ou l’on trouve de tout. Les portrait de Massoud,
à l’entrée montrent que nous sommes chez des Tadjicks.
Deux
districts au nord-ouest de la Kapissa sont à population
tadjike et donc relativement sûrs. La vallée de Nijrab qui
s’enfonce vers le nord est également saine. Dans son
briefing de la veille, le colonel Aragonese m’avait dit que
dans l’extrème nord de cette vallée, règnait une bande de
Moudjahidines, anciens de Massoud qui sans être hostile à l’
ISAF ne souhaitaient pas que les soldats de la coalition, y
viennent. Ils auraient à plusieurs reprises taillé des
croupières aux hommes d’Hekmathiar. Les flancs de montagnes
du fond de la vallée seraient encore truffés de mines de
l’époque soviétique que les habitants laissent car elles
servent de sonnettes en cas d’intrusions des taliban. Ce
fond de vallée isolée n’ayant aucun intérêt stratégique et
la Task force Chimère, n’ayant que des effectifs limité, le
colonel Aragonese préfere se consacrer à sa mission sur
l’axe de Tagab. La vallée de Nijrab garde ses mystères.
Aurélie
achète ces délicieuses petites tomates qui poussent sans
engrais et complètent bien les rations. J’achette des
raisins secs. Le jeune Tadjick qui sert, plaisante en
français avec tout le monde et vu les prix qu’il pratique
doit se faire des couilles en or... en voila un qui est bien
content de la présence française.
Dans
l’après midi, j’en profite pour interroger les artilleurs.
L’arme
savante est représentée dans la Kapissa par une vingtaine
d’artilleur parachutiste du 35ème RAP (Régiment d’Artillerie
Parachutiste) sous le commandement de l’adjudant Stéphanne.
Ils sont venus au pays de l’ insolence avec huit mortiers de
120mm dont quatre opèrent en Surobi au profit du BATFRA et
quatre détachés en Kapissa. C’est la 1ère batterie qui
fournit les pièces dont deux sont affectées à la FOB Tagab
et deux à la FOB Nijrab. Au pied des mortiers, bien protégés
par des sacs de sables et qui pointent leur gueule vers le
sud, l’adjudant Stéphanne nous dit.
“Nous
sommes arrivés, début juillet avec un peu de retard par
rapport aux gars du “ 8” et tout de suite on a été dans le
bain. Dès la deuxième nuit on a affectué un tir de neufs
obus éclairants au profit de l’ANA dans la vallée
d’Afghania. D’ici avec nos pièces qui ont une portée de 8 Km
on couvre pas mal de zone.
En août,
le 35ème RAP effectue son premier vrai tir de combat depuis
la lointaine opération Tacaud au Tchad. Lors d’une sortie
deux pièces font un tir d’efficacité de six coups sur une
ligne de crète ou du personnel ennemi a été clairement
identifié.
Depuis à
plusieurs reprises, les mortiers sont entrés en action. 60%
des tirs sont des IL éclairants et 40% des HE explosifs.
Dans cet
univers de bérets rouge, on trouve quelques cavaliers et
quels cavaliers puisqu’il s’agit du “Royal Etranger de
Cavalerie” ou plus réglementairement du prestigieux 1er REC
représenté par un peloton du 3ème escadron “l’escadron du
Rif”
qui mena
la dernière charge à cheval de la cavalerie française dans
les années 20.
Le peloton
comprend 3 AMX-10 RC et 3 VBL 12,7mm. Deux AMX-10RC sont
gardés en réserve. Pour venir jusqu’en Kapissa, les blindés
ont été transporté par bateau jusqu’à Abu Dhabi d’ou ils ont
été chargé dans des Antonov 123 qui les ont débarqué à Kabul
à la mi août ou les légionnaires venus de France par avion,
les ont réceptionné.
Le
capitaine Michaël qui commande le détachement nous explique
:
“Ici, nous
travaillons vraiment en appui- couverture des paras avec une
articulation très différente de la métropole. Le plus
souvent du temps, un engin est détaché seul.Les insurgés
sont intelligents et s’adaptent très vite. Voilà pourquoi,
nous ne devons jamais faire la même chose afin que les
taliban changent pas leur mode d’action, en fonction de ce
qu’ils ont observé. Ici tout va très vite. “
Pour le
moment, on peut dire que la Task Force Chimère est dans un
round d’observation malgré la multiciplicité des sorties. Le
Taleb ne sort pas en masse mais très certainement observe et
prépare un mauvais coup. Il est indispensable pour lui, pour
des raisons de prestige, de ne pas subir, comme il le fait
actuellement. La destruction de plusieurs véhicules dont un
“10 RC” pourrait le conforter auprès de la population. Les
AMX-10 RC comme les Léopard 2A5 des Danois et des Canadiens
dans le sud pourraient devenir des “ aimants à Taliban” ce
qui permetraient aux fantassins de les débusquer.
Les
AMX-10RC sont des engins modernisés dont le blindage a été
renforcé et qui peuvent encaisser une roquette de RPG-7
normale mais pas une des nouvelles roquette avec charge en
tandem. Le principal danger pour le 10RC pourrait provenir
d’un IED “musclé”. Même si l’engin est imposant, il passe
grâce à ses six roues, et à sa suspension là ou un VAB ne
passe pas. Dénommé par la population “Taliban eater” (
mangeur de taliban, les AMX-10 RC du REC ont engagé à
plusieurs reprises. Lors de trois actions lors d’attaque sur
la FOB Tagab, les engins et les VBL ont tirés dix obus
flèches et en site maximum quelques obus HE, 800 coups de
7,62 mm et une cinquantaine de coups de 12,7mm. Un
légionnaire d’origine roumaine nous dit.
“J’ai
un jour engagé avec un obus à charge creuse des taliban qui
s’était retranché derrière un muret de pierres d’ou ont ne
pouvait pas les déloger. L’effet dard d’acier en fusion a
été le même que sur un blindage.” Lors des accrochages
du 7 et 27 septembre, le peloton a couvert l’évacuation des
blessés.
La soirée
se passe tranquilement. Je travaille dans la grande tente
loisir ou la télé apprend qu’il y a un krach boursier dans
le monde. J’espère que cela n’aura pas d’incidence sur les
ventes d’Assaut . La bas des salopards spéculent avec les
économies des gens et ici, des jeunes garçons se battent
pour la France avec un désinteressement total. A l’autre
bout de la grande table de bois, le padre protestant
américain prépare son office. Diner ration. Heureusement
qu’elles ne sont pas si mauvaises que celà . Au foyer appelé
ZE BOURG-KA BAR, je retrouve un “vieil” ami : le lietenant
Go, qui était “off com “ au 2ème REI. Lors d’un exercice
Colibri dans le Sud Ouest, on avait fait un superbe pique
nique sur la DZ située à deux pas des vignobles de Madiran.
Autant dire que le saucissonage fut arrosé de cru local. En
Kapissa, le lieutenant porte la double casquette d’officier
CIMIC ( Civilian-Military Coperation ) et de directeur du
foyer. Si les paras colos confient leur point d’eau à un
légionnaire c’est que la terre tourne à l’envers ....
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SA
11OCTOBRE
: Vers
09H00, une dizaine de VAB quittent la FOB. Mission escorter
l’officier CIMIC et le capitaine Yann à Garay, un village
de la vallée d’Afghania ou le “8” va offrir des cadeaux à la
clinique (plutôt un dispensaire) qui a également vu toute
ses vitres pulvérisées lors de plusieurs combat se faire
remplacée par du plexiglass offert par la Task Force
Chimère. Deux sections vont assumer la protection de la
petite cérémonie d’inauguration. “Tout ça pour moi !”
dit avec un grand sourire le lieutenant Go. Dans un des VAB
de Blanc 1 on est moins euphorique. C’est un sale coin,
plein de Taliban ou les paras se sont fait accrocher à
plusieurs reprise. Lors d’une des dernières patrouilles, un
Taleb s’était brutalement débusqué derrière la section et
leur avait vidé un chargeur dans le dos, sans heureusement
atteindre personne.
“C’est
ici que la CCL a mangé” dit le caporal-chef qui commande
le groupe.
Nous
passons, un petit bazaar ou les visages sont fermés. Ce
n’est pas le cas partout comme l’a écrit le journal du
dimanche et bien souvent les enfants nous gratifient de
larges sourires.
Dans le
VAB, un sergent chef du 35ème RAP est en communication avec
une patrouille de A-10 qui à moyenne altitude tournent au
dessus de la vallée.
“Hog !
Zippo 14, my convoy leaving the bazaar direction east !
copy ?” ( 4) L’accent est du sud ouest mais les anges
gardiens chargés de bombes GBU à guidage laser et MK 82 ont
l’air de comprendre.
Le
briefing s’est fait à la radio lors de la prise de contact
et le sergent chef sait ce que les avions, ont comme
armement, leur temps sur zone etc....
Nous
arrivons à Garay et les sections se déploient tandis que les
autorités, c’est à dire le capitaine Yann commandant la 1ère
compagnie “les requins” du “ 8”, mon ami le lieutenant Go et
plusieurs sous-officiers de la CCL se rendent à la clinique.
Tout le
personnel afghan attend en rang d’oignon avec le directeur
de l’établissement, le Malek à la barbe blanche et trois
policiers. Deux tables ont été dressées avec les drapeaux
français et afghans. Le capitaine fait son petit discours et
des paras amènent des cadeaux et un bloc électrogène tout
neuf. Le directeur de la clinique répond et à le courage de
dire:
-” Nous
remercions la France, amie de l’Afghanistan, dont les
soldats combattent au coté des nôtres pour donner à notre
pays la liberté.”
Sachant
que les taliban sont omniprésents dans le secteur et qu’il
risque sa vie pour avoir dit de telles paroles, tout le
monde applaudit.
Ce qui est
dommage à mes yeux, c’est que les militaires participant à
cette petite cérémonie ont gardé casque et pare éclat .
C’est là ou on s’américanise. Que les groupes de protection,
placés à deux cent mètres soient prêts au combat, c’est
normal.
Mais
lorsqu’on va dans la maison pour offrir des cadeaux à
quelqu’un dont ont veut garder l’amitié, on n’y va pas en
armure. Il aura été beaucoup plus fin psychologiquement
d’effectuer ce coup de pub en béret. ... mais voilà, il y a
les assurances, la peur de ne pas être règlementaire et
l’éternelle ouverture du parapluie
au cas ou
il arriverai quelque chose.
Le
capitaine préfère ne pas trop s’attarder dans ce coin
dangereux et après une distribution de bonbons aux enfants,
tout le monde repart. Avons nous gagnés des coeurs ...sans
doute mais il faudra beaucoup de temps, pour changer les
mentalités.
A la FOB,
je déjeune avec le lieutenant Go et Aurélie. Mon oignon
géant sert toujours. Nous reparlons des CIMIC.
Bien sûr,
comme disait un officier CIMIC US en Irak dans CIMIC il y a
cynique. Les militaires ne font pas de l’humanitaire pur.
Ils améliorent la vie de la population afin d’améliorer
l’image de la Force et essayent de gagner l’amitié des gens
pour aussi avoir du renseignement. On choisira un village
d’ou l’on peut observer ou l’on batira une passerelle sur un
torrent que les troupes pourront également utiliser. Le
grand Lyautey En Algérie, les Français avec un système
similaire baptisé SAS (Service Action Sociale) menés par les
officiers des affaires indigènes, avaient réussi à ramener
le calme dans bien des régions. Go nous dit.
“Aujourd’hui,
on est allé pisser sur le territoire des Taliban. On va voir
comment ils vont réagir. En tout cas le directeur de la
clinique a été courageux. “
disait “
Donnez moi un médecin et je vous rendrai un bataillon “
Ceci reste toujours d’actualité.
Fin
d’après midi et soirée calme. Cette fois ci ce n’est plus le
Padre protestant qui occupe l’autre bout de la table mais
l’officier de renseignement qui interroge des Afghans avec
son interprète.
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Dimanche 12 octobre
Journée très calme . Le REC et deux sections font une sortie
mais je n’en suis pas.
Je déjeune
avec la CCL. Martine, la secrétaire du BOI est la plus
ancienne des féminines au régiment. C’est une fille, hyper
sympa qui dans la poussière, rève d’un plateau de fruits de
mer et d’une bouteille de muscadet frais.
Après la
traditionnelle salade de tomate agrémentée de miettes de
thon, prise dans une ration, je passe une heure avec le
capitaine Fabien qui commande la 3ème compagnie du 17ème RGP
( Régiment de Génie Parachutiste) Deux sections de la
compagnie ont été détachée en Surobi et deux sections en
Kapissa. La section d’appui est dispatchée dans les autres
sections. Arrivés en précurseur, les sapeurs parachutistes
ont construit la zone vie dans le cadre de l’aide au
déploiement fin juillet en coopération avec les Engineers
de l’ US Army à l’aide d’un MPG (Moyen Polyvalent du Génie)
et d’un camion benne blindé... les seuls matériels lourd
amenés de Montauban. Après les sapeurs seront répartis à
raisons d’un groupe dans chaque section de combat du 8ème
RPIMa et le MPG et le camion benne affecté
au mission
d’amélioration de la protection de la FOB ainsi qu’à des
mission CIMIC.
La
principale mission des sapeurs est bien sûr la recherche et
la neutralisation des IED aussi le groupe génie est il
souvent en tête lors des déplacement. En quatre mois, 6 IED
seront découverts. Deux seront neutralisés et quatre
détruits. Lors de l’incident IED qui à coûté la vie à quatre
Marines, l’équipe EOD ( Explosive Ordonance Disposal) va
étudier le
cratère, recueillir des indices et essayer de comprendre le
mode d’action du piège. Sur les six IED neutralisé par les
sapeurs en Kapissa on a trouvé presque tout les mode de
fonctionnement possible, de la simple lame de scie
déclenchant à la pression, au fil et batterie ainsi qu’un
déclenchement plus sophistiqué par portable.
L’un d’eux
utilisait une mine antichar italienne TC-6 qui aurait pu
faire de gros dégats.
Une des
autres missions est la fouille d’habitation qui se fait sous
la protection d’un groupe de para du “ 8” ou des GCP (Groupe
Commando Parachutiste). Certaines fouilles sont planifiées,
d’autres faites selon l’opportunité. Un jour la chance à
souri aux sapeurs et ils ont trouvés dans une maison : cinq
kalashnikov, un pain d’explosif, 19 chargeurs, un fusil
Enfield et des chasubles de combat. En Afghanistan, les
Karez ou canaux d’irrigation souterrains, dont certains
datent de l’époque greco-boudhique sont indispensables à la
vie mais servent également de caches d’arme et de chemin
d’exfiltration. Un jour le caporal sapeur -para Maxim
s’aventure dans un Karez particulièrement long. Il
traverse une première galerie, et aborde une seconde. Au fur
et à mesure de sa progression, l’eau lui monte jusqu’à la
taille et il décide de rebrousser chemin. C’est à ce moment
que sa lampe accroche quelque chose dans la partie non
imergée de la galerie. C’est une niche avec à l’intérieur,
un Kalachnikov, bien enveloppée dans des chiffons graissés.
Beaucoup
d’armes sont également trouvée grâce aux renseignements
humains et quelquefois cédées par la population. Deux jours
après leur arrivée, un Pachtoune, contacte mystérieusement
l’officier S2 par téléphone et lui donne un rendez vous car
il voudrait donner des “choses” qui trainent chez lui. C’est
peut être un piège, mais les sapeurs parachutistes avec de
grandes précautions, se rendent néanmoins à l’endroit
indiqué. Discrètement l’homme leur remet une roquette Chicom
de 107mm (Type 69)
18 mines
PMN-2 antichars et 10 mines Antipersonnel PMN. Il affirme
qu’il n’aurait jamais révèlé cette cache à des Américains
mais qu’il fait confiance aux Français. Au moment ou nous
quittons la FOB, le bilan des soldats deux soldats blessés
du 17ème RGP s’établit à deux blessés graves. Un à eut le
fémur éclaté et l’autre un éclat de roquette dans l’oeil.
A la fin
de mon intervieuw le capitaine Fabien me remet l’insigne de
la 3ème compagnie
du 17ème
RGP fait spécialement pour la mission et c’est un grand
honneur.
La soirée
se passe chez les “medics”. Dans l’après midi, j’avais fait
quelques photos à l’infirmerie ou un soldat afghan était
soigné pour blessure par balle et une petite fille adorable
pour un pied brulé. La gamine avait carément mis le pied
dans un four à pain.
Si des
civils sont soignés, la principale mission des medics reste
les premiers secours apportés aux militaires. Durant la
phase d’entraînement précédant le départ en Afghanistan
,l’accent a particulièrement été mis mis sur la formation
santé. 90 paras du “ 8” ont reçut une formation de combat
life saver ou réferrent santé et tous ont percut une
nouvelle trousse de santé. Cette remise à jour du secourisme
de combat remis au gpôt du jour à pour but de reformater
l’esprit des soldats afin qu’il sauvent éventuellement la
vie du blessé et le prépare à l’action des hommes de la
section médicale. La première chose à faire est de contrôler
l’hémoragie, la deuxième de dégager les voies aériennes et
la troisième de faire une pefrusion en attendant la section
médicale qui fait du SAMU de combat. Celle çi est constituée
d’un docteur, d’un infirmier, de cinq auxiliaires médicaux
et d’un aide soigneur. On compte deux réservistes dans cette
section qui a traité 5 soldats français polycriblés,
effectués 37 EVASAN et donné 1000 consultations au profit de
la population durant les quatre premiers mois du mandat. La
section dispose d’un VAB appui infanterie et d’un VAB
Sanitaire dont la grande croix rouge a été effacée car les
taliban qui disposent de sniper, essaient volontairement de
tuer les cadres et les soldats spécialisés.
A 21H00 Je
vais me coucher laissant Aurélie, l’interprète afghan et
tout les “medic” à leur pokker endiablé. Heureusement la
mise n’est que de deux Euros.
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LU 13
OCTOBRE.
par QRF ( Quick Reaction Force) et prise en compte des
blessés se sont déroulés de ffaçon satisfaisante. Le
capitaine Yann nous dira “ Ici, il n’y a pas le choix ! Il
faut être très réactif et changer très vite de tactique car
l’ennemi s’adapte lui aussi très vite.” En trois mois la
compagnie va participer à une vingtaine d’accrochages. Il
est difficile d’établir un bilan car les A 3H00 du matin ,la
1ère compagnie du capitaine Yann, part en mission. C’est
bien sûr un outil de combat bien affuté, bien équipé et qui
a bénéficié d’une bonne préparation avant de venir au pays
de l’ insolence. Les paras portent les nouveaux treillis
Felin, des nouvelles ranger , un pare éclat plus léger et
de la nouvelle trousse de secours. Dès leur arrivée, ont
lieu les premiers accrochages avec un ennemi mordant et qui
comprend dans ses rangs des djihadistes irakiens,
pakistannais, tchètchènes et qui remplace systèmatiquement
ces cadres abattus par la coalition.
Chaque
combat est analysé et les RETEX (Rétention d’Expérience)
sont analysées.
Le combat
du 27 septembre démontre que tout ce qui a été travaillé
dans la période
préliminaire au déploiement , drill, réaction immédiate,
gestions des feux, renforcement Les Taliban font très
rapidement disparaître les corps. Un des “requins” me dit
“ Un
jour ,le VAB canon de 20mm a engagé des Taliban, postés sur
le toit d’une Kalat. On a bien vu dans les optiques, tomber
des corps et du 20mm cela ne pardonne pas.
A notre
arrivée, ils avaient disparus !”
Aujourd’hui ce n’est pas le cas et la section Blanc 2
reperre et identifie à l’aube deux hommes armés. Il fait
encore sombre mais entre nuit et jour, le tireur FR-F2 qui a
encore sa lunette nocturne OB-50 fait feu. Deux balles dans
la poitrine et une dans le cou règlent le sort du Taleb.
Blessé, l’autre Taleb réussit à s’enfuir. Sur le corps, les
paras retrouvent une AK-47, cinq chargeurs, une grenade
russe et le plus important une chaîne pyrotechnique prête à
l’emploi. Les premières infos indiquent que l’homme est un
cadre local venus du Pakistan ou il a subit un entraînement.
Les paras laissent le corps sur place après avoir récupéré
l’armement. Bientôt ,il reposera sous un tertres de pierre.
Le vent de la Kapissa agitera les drapeaux blanc des martyrs
placés sur sa tombe.
Vers
09H00, nous rejoignons les “requins” avec le colonel, le GPR
et la reconnaissance du 27ème BCA qui dans deux mois
remplacera les paras. Pour une première sortie, les Alpins
en auront eut pour leur argent.
Nous
patrouillons et fouillons des maisons avec les “ requins”
et deux spécialistes du 17ème RGP. Malgré le sérieux de la
situation, un paras gouailleur lance à un des mecs du “17”
-”Eh tu
vas nous faire des gambas avec ta poèle à frire “
L’homme
parle du détecteur de métaux, mis en action par le sapeur
para. La population est ici, loin d’être hostile et les
enfants souriants... c’est un signe. Nous croisons, un
groupe de civil “endimanché” qui revient sans doute d’une
cérémonie religieuse. Discrètement le colonel, dit aux
hommes des GPR. “ Regardez les pieds des femmes en Burka
“
Dans le
style de commandement très souple qui caractérise le 8ème
RPIMa, le colonel Aragones prend part à l’action. Tout en
contrôlant les choses, il laisse faire ses subordonnés.
Visiblement ce “chef “est heureux d’être sur le terrain avec
les superbes
soldats de
la Task Force Chimère. Vers midi, le convoi repart dans un
torrent de poussière qui s’estompe rapidement dans le ciel
cristalin du pays de l’insolence. Ici, la légende de la
Kapissa est en train de naître.
Le soir,
je mange avec mes amis de l’équipe GPR. L’adjudant Le Goff,
promus la veille a tenu a repeindre mon casque en camouflage
trois tons marron, brun clair et sable. Il le trouvait trop
SS en noir. C’est la seule couleur que j’avais trouvés pour
peindre ce casque bleu qui m’avait été donné par le colonel
Poulet, patron du 2ème REP à Sarajévo. Les garçons du GPR
dont Mau-mau et Pancho sont des “vieux” soldats d’élite qui
assument en OPEX la protexction rapprochée du Chef de Corps.
A Castres, ils appartiennent à la 11ème compagnie
d’instruction ou ils forment les “jeunes”aux nouvelles
techniques de tir. Ce sont tous des tireurs d’élite
“retaillés” qui ont une certaine liberté dans l’utilisation
de leur armement . On trouve dans le groupe ,outre le FAMAS,
, des M-4
avec lance grenade, du FR-F2 et un SIG -542 en 7,62 utilisé
pour les distances moyennes.
L’occasion
est belle pour démolir un des arguments avancés par la
presse suite à l’embuscade du 18 Août, comme quoi nos
soldats étaient trop jeunes et pas assez entraîné.
L’adjudant Le Goff nous dit :Le jeune volontaire fait
d’abord 2 mois de “classes” nommée FIG -Formation initiale
générale pendant laquelle il apprend à effectuer les modules
Alpha et Bravo de l’ ISTC ( Instruction de Tir au
Combat)Vient ensuite la FSI -Formation Specialisée Initiale
qui dure également deux mois afin de former les tireurs
d’arme collective, les pilotes VAB etc... Pendant cette
phase, le jeune va faire apprendre selon sa spécialité les
module Charlie Delta et Echo de l’ ISTC et qui portent sur
la MINIMI, le FR-F2 etc..;Vient ensuite un stage Commando
d’un mois avec
l’apprentissage des TAI (Technique d’Action Immédiate) ou
l’on apprend des rudiments de combat urbain, comment
extraire un blessé sous le feu etc...C’est ensuite un
deuxième stage commando de cohésion et de préparation
physique. La formation aura donc duré près de six mois. il
est donc faux d’affirmer, comme l’a fait une partie de la
presse que nos soldats ne sont pas préparé. Il est sûr que
cette préparation ne remplace pas l’expérience mais c’est
celle çi ne se s’apprendra que sur le terrain et au contact
des évênements. A son arrivée sur le théâtre, le jeune est
placé dans une section ou il cottoiera des anciens qui lui
apprendront les ficèles du métier mais ceci ne se fera pas
en un jour. Les vieux principes militaires voulant que “la
sueur épargne le sang” et que “old soldier never die”
restent toujours d’une brûlante actualité.
![]()
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Mardi
14 octobre :
A 7H00,
après avoir remercié le Chef de Corps je suis sur le très
poussièreux parking avec tout les bagages pour le briefing
du convoi qui doit nous ramener sur Kabul. C’est un petit
convoi de six VAB et deux camions armés par la CCL. C’est
d’ailleurs le capitaine qui commande cette dernière qui fait
le briefing. Vitesse, distance en rase campagne et dans les
villages, conduite à tenir en cas d’ IED identifié, en cas
d’explosion d’ IED, en cas d’embuscade etc... etc..
Un demi
heure plus tard nous quittons la FOB Nijrab ou j’ai fait un
bon reportage et passé de bons moments. En fait je somnole,
les trois quart du chemin bercé par le ronronement du moteur,
écrasé par le poids de la Frag et du casque et abruti de
chaleur et de poussière. Le VAB grince et gémit dans les
montée. J’aimerai un jour trouver un soldat poète qui puisse
décrire en vers, la complainte du VAB. Nous arrivons à
Warehouse vers 11H30. Avec tout mes équipements c’est un peu
la galère pour rejoindre le bureau du colonel Louisfert.
Là on
m’apprend que je dois être le lendemain à 17Heures à
l’aéroport . On ne peut bien sûr pas me loger donc comme
d’hab, stop et taxi sur l’axe violet. Le lieutenant de
Légion qui attend un vol bleu pour la Métropole compatis à
mes malheurs comme je compatti aux siens. Sa faute est de ne
pas avoir été assez vigilent et d’avoir laissé un
journaliste du FIG MAG photographié des hommes suspectés
d’être des Taliban.
Comme si
ces connards avaient signé la convention de Genève.. Un
journaliste pour travailler doit donner ses empreintes, être
filmé dans tous les sens mais on ne peut pas filmer une
scène d’action comme celle de toute les guerres.
Pour me
consoler ,je vais manger un bon kebab et passe une bonne
nuit de repos au guest house d’Acted.
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ME 15
Octobre:
Grasse matinée, lavage de linge, et point sur ce qui reste
comme argent à mi séjour. A 16H00, on galère un peu pour
trouver un taxi. A l’aéroport de Kaia, la partie militaire
de l’aéroport de Kabul, les sentinelles belges du 1/3
Lanciers me reconnaissent et m’accueillent super bien. En
attendant qu’on vienne me chercher je discute avec eux. Deux
des garçons sont abonnés à Assaut. C’est une très jolie
brune, lieutenant de l’Armée de l’Air qui vient me chercher.
Elle est vraiment sympa et me dit même qu’elle pourrait me
loger, si j’avais des problèmes. Voilà qui est interessant.
Elle me boocke sur le vol de la RAF pour Kandahar à 20H00.
J’ai donc deux heures à tuer et vais au restaurant Thaï de
Kaï. J’ai l’impression que durant ce voyage, je ne fais que
manger.
Après le
repas, vite une bière au bar avant l’enregistrement . On
sert de la bière à partir de 19H00. Au moment ou je termine
ma lieutenant arrive avec les gens de l’escalle et c’est
deux tournées de plus. J’apprécie bien sûr car à Kandahar ce
sera régime sec. Du personnel administratif de l’Armée de
l’Air doit également faire le voyage. On enregistre et on
reçoit un carton blanc plastifié en guise de carte
d’embarquement. Et soudain , une cinquantaine d’Afghan
débarquent. Ils sont prioritaires car ce sont des
interprètes et bien sûr nous sommes bons pour l’avion
suivant à 22H00. Comme nous sommes en salle transit -no beer
! A 21H30, l’aboiement du sous-off du Movment-control de la
RAF, me tire de la banquette ou je m’étais allongé. Dix
minutes plus tard, en compagnie des gens de l’Armée de l’Air
, nous sommes dans la file... en frag et casque. Le sous-off
de la RAF arrive et demande à voir les cartes d’embarquement
. “Sorry, you have white card, only the red prioritary could
be on board.” Ce sera donc encore une fois l’avion suivant à
minuit. Retour sur ma banquette et réaboiement vers 23H40.
Cette fois c’est la bonne et nous nous engoufrons dans le
C-130 J ou nous sommes serré comme des sardines. Vol sans
histoire avec une escale à Camp Bastion ou nous embarquons
des mecs du 7th Royal Horse Artillery. Nous arrivons à 02H00
du matin à Kandahar. Je m’écroule sur le lit dans une super
chambrée toute neuve du camp de l’Armée de l’Air. De plus
je suis seul dans cette chambre à quatre lit ultra moderne
avec murs et toit à l’abri des roquettes.
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JE 16
Octobre : Le sergent chef Bonbonis, un légionnaire d’origine
lithuanienne responsable du transit aérien m’aborde alors
que je sors du batiment.
“On
peut vous mettre demain dans un hélico pour TarinKowt mais
il s’arrêtrera là et vous ne pourrez aller à Deh Ràwod
qu’avec l’hélico qui partira d’ici lundi prochain. Je vous
conseille d’attendre ici car à Tarin Kowt, il n’y a rien.
“
Je n’ai
pas trop le choix... quatre jours de perdus. Le sergent chef
à d’ailleurs raison . “TK” je connais pour y avoir logé
l’année dernière dans un demi container avec quatre
journalistes. Mieux vaut ma belle chambre Armée de l’Air ici
. Un peu déprimé, je vais déjeuner. Kandahar est de plus en
plus grand et de plus en plus poussiéreux. Je suis à la
limite de faire de l’agoraphobie dans cet univers de
barraque noyée dans une poussière farineuse et qui compte
14.000 hommes.
Je vais
voir le PIO Brits pour voir si je peux faire quelques choses
avec les Royal Marines. Concernant mes demandes, il n’a bien
sûr rien reçut de Kabul et celà ne m’étonne pas. C’est un
squadron leader de la RAF qui a toute les qualité des
officiers de presse britannique : écoute et efficacité. Il
me dit de repasser le lendemain.
Je tue le
temps en écrivant et en allant manger une glace au chocolat
au green bean cofee ou il y a toujours des “stars & stripes
qui traînent sur les tables. Un petit tour au PX pour voir
si je peux achetter des lunettes de protection ballistiques.
Elles sont inabordables pour ma bourse. A part bouquiner ou
écrire il n’y a rien à faire.
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VE 17
octobre
:
L’adjudant chef Julien de la DPSD qui s’occupe aussi de moi
a tellement pris son temps que les Mirage 2000 D que nous
devions filmer nous sont partis sous le nez.
Dans une
hangarette, je fais des photos d’un Mirage qui fait des
essais moteur et le mec qui est dans le cocpit, un petit
barbu me demande qui je suis et à qui j’ai demandé
l’autorisation de prendre des photos. Je l’avais pris pour
un caporal chef mécanicien mais c’est en fait le commandant
du détachement avec rang de lieutenant colonel.
Il ne
voulait pas être pris en photo mais j’en savais rien. On
mesure un peu du regard mais tout se passera ensuite bien.
Je vais avec l’adjudant en boût de piste pour faire des
photos du prochain décollage. Coup de bol ,un drone Predator
armé, décolle avant les Mirage. Un de mes appareils a pris
la poussières et les capteurs sont saturés de grains noirs.
Rien à faire, il faudra dépoussiérer à Paris.
L’après
midi est calme. Le squadron leader Peoples me donne des
adresses et m’invite pour le lendemain à aller voir le
détachement de Harrier GR7 et GR9, la dernière version du
fameux avions à décollage vertical de la RAF.
Le soir
nous mangeons au DEFAC américain avec l’adjudant et son très
laconique adjoint . A une table voisinne, les pilotes fêtent
bruyamment un anniversaire Un capitaine des Troupes de
Marine nous rejoint et me salue. Il me rapelle que j’avais
filmé son peloton de Sagaie à Tiebessou en Côte d’ Ivoire en
2002. Nous décidons d’aller faire un tour sur les
“planches”, le quadrilatère en bois avec galerie qui est un
peu le centre commercial de Kandahar Air Base. On y trouve
des boutiques d’artisanat afghan, le pizza hutt , l’igloo,
glacier canadien, un salad bar et un autre coffee shop ou il
y a toujours la file. A 21H00, nous décidons d’aller prendre
un Milk Shake au café néerlandais derrière les planche. A
peine attablé : Boum ! Un explosion et pas trop loin ,les
vitres ont tremblés. Probablement une roquette ! La sirène
est en retard d’au moins trois minutes. Nous nous rendons
dans l’abri le plus proche et y attendons la fin d’alerte.
Les bagnolles de MP, gyrophare allumé vont dans tous les
sens. C’est effectivement une roquette.A la fin de l’alerte,
nous pouvons localiser le point de chute. Trois cent mètres
à vol d’oiseau du Dutch cafe ou nous étions. On parle de
blessés américains. Nous rentrons au camp français pour voir
les pilotes ,un peu agités. La roquette est tombée à cent
métres, juste devant leur
Land
Roover alors qu’il revennait de leur diner d’anniversaire.
Un jeune capitaine, un peu choqué m’a dit qu’il a entendu
les blessés hurler. On apprendra le lendemain qu’il s’âgit
de deux soldats bulgares ayant eut des éclats dans les
jambes et l’un d’eux a recut un éclat dans les couilles. La
guerre est une loterie.
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Samedi
18 octobre
: La
matinée se passe à faire des photos de Mirage. Cette fois ci
le commandant du détachement est charmant. J’assiste au
préparatif de la mission. Pour les photos, lors de ce voyage
presque toujours le soleil dans la figure. Pour la sortie
des avions alvéoles j’ai le soleil de flanc et carément de
face pour le taxi way.
L’après
midi c’est un peu le même topo mais de l’autre coté de la
piste avec les Harrier de la RAF. Alors que je me prépare à
aller diner vers 19H00 . On entend la sirène d’alerte
roquette. Je n’ai percu aucune détonation. Je préfère
rester dans le bâtiment.
En fait la
roquette est tombée assez loin, à l’avant du parking des
avions de la RAF. Des éclats sont tombés à une dizaine de
mètres du nez des C-130 Hercule sans faire de dégats, ni de
victime.
Dans la
nuit il y a une alerte dans la nuit, mais presque aussitôt,
la sirène de fin d’alerte raisonne.
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DImanche 19 octobre :
Je passe la journée à tuer le temps. RAS. Dans l’après midi,
je perd mon exclusivité sur la chambre puisque deux
commandant et un lieutenant- colonel de la 27ème BIM (
Brigade d’ Infanterie de Montagne) arrivent. Il viennent
faire la recco pour le prochain déploiement OMLT.
(Operational Monitoring Liaison Team) Ils me posent plein de
questions sur la Kapissa. Le colonel du 4ème Chasseurs
fulmine sur le blog de Merchet qui n’a pas bien traité son
régiment.
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LU 20
octobre :
Départ en Uruzgan.
A 07H00,
nous sommes prêt et le chef Bombonis, nous emmêne au
terminal hélicos.
ou sans
problèmes, on nous met dans un Cougar MK II du squadron 300
de la RAF.
Comme je
suis monté le dernier, je suis juste en face du door gunner
de droite. Deux membres des Forces Spéciales barbus
australiens, montent au dernier moment.
Décollage
à 07H30. Au début , vol tactique très bas sur la plaine de
Kandahar et puis les hélicoptères montent rapidement à la
verticale pour prendre une altitude que j’estime à 3000 m.
Nous attérissons rapidement à Tarin Kowt ou nous déposons
nos deux Australiens et embarquons deux Hollandais.
Vingt
minutes plus tard, nous sommes à Deh Rawoo. Le Lieutenant
colonel Berthiaux, second du 2ème REI que j’ai connu
lieutenant nous attend à la sortie des hélicoptères.
C’est lui
le patron de l’ OMLT en charge avec une trentaine de soldats
fournis par la 6ème BLB d’instruire, de conseiller et
éventuellement de demander et guider des appuis au profit de
l’armée afghane. L’unité est sous le commandement d’un
battle group néerlandais comprenant une compagnie des
grenadiers de la Luchtmobiele qui ont abandonné leur
hélicoptères pour des AIFV, des Mercedes Wolfe Recce et des
Bushmaster, hélas trop nombreux. Suite à un mort par IED, le
contingent néerlandais a connu une mini mutinerie à Tarin
Kowt ou les hommes d’un escadron de reconnaissance sur
Mercedes sans protection ont refusé d’aller dans une zone
truffée d’IED.
Les IED
restent la principale menace dans la zone ou un véhicule de
l’ANA a été pulvérisé la semaine précédent notre visite.
Autre menace,les suicide driver. L’un d’eux s’est fait
sauter sur le bazaar de Deh Rawoo, tuant un soldat de l’ANA
et des civils. On n’a retrouvé du kamikaze que sa tête et un
main qui ont été mise dans un des frigio de la base. L’homme
n’avait que vingt ans. D’après les “Rens” un suicide bomber
serait prêt à passer à l’action dans la chora de Deh Rawoo.
Vers
11H00, le lieutenant colonel Berthiaux nous présente aux
chefs de la Task Force, un jeune capitaine avec une barbe
digne d’un officier de la guerre des sécession. L’entente
est parfaite entre les Néerlandais, les Français et le petit
contingent tchèque en charge de la garde de camp Hadrian.
C’est ainsi qu’a été nommée la FOB a cause de sa
ressemblance avec un camp romain. Un quadrilatère avec
quatre tour d’angle défensive. L’ensemble est dominé à
l’ouest par un mouvement de terrain sur laquelle a été placé
un grosse tour d’observation et de défense dénommée “ Java”
en souvenir du passé colonial néerlandais. A cinq cent
mètres de là, se trouve le camp de l’ANA ou les français se
rendent tout les jours pour l’instruction. Après le déjeuner,
je peux en compagnie des officiers alpins, assister à tout
les briefings, à l’exception du briefing “renseignement”.
Une très jolie hollandaise avec une frimousse semée de
taches de rousseurs, nous brieffe sur les différentes
sonneries, alarme , roquettes, incendie, etc...
Le colonel
Berthiaux nous décrit ensuite sa mission, ses effectifs et
fait un point sur le 1er Kandak de la 4ème brigade du 205ème
Corps de Kandahar qu’il est en charge d’épauler.
L’impression est mitigée. Beaucoup d’absentéisme, une
dotation en armement loin d’être complète, une compagnie qui
n’existe pas, un manque de rigueur..
mais aussi
beaucoup de bonne volonté, du courage, de la motivation et
un kandak multiethnique ce qui est une bonne chose. Le
colonel Matin, un Pachtoune dont la famille a de l’influence
à Kabul commande l’unité. Il a même réussi à obtenir 250
fusil M16 et une dotation de 30.000 cartouches, preuve qu’il
a le bras long. La fin de journée est consacrée à un
briefing destiné à la patrouille du lendemain. Je suis
totalement intégré au système, ai ma place dans un VAB bien
déterminé et recois mes instructions propres concernant ma
façon de travailler et de me déplacer durant la patrouille.
C’est tout à fait comme cela que je concois le reportage de
guerre.
Le soir,
je vais faire un tour au bar... La petite barmaid tchèque
charmante est une vraie petite poupée blonde aux yeux bleus.
Elle me donne une boite de bière sans alcool bien sûr en me
disant avec une voix d’ange. “This is a gift à Tcheck
Republic.”
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Mardi
21octobre :
Départ en
patrouille avec le colonel Berthiaux, les deux officiers de
la recco de la BIM et quelques légionnaires de l’ OMLT. Nous
quittons le camp après avoir été cherché deux interprètes. A
la sortie de camp Hadrian on effectue les test des
antibrouilleur. un technicien équipé d’un gros boitier jaune
passe devant chaque véhicule et vérifie si les brouilleurs
fonctionne. Tout les mois, les Américains donnent de
nouvelles fréquences qui sont envoyée sous un forme de
petite carte à mettre dans les boitiers et ce pour tout le
théâtre. Après cela, nos trois VAB se dirigent vers le camp
de l’ANA naptisés TICKS et qui jouxte un petit camp de
Forces Spéciales US. Même ici , tout prêt du camp, la menace
des IED est prise au sérieux . Mon “ange gardien” pour cette
manip est un infirmier marin qui a servi dans les sous-marin
et qui est l’élément représentant la Marine Nationale dans
l’ OMLT. Connaissant la Légion, la création d’un Royal
Etranger de sous-marins pourrait se faire avec cette
première recrue. On récupère les Afghans, qui appuie
l’opération avec une petite section montée dans des Ford
Ranger. En cas d’ IED, bonjour les dégats et si l’IED est
sérieux, il y a en général 4 à 5 morts. Ce fut le cas deux
semaines avant notre arrivées. Le but de la patrouille est
d’assumer l’escorte d’une jeune lieutenant hollandaise qui
va proposer au Malek du village de Laglam de creuser un
petit canal entre la rivière Tiri Rud et son système
d’irrigation. Nous laissons les VAB et lesFord Ranger sur
une hauteur et à la garde des pilotes et chefs de bord et
entamont une longue marche. Le paysage est superbe comme
presque partout en Afghanistan. plateau désolé, montagne en
fin de tableau et surtout cette zone verte que nous abordons
après avoir marché dans la caillasse. Dans cette oasis de
verdure, nous resserons le dispositif. La patrouille se
déroule dans l’environnement compartimenté de la campagne
afghane. Nous traversons des champs de maïs, des vergers et
quelques Kalat qui ont l’air d’être moins grandes que dans
la Kapissa. Les gens sont très accueillants et souriants, ce
qui veut dire que l’ ISAF ici est peut être en train de
gagner la bataille des coeurs. Dans un village plus au nord
de la vallée, les Taliban qui avaient égorgés et pendus
plusieurs habitants ont été chassés par les villageois. Le
Malek nous offre le thé à l’ombre de grands arbres et sur un
petit carré de verdure. C’est un homme superbe d’une
trentaine d’années, une vrai gravure anglaise du XIX
représentant un seigneur pachtoune. Imposant turban noir,
camiz-chourar noir et une belle barbe noire soigneusement
entretenue. L’homme a de l’humour et ses yeux noisettes
pétillent d’intelligence. Ce paysan du fin fond de l’
Uruzgan a bien plus de dignité et de noblesse d’atitude que
bien de nos politiques. La jeune hollandaise même pas
légèrement voilée, lui parle de son projet canal et lui dit
que les nappes fréatiques sont trop exploitée à cause des
pompes et qu’il ne resterait que 3% de ressource en eau
souterraine. Nous discutons ensuite d’éducation et du fait
qu’il faut envoyer les enfants à l’école et ne pas
systématiquement les garder pour les travaux des champs.
Le Malek
acquiesse et nous offre des épis de maïs en plus du thé.
Nous
reprenons notre patrouille. La section de l’ANA est
commandée par un lieutenant Tadjick secondé par un sergent
chef Hazara avec qui je sympathise. Il a vraiment gardé la
tête de ses ancêtres mongols. Ronde, des yeux bridés et une
petite moustache. Dans une autre vie, je l’imagine avec un
bonnet de fourure , des bottes et arc composite, en Subotaï
, lieutenant de Gengiz Khan. Dans le Kandak, les Hazara,
sont des bosseurs comme ils le sont dans la société afghane.
Ils restent néanmoins des “parias” n’ayant que peu de
chances d’accéder aux postes de responsabilité... de plus
ils sont chiites. Mon “Subotaï” me dira avec beaucoup de
sérieux que très récemment dans la grande mosquée de Mazar E
Sharif, deux vieilles femmes aveugles ont recouvert la vue
grâce à un miracle d’Ali (5). Je respecte bien sûr ces
paroles et ses idées. La patrouille se poursuit et je bénis
la légereté de mon pare éclat car avec la chaleur, les
soldats commencent à souffrir . En cas de problème nous
pouvons compter sur les deux canons chenillés Panzehaubitze
2000 et sur les mortiers de 81mm basé à camp Hadrian. La fin
de la patrouille est consacrée à la visite d’une école
placée au sommet d’un mamelon pelé. C’est dans les écoles
que se jouera le futur de l’Afghanistan. Si les Taliban
peuvent recruter c’est parce que, beaucoup d’Aghans sont
totalement incultes. Le terreau des intégristes reste
l’ignorance.
C’est
autours des gamins, en train de gentillement chahuter que la
radio apprend au colonel, qu’il y a un gros accrochage à une
dizaine de kilomètres au sud est de notre position. Deux
postes de l’ANP (Afghan National Police) ont été attaqué par
une bande d’une quarantaine de Taliban. Trois policiers
afghans ont été blessés. Deux hélicoptères apparaissent dans
le ciel, un AH-64 Apache néerlandais et un UH-60 Blackhawk
de l’ USAF. Ce dernier est normalement un hélicoptère CSAR
(Combat Search Rescue) chargés de recueillir les pilotes
abattus mais ici il servira à l’évacuation des blessés
afghans.
Retour au
camp vers midi.
A
l’ordinaire il y a des harengs maatjes. On est quand même
dans un camp néerlandais.
Dans
l’après midi, on passe présenter les Alpins aux Cdt en
second du Kandak . Leur chef le colonel Matin est en
permission à Kabul. Fin de journée calme.
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Mercredi
22 octobre.
A l’aube
nous grimpons sur la grande tour de défense et d’observation
“ Java” ou se trouve une petite garnison tchèque. La vue est
superbe et le colonel jumelle à l’appui présente aux
officiers alpins tout le secteur. Le confluent du fleuve
Helmond et de la rivière Tiri Rud forme un grand triangle
isocèle de verdure entouré de montagne. A chaque extrémité
de ce triangle, dont les cotés font une vingtaine de
kilomètres, oeuvrent une bande de Taliban et bien sur
quelques FOB ou l’ANA travaille en coopération avec les
Français. Visiblement les Taliban, sont désunis à cause
d’opération HOMO effectuée par les Forces Spéciales qui ont
liquidés plusieurs chefs dont la succession engedre des
querelles internes. Les bandes n’agissent d’ailleurs pas en
coordination ce qui facilite le travail des forces de
sécurité. Comme partout en Afghanistan, on s’attend à un
coup de force destinés à la propagande Taleb avant
l’hivernage, aussi l’ ISAF met elle la pression et les
moyens. En Helmond, la semaine précédente, les Islamistes
ont tenté de reprendre la capitale provinciale, Laskargah et
ils ont reçut une sérieuse raclée avec 42 taliban au tapis.
Ici a Deh Rawoo, l’attaque du poste de police sera également
un échec car les policiers afghans vont résister, faire une
sortie et tomber dans une embuscade mais tenir bon quand
même. L’arrivée des moyens de l’ ISAF sonnera le glas de la
bande qui laissera 37 hommes dans l’affaire.
Après
notre visite à “ Java”, nous nous rendons sur le stand de
tir ou les Français supervisent les tirs au M16. Devant une
cible, ou il y a un beau groupé de trois coups, un
légionnaire nous dit .L’Afghan n’est pas un mauvais
tireur, il sait démonter et remonter son arme, l’entretien,
sait la zéroter mais ne sait pas la règler en sus de ses
particularismes propres, c’’est sur ce point que nous allons
insister dans notre instruction cadre.
Je fais
des photos des tirs, M16 et demande l’autorisation de tirer
quelques cartouches
Nous
voyons ensuite des tirs de RPG, plutôt raté en ce qui
concerne la précision et puis de canon sans recul chinois
Type 65 qui est la version céleste du B-10 soviétique.
Avec cette
arme nos Afghans sont très précis mais que de poussière.
Dans
l’après midi nous retournons au camp de TICKS ou j’assiste à
la première leçons de l’instruction de dix cadres
séléctionnés pour la formation M16. Une fois formés ces
derniers formeront à leur tours, les soldats afghans. Le
cours est donnés par deux sous officiers du 2ème REI, un
espagnol et un bulgare sous le regard d’un capitaine.
Retour au
camp pour le pot, donné en l’honneur des Alpins suivi d’un
barbecue. Il y a même un petit peu de Puyloubier qui a hélas
mal du supporter la chaleur dans le container. Comme je n’ai
pas de fourchette, je mange la viande qui est délicieuse, à
la main comme un vulgaire canibale.
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JEUDI
23 octobre.
Avant le
départ ,je fais vite des photos des Land Rover “Defender”
blindée des Tchèques. C’est ensuite le départ pour Tarin
Kowt ou on ne devrait que se poser pour dropper nos Alpins
mais là pour Dieu seul quelle raison , je suis débarqué de
l’hélicoptères avec un légionnaire russe qui devait aller
sur Kandahar avec moi.
On nous
remettra dans un hélicoptère à 15H00. En attendant je fais
quelques photos de drones néerlandais Sperwear mais, il n’y
a hélas pas de lancement. On tue ensuite le temps au “wind
mill” la salle repos néerlandaise surplombée par un petit
moulin à vent.
A 15H00,
les cougar sont là et nous repartons presque à vide à
l’exception de deux jolies néerlandaises. Le paysage est
grandiose. Nous nous posons dans une caserne au nord de
Kandahar même pour charger des caisses de matériel optique
et ensuite cap sur l’aéroport . La c’est du vrais vol
tactique dans la zone de végétation. Par moment on doit être
à 4 mètres du sol et on vole à toute vitesse. C’est très
impressionnant. Comme le coin est “pourri” ,je m’attend à
être alumé. Bien sûr le fait de voler très bas et à grande
vitesse, surprend les malfaisants qui ne voient
l’hélicoptère débouler des rideaux d’arbres qu’au dernier
moment et ne peuvent de ce fait ajuster leur visée. La
rafale attendue, heureusement ne viendra pas et nous
atterissons au soleil couchant à “Fort Poussière” Je
retrouve ma chambre “trois étoile” que je partage avec le
légionnaire russe qui s’empresse de disparaître pour aller
se faire masser. Eh oui, on peut même faire un massage thaï,
au milieu de la poussière. Personelement je préfère face au
lagon mais trouver un lagon, à part le champ d’épandage à
Kandahar....
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VENDREDI 24 octobre .
Un C-130
français nous amène à Kabul. Je fonce à Warehouse au bureau
du colonel Louisfert. Il a recu en renfort deux officiers
presses que je connais bien .
Pour mon
reportage sur les Polonais ce sera difficile . Maintenant ce
n’est pas au Français à m’organiser cela mais à ces foutus
“bunkerisés” du PIO office du QG de l’ ISAF. Retour à Kaia,
l’aéroport militaire de kabul ou la sympathique et jolie
lieutenant de l’armée de l’air, m’a trouvé un container avec
un lit de camp. On en demande pas plus. Le soir, je mange au
Sport restaurant ou il y a des bons steack, mais à l’époque
ou c’était le foyer du BATFRA, le vin était nettement
meilleur. Après cela, deux bières au foyer belge qui reste
le point d’eau, le plus sympa de tout l’Afghanistan.
L’endroit est décoré avec des panneaux montrant le capitaine
Haddock, Spirou, Natacha Blake & Mortimer et quelques
célèbrités de la BD belges cottoyant SM Albert II et la
reine Paola. Jupiler et Stella Artois y coulent à flot.
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SAMEDI
25 octobre.
Journée calme et grasse matinée. L’horrible pinard du Sport
Restaurant m’a donné mal à la tête. Je réussis comme tout
les ans à faire des photos des Belges. Ici aussi, on voit
l’évolution bureaucratique et débile de la situation. Je
demande simplement à faire une photo d’un des nouveaux
camions blindés Dingo Le brave adjudant chef en charge des
relations publiques téléphone à Bruxelles pour demander
l’autorisation. Au prix du téléphonne ... On se demande de
nos jours, si un subordonné est capable de prendre une
initiative sans “ouvrir le parapluie”. Le Dingo est un engin
connus en service depuis dix ans dans la Bundeswehr.
Encombrer une ligne militaire et faire payer au contribuable
belge la communication pour une simple photo est idiot. La
scéance de photos se passe bien et nous allons en bout de
piste avec le fameux Dingo. Les soldats belges sont toujours
aussi gentil et sympathiques. Ils effectuent avec brio une
mission peu valorisante mais indispensable. Espérons qu’un
jour, ils seront au combat avec leurs frères d’arme
français... mais en Belgique comme dans toute l’Europe, le
pouvoir a tellement peur des pertes.
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DIMANCHE 26 octobre.
A 06H00
pile je suis réveillé par une secousse sismique légère
aussitôt suivie d’une autre. Cela n’a pas l’air très
sérieux, mais l’impression est bizare. J’avais déjà connu un
tremblement de terre à Mazar e Sharrif en 2002 dont
l’épicentre était situé dans le sud de la province de Takar.
Il y avait eu de nombreuses victimes. Je reste au lit et me
rendort. Il n’y a que cela à faire. La miss de l’Armée de
l’Air me dit qu’elle a eut un message du PIO. Pour les
Polonais, il n’y a rien à faire et je pourrais faire le
détachement d’hélicoptère Caracal , le 28. Deux jours à tuer
le temps.
L’après
midi, je pars confirmer mon billet au building de Kam Air
dans le centre ville. Pour y aller, je fais du stop a la
sortie de Kaïa et un des commerçant du marché afghan me
prend. Il m’apprend que la sud-africaine qui louait des
voitures blindées et qui avait inspiré un des personnages de
SAS avait été assassinée juste devant son bureau.
Kabul est
décidément de moins en moins sûr. Les embouteillages sont
toujours là et de nombreux gamins de rue mendient. J’aimerai
donner quelques afghanis à ces pauvres gosses mais il y en a
de trop. La confirmation du billet se fait sans problèmes et
je décide d’aller à Warehouse pour voir si il y a des
nouvelles pour mes briefing. Je ne dépasse pas le poste de
garde, messieurs,les PIO étant occupés. Au retour à Kaya,
situation ubuesque, les Luxembourgeois de garde, bien plus
boulons que les Belges ne veulent pas me laisser rentrer.
Impossible de prévenir, ma miss officier d’escorte. Ils
disent qu’elle n’est pas joignable. En fait je crois qu’il
ne cherchent pas vraiment à la trouver. Comme j’insiste, le
chef de poste dit à la radio .” que je le fais chier et si
celà ne me plaît pas je n’ai qu’ à me casser . Je suis
obligé d’attendre par terre dans la poussière pendant deux
heures. Je grelotte de froid car la nuit est tombée et que
nous sommes en octobre à près de 2000 mètres d’altitude. En
fait les soldats s’en foutent complètement et signe des
temps sont règlement -règlement. Je pourrais crever de
froid, il s’en foutent et ne sont capables d’aucune
initiative.... c’est comme celà qu’on perd les guerres et si
la bunkerisation de l’ ISAF se poursuit c’est ce qui
arrivera. Des enfants afghans, interloqué par ce Koraji (
étranger) assis par terre le dos contre un parpaing de
beton, viennent me réconforter. Deux garçons et trois
petites filles. Un des gamines me met même son foulard
derrière ma tête pour qu’elle ne soit pas contre le béton.
Voyant que je claque des dents, l’une d’elle va même me
chercher une couverture et les garçons veillent à ce qu’elle
m’enveloppe bien. L’un d’eux se propose même d’aller me
chercher un kebab. La sollicitude et la débrouillardise de
ces enfants qui sont des petits Pachtounes me fait chaud au
coeur. Quelle contraste avec l’indiférence des soldats de
garde luxembourgeois, incapable, vu la situation d’envoyer
un de ses mecs de repos, aller chercher le lieutenant de
l’Armée de l’Air. L’un des garçons parle bien l’anglais et
les filles quelques mots. ça c’est très positif car cela
prouve que ces enfants vont à l’école... y compris les
filles.
Vers
19H00, la garde change et ce sont des Belges... En un quart
d’heure, le problème est règlé et ma miss vien me chercher
et me trouve grelotant.
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27 octobre .
Journée
calme. Je fait du shoping au PX pour achetter quelques
jouets à mes petits Afghans et me rend l’après midi à
Warehouse pour les dernière intervieuw. J’apprend que le
8ème RPIMa a perdu un poste MILAN dans l’accrochage qui a
vu 14 Taliban au tapis. Je passe ensuite chez le capitaine
des “fantômes” qui m’explique aussi le combat du 18. En fait
ce sont les appuis qui ont tout fait et Apache et A-10 ont
bien mattraqué.
Trente
coup de mortiers de 120 ont été tiré et cela a fait très mal
au Islamistes. Le capitaine m’offre une bouteille de pinard
des fantômes. On discute un peu et je comprend que le
capitaine qui un vrai officier de para dans la mentalité
déplore le manque d’esprit offensif. Retour dans la nuit à
Kaia. Je remet mes cadeaux au garçons qui m’a aidé hier. Je
dois être un vrai père Noël.
DIMANCHE
28 octobre . Retour à Paris. Via Dubaï
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(1) Sorte
de grand panier avec une armature en fil de fer remplie de
caillasse servant à
la
protection.
(2) Ce
surnom provient de l’ Indochine ou les paras colos du 8 BCCP
ancêtre du 8ème RPIMa s’était distingués par divers
particularismes revendiqué haut et fort par le régiment. (
voir Assaut N°4)
(3) Pour
des raisons de discretion operationnelle, Assaut n’entrera
pas dans les détails mais Américains et Français sont bien
équipés pour écouter les liaisons des Taliban qui disposent
de Turraya, de Motorolla et bien sûr de portables) De leur
coté, les Taliban, ont les moyens d’intercepter des
communications téléphonnique et comme par hasard, le réseau
fonctionne à merveille. Donc soldat, attention à ce que tu
dis à ta petite amie ou à ta maman.
(4) Hog
! Zippo 14, my convoy leaving the bazaar direction east !
did you copy ?”
Hog est
l’indicatif des A-10, Zippo 14 celui du TACPI . Copy veut
dire compris.
(5) Ali,
le gendre du Prophète serait enterré dans la grande mosquée
de Mazar e Sharif.
En 1996,
les Taliban sunnite profannent sa tombe, ce qui entraîne
immédiatement , une réaction des Hazara qui vont tuer près
de 2000 taliban en une semaine. La répression des Taliban
sera atroce.
Lexique :
ANA :
Afghan National Army. Armée Nationale Afghane.
BIM :
Brigade d’ Infanterie de Montagne. La 27ème BIM qui comprent
les 7ème, 13ème et 27ème BCA, le 93ème RAM, le 2ème REG et
le 4ème Chasseurs est la grande formation de l’Armée de
Terre spécialisée dans le combat en montagne.
CIMIC :
Civilian-Military Coperation.
CSAR :
Combat Search Air Rescue
EOD :
Explosive Ordonance Disposal. Equipe de spécialiste du
Génie en charge de neutraliser munitions non explosées et
IED.
GCP :
Groupe Commando Parachutiste. Eclaireurs chargés de préparer
les sauts ou d’effectuer des coups de mains, leur rôle est
comparable à celui des Pathfinder de la deuxième guerre
mondiale. Infiltrés par chute libre ou dérive sous voile,
les GCP vont reconnaître la DZ et préparer l’aide au
déploiement.
GPR :
Groupe de Protection Rapprochée. Ce sont les garde-corps du
colonel. En général de vieux soldats triés sur le volet.
FOB
(Forward Operating Base): Base avancée opérationnelle. En
fait des sortes de Fort Apache d’ou les unités partent en
opération.
IED.(Improved Explosive Device) : Piège explosif placé le
long d’une route et qui
peut être
déclenché mécaniquement, manuellement ou electroniquement
aux passage de véhicules. La charge est constituée de vieux
obus, de mines ou d’une cocote minute remplie d’explosif.
Que ce soit en Irak ou en Afghanistan, les IED sont le
principal vecteur de perte parmi les forces de la coalition.
ISTC :
Instruction de Tir au Combat. Nouvelles méthodes de tir
adaptée aux conflits modernes.
MPG :
Moyen Polyvalent du Génie. Sorte de gros buldozer à roue. On
en trouve huit dans les section d’appui des compagnies du
Génie.
OMLT.
Operational Monitoring Liaison Team : Equipe en charge de
conseiller et de guider les appuis feu au profit de l’armée
afghane.
PKM :
mitrailleuse légère russe appelée aussi “Poliumit “
QRF :
Quick Reaction Force. Force de Réaction Rapide. Chaque
détachement dispose à son niveau d’une QRF destinée à
intervenir dans l’urgence.
RAP :
Régiment d’Artillerie Parachutiste. Equipés de canon TRF-1
de 155mm ou de mortier de 120mm, le 35ème RAP est le
régiment d’artillerie de la 11ème BP.
RETEX :
Rétention d’Expérience. Analyse faites après un déploiement
ou une opération et qui permet d’améliorer l’équipement.
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