Afghanistan
"Carnet de Voyage"
Impression à vif

 

            Voici en brut . Jour par jour , le récit du dernier reportage en Afghanistan.
 

 
ME 01 OCTOBRE: Départ sans problèmes et habituel de Paris. John, un jeune qui rend des petits services informatiques à Assaut  a tenu a m’accompagner à l’aéroport et j’apprécie beaucoup. Pour un jeune se lever à 06H00 pour  dire au revoir à “tonton Yves” c’est sympa. Les bagages pèsent quelques tonnes.A Amsterdam Schipool , je mange un maatjes et deux suchis . L’aéroport est vraiment sympa et surtout le bar ancien style avec un vieux barman adapté au cadre.
Vol sans histoire sur Dubaï à part la récupération de ma place hublot “chipée” par une blonde un peu vulgaire et boulémique. Formalité rapide à Dubaï et nuit très courte à mon hôtel habituel . Le Carlton Tower. Pas le temps d’aller faire le tour des bars libanais, russes et indiens de l’ hôtel ou se trémoussent des créatures lègèrement vêtues dans un himalaya de décibels. Juste une bière, au bar russe ou une pute à la nationalité indéfinie essaie de m’accrocher du regard. 
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JE 02 OCTOBRE :  06H30 Achat du billet au terminal 3. Le taxi pakistanais habituel m’avait bien sûr déposé au terminal 2. On en réquisitionne un autre avec un “flic” suédois en partance pour Kabul. Achat du billet et enregistrement par une belle blonde aux yeux bleu-vert  qui est syrienne. Le Mc Donnel de la QAM Air a l’air un peu moins vieux que les coucous d’Arianna. Je dors comme un loir pendant le trajet et me réveille pour la superbe arrivée sur Kabul et ses paysages marrons sable et crème. Le nouvel aéroport n’est toujours pas fini et c’est le vieil hall qui nous accueille. Et les formalité ne traînent pas trop. Des panneaux demandent de dénoncer tout actes de corruption. Un taxi m’amène à Warehouse pour un prix ehorbitant pour l’Afghanistan sous le prétexte qu’il est “government car” . Fantastique, la route de Djallalabad a été bien refaite. Finis les nids de poule, propice aux IED. J’ai néanmoins l’impression qu’il y a moins de trafic . Kabul a été pris en charge par les Afghans et la police et l’armée sont bien présente.
A l’entrée de Warehouse, les paras de garde de la 2ème compagnie du 3ème RPIMa m’accueillent très bien . C’est la section que j’avais vu au au Centre d’entraînement jungle au Gabon, il y a juste, deux ans. Par contre impossible d’aller plus loin que la deuxième chicane de main gate. Le PIO, le colonel Louisfert ne peut pas me voir sous prétexte que pas de RV et je n’ai bien sûr pas l’accès à Warehouse ou j’avais passé tant de bons moments avec le 1er RCP, l’année dernière et l’état-major de la 3ème Brigade Méca en 2006.
Les paras arrivés un mois plus tôt sont sidérés. Je leur laisse  quelques Assauts. On discute un peu de la situation. Ils sont visiblement tendus à cause de la fin du Ramadan.   
Une semaine plus tôt, deux roquettes sont tombées sur Warehouse et deux jours plus tôt, une voiture s’est arrêtée sur la route et a balancé une roquette de RPG-7 et une rafalle sur le poste principal.
Reste à trouver une voiture. En pleine chaleur, isolé avec tout mes bagages, je fais du stop sur cet “axe violet” réputé dangereux.
Dépité, je rentre sur Kabul centre et vais voir mes amis d’ACTED. Le vieux guest house de ces humanitaires peut toujours m’accueillir. L’endroit une vieille maison coloniale un peu délabré reste une oasis de verdure dans Kabul
L’après midi, je vais au QG de l’ ISAF pour prendre mon accréditation. Le quartier est encore plus bunkérisé que d’habitude et les mur de beton ne laissent même plus voir les maisons riverraines. Tout celà ,un jour s’écroulera. Coup classique avec les Macédoniens de garde qui ne veulent pas me laisser rentrer sous peine que je n’ai pas d’accréditation alors que je viens justement rechercher l’accréditation. De plus ils parlent anglais par l’intermédiaire d’un interprete afghan.  Enfin au bout d’un quart d’heure de palabre, je réussi à avoir un sous/officier au téléphonne... qui me dit de revenir plus tard. Je gueule un bon coup . On va venir me voir ! Dix minute plus tard, un capitaine italien au regard fuyant et portant un béret noir  arrive. On discute et catastrophe, il me dit que l’ ISAF n’a recu aucun mail de ma part ... c’est faux puisque son  prédesseur m’avait répondu. Par contre ma carte est prète mais , nouvel obstacle au travail des journalistes, il faut une empreinte digitale et occulaire  qui ne se fait que le mardi, jeudi et samedi entre 10H00 et 11H00 . Putain on se croirait à la RATP ou à “La Poste” Bunkerisation, fonctionarisation, l’ ISAF ne peut pas gagner la guerre comme cela. Le capitaine, au regard toujours aussi fuyant me dit qu’il ne peut rien faire pour moi.. et qu’il faut tout règler avec ces foutus E-mail dont la moitié se perdent . On est en plein dans la carricature du numéro 20 d’Assaut qui est devenu une réalité...
J’ai le moral à zéro. La nuit est longue, les moustiques virulents.
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VE 03 OCTOBRE : Je pars à Warehouse vers 09 H00. A chaque fois c’est un taxi et un danger potentiel même si il est très réduit. Les paras de garde sont toujours aussi sympas et je peux cette fois çi même avancer jusqu’au corps de garde. Super, j’ai fait cinquante mètres en deux jours. Là je demande bien sûr, l’officier presse. On répond qu’il va partir en réunion et que personne ne peut me voir. J’insiste et réinsiste sur le contact humain et miracle un commandant fait dire qu’il va venir me voir. En attendant, je discute un peu avec les paras. Visiblement, ils en ont gros sur la patate. Ils se sentent abandonnés et trahis par la presse, le pouvoir et l’état-major. Paris  en prend plein la gueule et les hommes estiment que leur général bien aimé est lâché ....comme le général Poncet l’avait été en Côte d’ Ivoire. Le commandant arrive. C’est un homme mince assez sympa  et au lieu d’établir un programme derrière une tasse de café et dans la sérénité...les choses se font debout, au milieu de tous et dans un climat pas vraiment sain. J’expose les raisons pour lesquelles je souhaiterai pouvoir disposer d’une petite place sous une tente et qui sont justifiées. Le commandant dit les comprendre  mais rien à faire ,les ordres sont les ordres et c’est comme cela. Visiblement les PIO se retranchent derrière les règlements ISAF pour justifier les difficultés faites à la presse. Une fois de plus, je paie pour les conneries d’une partie de ce qu’on appele la “grande presse” Ceux là, je les connais et n’ai guère de sympathie pour certains d’entre eux,  mais les militaires me décoivent ... Bien sûr que théoriquement il ne faut pas faire d’exceptions.. mais ici visiblement en toute conscience, ils compliquent le travail du journaliste tout en compliquant le leur. Qu’on ne me parle pas plus de “ French touch”. Assaut bien sûr, n’a pas la difusion d’une grande chaîne mais a sa place, une importance dans le recrutement, reste un lien entre les anciens et les soldats, et un support inconditionnel pour ces dernier. Tout ceci mérite que comme par le passé, on nous  montre un peu de flexibilité mais ce n’est pas le cas. De plus nous avons toujours été sensible au devoir de réserve, même si nous n’y sommes pas tenu et  même au prix de certains scope nous n’avons jamais publié d’informations pouvant nuire à nos soldats. Nous continuerons bien sûr dans ce sens mais j’avoue en avoir gros sur le coeur.
2008 a vu à trois reprises, au Tchad, au Liban et en Afghanistan,  le commandement discrètement m’écarter de la vie quotidienne des soldats qui pourtant m’ouvrent toujours leurs portes et leurs coeurs et dont je n’ai jamais trahis la confiance. Un fossé se creuse et c’est très triste, surtout à l’automne de ma carrière de “journaliste amis des soldats”    
Comme la société civile, l’armée s’”américanise”, se complait dans des règlements ubuesques qui nuisent à son efficacité, ne sait plus reconnaître ses amis et va devenir un “machin” sans âme et fonctionarisé. Les fonctionnaires  ne gagnent pas les guerres.
Ce qui est valable pour mon insignifiante personne, l’est aussi pour le théâtre. Il  fallait garder bien séparée la mission ISAF de la mission “Enduring Freedom”. Force de police musclée avec de gros moyens,   oui ! et les Afghans l’acceptaient. Faire la guerre avec les Américains, non ! Les Afghans aimaient et appréciaent les Français. Le vent est peut être en train de tourner. Au guest house d’Acted, Jean-José Puig, vieux routier de l’Afghanistan depuis 1977, me dit. “ Les deux versants de l’ Hindu-Kuch coté Est  se “pourrissent.” Profitant du bordel, bandits, néo taliban, djihadistes et membres   font  règner de l’insécurité. L’ ISAF se bunkerise et ne sort que pour frapper. Même les Français qui avaient pourtant une culture “coloniale” s’américanisent . La population commence à voir en eux un occupant. Je devais aller voir des vieux amis afghans dans une vallée à l’est du tunnel de Salang. J’hésite car désormais si on me voit avec eux, en tant que Français, je peux les mettre en danger.”   
Si, les Afghans commencent à nous prendre pour une force d’occupation, s’en est terminé de la mission et les pertes augmenteront. l’infernal cycle attentat/représaille s’intensifiera et tout le monde sait qu’en Afghanistan, l’Etranger n’aura jamais gain de cause. Ceci ne veut pas dire qu’il faut être attentiste et ne pas frapper et même très brutalement .... mais il faut frapper vite  et faire très mal, là ou il le faut  et sans s’encombrer de scrupules diplomatiques. Le problème des Taliban peut se règler entre Afghans , celui des djihadistes ne se règlera que par leur destruction et celle ci n’est pas possible tant qu’il bénéficieront d’un sanctuaire pakistannais.
Soirée au guest house ou l’air canaille d’ Aziz et les sourires permanents des membres du personnels afghans me mettent un peu de baume au coeur. De plus Karim, le cuisinier qui est un Hazara bien typé se démerde pas mal .
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SA 04 OCTOBRE.  A 09H55, je suis devant les parpaing de béton du QG de l’ ISAF avec deux journalistes polonais et  un Brits ressemblant à Woody Allen et qui vient d’arriver. Le petit capitaine italien qui s’appelle Morghese apparait avec à la main de la paperasse et les cartes d’accreditation.” Woody Allen” lui dit qu’il vient d’arriver et demande des nouvelles de ses reportages. L’officier italien lui tient alors exactement le même language qu’à moi, il y a deux jours avec exactement les même mimiques. “Nous n’avons pas reçut vos E-mail....il faut remplir  et bla bla bla ” Ceci laisse bien sûr le Britannique dans un profond désespoir. En fait je commence à comprendre que le système est fait pour mettre un maximum d’obstacles entre le journaliste et les unités.
Avant de recevoir, les cartes, il faut bien sûr passer à la grande nouveauté 2008 de l’ ISAF, la prise d’empreintes digitales et occulaires qui ne peuvent se faire le Mardi, Jeudi
Samedi entre 10 H et 11 H.... au suivant. J’essaie de prendre cela à la rigolade afin de ne pas extérioriser mon dépit. Un journaliste même si il dit souvent des conneries ne doit pas être traité comme un terroriste potentiel  et de plus nul ne peut dire ou ces informations vont aller ce n’est pas sain. L’opération se fait dans un petit container, adossé entre deux murs de béton au mur principal du QG principal dans lequel on ne rentrera pas ...Que de mur ? Les deux pouces ne suffisent pas , il leur faut chaque doigt et on recommence en tournant le doigt . Puis viennent les yeux, qu’il faut maintenir ouvrir avec deux doigts ce qui vous donne l’air d’un monstre holywoodien. Si celà continue et pour l’accreditation 2009, il faudra sans doute apporter un échantillon d’urine et se faire photographier les plis du TDC. Avec mes conneries, je fais dérider “Pinocchio “ c’est ainsi que j’ai décidé d’appeller le capitaine Morghese . Ce n’est pas un mauvais bougre mais il doit détester ce qu’il fait ou qu’on l’oblige à faire et se réfugie derrière le règlement
pour échapper à ses doutes. Je repense à un de ses successeurs vu lors de l’ouverture de théâtre en 2002. Au QG alors accessible puisque le bureau des PIO ( Press Informations Officier) était un étage en dessous du PC de l’ISAF, un capitaine italien m’avait dit. “ Nous avons ici des Carabinieri Parachutistes. Voulez vous faire quelques photos ? “  En une heure l’affaire était réglée et je pus prendre ces gendarmes soldats d’élite en position sur les toits avec tout leur armement et ensuite aller boire une bière avec eux pour l’intervieuw. Et malgré cela, al Qaïda n’a jamais attaqué l’ ISAF . Maintenant , il faut dix jours et trois tonnes de paperasse pour prendre une  photo de fusil d’assaut.
Avec la précieuse carte, je fonce à Warehouse... un taxi de plus.  Je ne peux bien sûr toujours pas rentrer mais on me dit de revenir à 16H00 pour une intrevieuw avec le Chef de corps du 3ème RPIMa.
Comme il y a du temps à tuer, je vais avec deux filles d’ACTED au musée national qui fut détruit pa les Taliban. Très interessants . Les Taliban se sont acharnés sur tout ce qui est boudhique mais ont relativement épargné les superbes statue en bois animistes du Nouristan y compris des poteaux suportant des maisons avec des couples érotiques...
Après le musée ,les filles font un arrêt à la French backery pour achetter des patisserie...
Je ne peux résister à un petit gateaux fourré à la cerise ....superbe et pas chimique.
A 16H00, une jolie enseigne de vaisseau attachée au bureau presse, vient enfin me chercher et je rentre dans ce camp que je connais comme ma poche.
Le colonel Louisfert , très fatigué et c’est normal avec toute la pression médiatique des dernières semaines me reçoit cordialement avec le commandant vu la veille. Je remet sur le tapis , le problème qui fache et qui est l’hébergement et là bien sûr rien à faire.
C’est la ligne Sigfried. Je comprend néanmoins que ils voudraient peut être bien m’aider mais ne le peuvent pas et qu’en plus de la pression médiatique constante ils subissent une lourde bureaucratie de l’ ISAF. Maintenant et c’est là ou se trouve le problème de société actuel .... Pourquoi tout accepter. La France a toujours eut des particuliarisme, l’Angleterre aussi d’ailleurs. De nos jours on ne voit que trop rarement des hommes menacer de donner leur démission. On accepte tout et on s’enfonce. On devient plus rigoureux qu’un feldwebel prussien dans une caserne de cadets au XIX ème siècle et cela ne nous ressemble pas du tout. On perd cette “French Touch” qui quelquefois pouvait marcher. Dans le conflit larvé qui oppose actuellement  une partie l’Armée au pouvoir s’ajoute celui de l’armée avec une partie de la presse. En ces moments difficile l’armée a besoin d’alliés. Il y en a dans la presse mais au nom du sacré saint règlement , derrière lequel les militaires se retranchent , l’Armée risque de se couper de ses amis de toujours. On est a fond avec vous mais aidez nous un tout petit peu et dans un pays comme l’Afghanistan, montrez un peu de souplesse vis à vis de gens qui n’ont jamais craché dans la soupe et qui galèrent. Assaut n’a pas les budgets d’une grande chaîne. Nous ne mendions pas. Nous cherchons simplement à avoir une tente presse pour des raisons de sécurité, de liaisons ( Les militaires bunkerisé n’ont pas l’air de savoir qu’à Kabul, les pannes d’électricité sont fréquentes , que le téléphone
marche quelquefois ) et que de perte de temps. Si l’on continue sur cette voie, le reportage se limitera à une visite guidée  “A votre droite un VAB c’est un blindé  à votre gauche un parachutiste reconnaissable à ses tatouages, Bonsoir , n’oubliez pas le Guide”    
Un magazine comme Assaut ne peut se contenter de cela. Nos lecteurs qui participent activement au lien Armée -Nation sont exigeants. L’important c’est de pouvoir communiquer avec les soldats et partager leur mission . Dans le VAB, sur la piste mais aussi dans les moments de détente.  Si à l’avenir, les choses ne s’améliorent pas, je cesserai de publier Assaut car je ne veux pas me contenter d’offrir des reportages creux à mes lecteurs. Ce serait les trahir. La disparition d’Assaut n’empêchera pas le monde de tourner mais ce sera un tout peti clou en plus dans le cercueil de la liberté.
  Le briefing, se passe bien avec le chef de corps du 3ème de Marine, le colonel Perrin qui me fait un bon exposé de la situation sur carte. J’ai vu le chef , maintenant il me faudrait voir les soldats et partager leur vie sur le terrain .
En quittant, le bureau, on ne m’autorise même pas à aller boire une bière à l’ OASE, le bar allemand de Warehouse. Crime de lèse Yves
La nuit est tombée et je me retrouve seul sur l’axe violet ..... très safe. En ces temps troublés pour l’armée , j’imagine la réaction de la presse nationale, si j’étais enlevé ou abattu. Tout à fait involontairement, je servirai des gens que je n’aime pas, simplement parce que ceux que j’aime ne sont pas capables d’avoir un peu de flexibilité et sont règlement-règlement . très triste.
Un homme sort de Warehouse. C’est un jeune qui a plus l’air d’être plus un Américain qu’un Afghan. Bien sûr , il est sidéré de me voir seul a cet endroit. Je lui demande comment il rentre à Kabul et heureusement il me dit qu’un de ses potes vient le chercher et qu’il peut me donner un lift . Le jeune Pachtoun très gosse de riche me dit appartenir à la famille royale. Retour à  Kaboul. Au guest housse, je partage mes bières avec un des jeunes humanitaires australiens.        
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DIMANCHE 05 OCTOBRE Journée Guest house. Je vais manger un de ces délicieux kkébab dans un des petits restaurants de flower street. Viande savoureuse avec différentes sortes de poivre et une sauce yogourth mentolée bien épicée ... le tout arrosé hélas d’un coca cola. Un des gamins des rues me poursuit et veux absolument me vendre ma sixième ou septième carte d’Afghanistan.
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LUNDI O6 OCTOBRE.
 
Retour à Warehouse vers 09H00. Encore un taxi ! . Le camp de Warehouse est situé à la périphérie de Kabul sur la route de Djalabad et donc à une bonne dizaine de kilomètre du centre. La route  appelée Axe violet est célèbre pour ses attaques à l’ IED.
(Improved Explosive Device)
Cette année, les nids de poules ont disparus ainsi que les tas d’ordure sur les cotés qui  étaient propice à la dissimulation des pièges. Ici la communauté européenne à fait du bon boulot avec cette route toute neuve. La miss de la Marine m’attend et on commence par une intervieuw des logisticiens du BCS suivi par une visite des atéliers.
Un adjudant me montre un lance grenade individuel troué par un impact. Après cela, le colonel Louisfert me donne l’horaire pour un départ pour la FOB TORA ou se trouve une partie du bataillon français de Kabul. Encore un aller retour pour aller chercher mes affaires en ville, payer mes quatre nuits de guest house et vite manger un kebab ramené par Aziz.
A 15H00, retour à Warehouse et départ avec une section de renfort de la  1ère compagnie du 3ème RPIMa “ Les fantômes”. Enfin de l’action. Je suis dans un VAB (Véhicule de l’avant blindé) avec cinq jeunes paras, moyenne d’âge 22 et un bon sergent. Les jeunes me posent beaucoup de questions. Ils sont motivés mais amer sur leur équipement. Toutes les améliorations de leur FAMAS, visée laser, PIRAT,  EO Tech, lampe SURFIRE, rail Picatini, poignée  ont été acheté personellement. Le mitrailleur s’est même payé , deux boitiers chargeurs de 200 coups en Belgique ou ce produit est en vente libre. Les pantalons, vestes “guerrilla”, trousse médicale, et gillet de combat “Blackhawk” sont également des achats personnels. Quant on pense qu’un caporal de leur âge gagne mensuelement à peu près 1800 € , et que ces paras investissent près de 1600 €  en équipement , on comprend leur motivation et ....leur dépit. Par contre tous sont heureux d’avoir percu des nouvelles ranger ASolo Goretex qui sont de solides chaussures de montagne. Pour le trajet, je peux monter en trappe centrale .
A une dizaine de kilomètre à peine de Kabul, s’ouvrent des gorges particulières impressionnantes. Je suis dans le VAB de tête. Le lieutenant Lemoine, un bon copain, ancien GCP qui m’avait offert son lit à Bangui me dit “ Ne t’en fait pas, le véhicule de tête est rarement attaqué” Les VAB ont l’air de jouets au 400ème. Le trafic est intense car c’est par cettte route passant par la fameuse Kyber pass et Peshawar au Pakistan qu’arrive tout le ravitaillement de Kabul. Si les taliban y effectuent des attaques, ils n’ont pas intérêt à y détruire un ouvrage d’art car une partie de la logistique passe bien sûr par cetrte route stratégique. A la sortie des gorges, le paysage change et se transforme en grosse colline pelée ressemblant au “Bad Land “  américains. Nous arrivons à la FOB (Forward Operating Base) Tora à la tombée de la nuit. Le fort est au sommet d’une colline. Au bas, le village de Tora d’ou sont de temps en temps tirée des roquettes et la place est dominée par le mont Saint-Michel. Il y a à peine deux semaines, des pick-up  taliban ont tenté d’attaquer la FOB Tora en croyant qu’une grande partie de la garnison était en opération en dehors de l’enceinte. Les véhicules ont été stoppé à coup de PGM  et plusieurs Taliban sont resté sur le carreau. Au loin vers le nord la vallée d’ Uzbeen ou à  eut lieu la meurtière embuscade qui coutâ au BATRA, 10 soldats. Nous mangeons à l’ordinnaire avec les paras de Carmin , la 4ème compagnie du 8ème RPIMa. La base est bien équipée mais nous dormirons dehors sur le parking et à la belle étoile. Nous nous installons entre un  VAB et un camion d’essence. Si par hasard, une roquette arrive ... on n’aura pas le temps de dire ouf. Après avoir un peu déconné, les jeunes paras bien encadré par des caporaux chefs pointu vont dormir . Demain nous devons participer à une relativement grosse opération mais la soirée n’a rien d’une veillée d’arme. Nos sac de couchage sont en rang d’oignon. Un des “jeunes” dit  “ Imaginez que les Taleb s’infiltrent et que nous soyons tous suriné” . Je passe quelques bons moments avec les deux tahitiens de la section qui ont sortis une guitare. Un chant est interrompu par un coup de feu ... un incident de tir venant du peloton de VBL du 1er RHP juste à coté. Plus de peur que de mal...La nuit se passe bien et je ne dors pas trop mal.
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MARDI 06 OCTOBRE.
 
Réveil à 5H30. Tout est prêt, sacs dans les VAB et le départ de l’opération est  prévu pour 07H00. Le lieutenant Lemoine, mon copain commande les renforts de deux sections de la 1ère compagnie du 3ème RPIMa détachées pour l’opération. Le lieutenant Couture qui commande la section ou je suis fait son briefing et rapelle les règles d’ouverture du feu qui se limitent à la légitime défense. Cela ne plait pas trop aux paras ...; ce sont malgré tout des guerriers mais les ordres sont les ordres. Autres petites mise en garde ... les tenues. “ Nous avons un journaliste avec nous, alors faites attention , pas de bandana, pas de foulards afghans etc ...” Toujours cette peur de se faire retailler les bretelles par le haut commandement et qui caractérise l’Armée française.     
Quand je repense au tenues plutôt disparates des soldats russes vus en Géorgie, je rigole doucement. Les garçons dépensent la moitié de leur solde pour s’équiper mais il doivent être règlementaire devant les caméras.
Le lieutenant Lemoine me fait un rapide exposé de la mission. En fait le BATFRA fait une grosse sortie plein Est à la limite de la Surobi pour aller proposer des projets de développement CIMIC dans plusieurs village dont celui de Malauno.  En tête, les VBL du 3ème escadron du 1er RHP , suivi de la 4ème compagnie du 8ème RPIMA  ensuite le PC et les appuis constitués d’une section à deux mortiers de 120mm de la 3ème compagnie du 35ème RAP et d’éléments du 17ème RGP et nous fermons la marche. La situation ennemie est la suivante. Au départ les “chouff “ ( observateurs)  vont certainement prévenir les Taliban et peut être tirer quelques coups de harcèlement
Si les Taliban dont le nombre est estimés à 50 plus un renfort possible de 30 décident de faire quelque chose, il leur faudra au moins deux heures pour réagir. Vu le déploiement de force c’est très peu probable. Après avoir assuré la sécurité arrière du convoi ( ici il n’y a pas de front) “blanc unité” c’est l’indicatif de la section va se poser en recueil à coté d’un village près d’un petit col et nous fermerons ensuite la marche de retour. Ce sera le moment délicat car les taliban pourrait poser un IED sur cette piste 
obligatoirement utilisée par la force au retour. 
Sur le parking, je filme le départ avec un beau soleil levant. Le colonel Perrin doit être satisfait . C’est un chef rayonnant à la tête d’ hommes superbes. Bien loin des mesquineries de la Métropole.Il doit être heureux de voir s’ébranler cette cinquantaine de véhicules partant  pour une mission à la fois humanitaire et guerrière.  Le départ est impressionnant. VAB et VBL s’ébranlent dans des nuages de poussière. Celà me rappelle un peu les grandes heures de l’opération Daguet.
Nous partons les derniers. Arrivés dans la vallée, nous voyons le PC installé et un peu plus loin, les mortiers de 120mm en batterie. Les deux hélicoptères Caracal, d’un joli ton gris clair passent en rase motte au dessus des VAB dispersé dans cette grande plaine.
Ambiance “Apocalypse Now” Les hélicoptères vont dropper une section du “3” dans le village à visiter. En fait l’opération est peu être une forme d’opération psychologique
pour montrer que les Français sortent en force, non pour “ casser du Taleb” mais pour offrir des projets de développement. En fait une sorte de main de fer dans un gant de velour. Nous nous positionnons face au Sud Est. Mon groupe “Blanc 12” débarque. Le paysage et la lumière sont superbe. Les paras très photogénique, surtout ,le sergent qui a doté son FAMAS d’un bipied américain achetté à Bagram. Armes et casque de la section ont été bien camouflés. Les garçons sont motivés et malgré leur jeunesse connaissent leur job.
Ils découpent visuelement le terrain et observent les endroits d’ou pourrait venir la rafalle  de Kalashnikov ou la roquette de RPG. Chaque mouvement de civils est signalé et une crète très attentivement observée. “Blanc 12” ne dispose pas de tireur FR-F2 mais juste à coté le groupe “Blanc 13” a mis en batterie un Eryx et peut compter sur un tireur de précision. Ce dernier est au aguets.
Le sergent “Anderson dit “ Nous sommes beaucoup trop nombreux, Taleb ne viendra pas !”
On sent un peu de regret dans sa voix. Quoiqu’en dise la presse, nos hommes sont des paras et nullement “traumatisé” par l’affaire du 18 août ont du mordant à revendre et veulent se battre. C’est normal, c’est leur métier. Le colonel Perrin me dira. Ils accepteront le combat mais n’ont aucun esprit de revanche et ne veulent pas casser du Taleb.
Vers 11H00, nous changeons de position et faisons cinq kilomètres pour nous positionner sur la position de receuil. La piste traverse ces colinnes pelées, véritable nid à IED. Nous arrivons sur la position et tout le monde débarque. Les groupes des trois VAB débarquent , 11, 12 et 13 et se placent sur les hauteurs dominant la piste et un charmant village dénommé K-27 et faisant partie de la Choura  -communauté urbaine -qui devrait bénéficier du plan de développement. Le village ancré à flanc de colline dans un nid de verdure  est bucolique et sans doute autosuffisant car il y a de l’eau. On trouve du maïs, du blés cultivés en terasse et des arbres fruitiers. Chèvres et vaches paisent gardés par des enfants. La guerre semble bien loin, pourtant nous sommes en plein territoire indien. 
Je laisse mon groupe pour rejoindre le VBL des lieutenant Lemoine et Couture placé au centre du dispositif. Nous décidons d’aller voir le Malek ( maire). Celui ci, un patriarche de 60 ans à la barbe blanche s’avance vers nous accompagné de trois hommes. L’un d’eux regards fuyant serre à peine les mains et s’éclipse très vite. Nous discutons de façon très courtoise mais pas dans le village et le chef ne nous invite pas à prendre le thé. .. ce qui est un signe. On sent cette population prise entre deux feux. Comme très souvent, dans le Pachtouneland  des questions religieuses  : Est il vrai qu’en France vous mangez du porc ? . L’interprète traduit la réponse du lieutenant Lemoine que je sais être un grand chrétien très pratiquant. Nous mangeons ce que notre religion, nous autorise mais notre Dieu comme le vôtre veut la paix dans le coeur des hommes. 
Ce à quoi le Malek réplique : Si vous respectez nos coutumes, vous êtes les bienvenus ! L’entretien se poursuit sur le même ton cordial et bien sûr des rations sont distribuées aux enfants. Nous retournons au VBL un peu dubitatif. Il faudra beaucoup de temps et de patience pour gagner les coeurs. Un message radio, nous demande de retourner dans le village pour se renseigner sur un certain Abdullah, adjoint d’une autorité locale et qui serait un peu copain avec les Taliban. Le lieutenant Le moine, rend compte à l’état-major que ce serait contreproductif. Il me dit : “ On à fait ami -ami et les présentation. On ne peut pas retourner cinq minutes après pour demander d’une facon cavalière si ils connaissent , untel ou untel. “ Il est sûr que cette nuit ,les taliban viendront et demanderont au Malek, pourquoi les Français sont venus. Le Malek devra jouer serré. Le lieutenant imagine la situation et ne veut pas mettre en porte à faux le maire.
Encore une fois, il faudra du temps. L’opération s’est déroulée sans aucun problème et nous revoyons repasser tout les blindés engagés. Les paras, postés sur les hauteurs redescendent et nous remontons dans les VAB. A Tora nous attendons longtemps sur le parking que les officier finissent le débriefing. La vie de soldat est faite de longues attentes. Les paras sont un peu frustré par le manque d’action... moi aussi mais j’ai de bonnes photos. Retour au crépuscule sur Kabul. Lorsqu’on veut activer les brouilleurs ,les mecs râlentun peu . Les brouilleurs ont un effet micro onde et pouraient faire fondre les plombages et les broches ....Le trajet dure une heure et demi et comme il fait noir, je ne monte pas en trappe. On sent aux grincement du VAB que la mécanique souffre dans les pentes. De nuit ,les pilotes doivent être retaillés car au moindre écart c’est le plongeon dans un précipices abyssal de noir. Le paysage avec une demi lune fait penser a certaine séquence du “seigneur des anneaux”.
A Warehouse, le colonel Louisfert confirme que je repart pour la Kapissa à cinq heures du matin mais que je ne peux toujours pas loger à Warehouse !  La nuit sera très courte car je dois rentrer à Acted. Je peste bien sûr . Comme si pour quelques heures on ne pouvait pas me trouver un lit picot sous une tente. Comme je dis que je pourrais installer mon sac de couchage en face du camp, le colonel se propose même d’appeler un taxi et de me le payer .... situation ubuesque au possible. J’aurais préferé qu’il prenne sur lui de me  loger dans le petit coin café ou il y avait un canapé, totalement déserté à cette heure tadive. Comme il est près de 23 heures, je suis obligé d’accepter le taxis du colonel sans bien sûr le laisser payer. Une chance que les paras de garde ne me fouillent pas le trou du cul a la fouille de sortie. Le taxi, bien sûr coûte , le double du prix normal puisque c’est un taxi officiel. Heureusement qu’à ACTED, il y a de la place et un gardien de nuit ... Je redemande au taxi de revenir me chercher à 04H00... pas le choix, je n’en trouverai pas d’autre à cette heure là.
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MERCREDI 08 OCTOBRE.
 
A 04H00 , le taxi est là. Direction Warehouse à travers les rues désertes. Comme on longe le quartier ou s’est “bunkerisé” l’ ISAF, les Ambassades et tout le barnum, je demande au chauffeur de ne pas rouler trop vite... au cas ou des “contractor” nerveux aient envie de faire un carton. Il y a deux ans des VBL français s’étaient fait alumé par les Américains dans ce même quartier.
A Warehouse fouille classique. La très gentille Clémence, lieutenant de vaisseau est là pour m’accueillir.
Elle m’amène directement là, ou se forme le convoi qui m’amènera en Kapissa. Comme me l’a dit, lors du briefinging deux jours plus tôt, le commandant Thépenier, l’organisation d’un convoi est conséquente et la préparation prend plusieurs jours. Pour 4 à 7 camions, il faut un VAB “ Bromure” qui va créer une bulle electromagnétique destinée à empêcher l’action des IED déclenchés par téléphonne portable,  cinq à sept VAB montés par les soldats de l’escadron de circulation routière qui vont assurer l’escorte proprement dite et qui sont quelquefois renforcé par une section d’infanterie, un VAB canon de 20mm un VAB sanitaire, un moyen de dépannage et un VAB TACPI chargé de guider les appuis aériens. Ces derniers sont demandés et assurés par des commandos de l’Armée de l’Air, les hommes du CPA-20 que nous vous avons présenté dans ASSAUT N°3
Quelquefois des camions civils conduits par des Afghans sont intégrés. Une attaque sur un convoi logistique est toujours payante pour les Taliban. On peut se rappeler les hécatombes de camions russes sur la route en lacet du col de Salang effectuées par les hommes du commandant Massoud. Pour le moment les “tringlots” du BCS ont eut beaucoup de chance. Le 25 août, ils sont tombés dans une grosse embuscade entre les FOB Nijrab et la FOB Tagab en Kapissa. Quatre roquettes de RPG-7 ont heureusement manqué les camions. Alors que le jour se leve, le commandant fait son briefing. J’en profite pour faire les premières photos de la journée. Les chauffeur remontent dans les bahuts. Avec un sourire un peu crispé, le pilote d’un TRM-10.000 me fait un signe de main pousse levé. La seule protection de la cabine est un gillet pare éclat posé sur la porte ... un peu mince. De toute l’ ISAF, la France est le seul pays a ne pas avoir de camion blindé. Le commandement refuse pour l’instant de souder des plaques de métal dans des atelier de fortune comme les Américains l’avaient fait en Irak.
C’est bon pour stopper des balles d’AK-47 et encore mais en cas d’ IED ou de roquette de RPG-7, le blindage saute et ses morceaux s’ajoutent aux éclats mortel.”
nous dit un brigadier chef.
On espère pour fin octobre la livraison de 33 nouveaux camions Scania -Renault à cabine blindée mais les logisticiens sont sceptiques et croient plutôt les percevoir à l’hiver. Encore quatre mois à tenir et comme dit un de leur cadre. “ Les pilotes des TRM-10.000 et des VTL, croisent les doigts et prennent leurs grosses couilles pour les mettre sur le tableau de bord. “
Pour le voyage, on me désigne un des VAB.  Le chef de bord qui sert la mitrailleuse de 12,7mm est un de nos abonnés et il a l’accent du midi. A bord deux garçons de l’escadron de circulation routière du 516ème RT et les padre catholique et protestant. Au moins nous aurons la protection divine avec nous .... et moi je suis un peu l’aumonier du grand Dieu Bacchus. Je filme la sortie du camp et la traversée des faubourg. Au moment ou le convoi atteint le début de la route soviétique, arrêt ! On apprend que le VAB ”bromure” est en panne. Ce blindé est indispensable puisqu’il assure la protection electromagnétique des camions en les mettant dans une bulle ou ils seront à ll’abri des IED déclenchés par téléphone portable. Il faut retourner à Warehouse pour chercher l’autre. Il y en que deux sur le téhâtre. Nous perdons une demi heure et repartons. Je m’endors comme une masse, malgrés les chaos du blindé. Je me réveille, je ne sais pas combien de temps après et sors la tête par la trappe... juste pour apercevoir au loin un drone Predator au decollage. Ceci veut dire que nous ne devons pas être loin de Bagram. Quelques instants plus tard le convoi traverse le fleuve Panshir, ici sorti de sa fameuse vallée. Ici c’est l’Afghanistan heureux et coloré avec le bazar animé, les troupeaux de moutons et la population tadjicke accueillante. Je me serai bien arrêté pour manger un kebab et des raisins de la Shomali dans une des gargottes “les pieds dans l’eau” qui fleurissent sur les berges même du Panshir ... une espèce de Nogent sur Marne à l’afghane sans le petit vin blanc bien sûr .... quoiqu’à ce qu’il parrait qu’a Istalief, à l’époque grecqoboudhique, il y avait un cru renommé. Doucement nous quittons ce pays de cocagne pour aborder les premiers contreforts des montagnes qui séparent la plaine de Shomali de la Kapissa. Dans un village deux carcasses de chars T-62  témoignent des combats passé. La tension monte et sans cesse le jeune sergent chef fait pivoter sa 12,7mm vers les point potentiellement dangereux.Abrutis par la chaleur, les chaos et la poussière, je me rendors.
Je me réveille à l’entrée du camp. Sous un soleil de plomb, nous découvrons la FOB  (Forward Base) Morales-Frazier , qui porte le nom d’un soldat américain tué et que les Français baptisent aussi FOB Nijrab. Le camp de tente entouré de bastion wall (1) abrite plusieurs zones française, afghanes, US séparées par des parking ou flotte en permanence une poussière fine comme de la farine.  Et puis encore et toujours d’autres murs de bastion wall  qui donnent au camp un petit air de labyrinthe. Des bunkers et la tour “Astérix”, protègent la place qui abrite à peu près 600 hommes. L’ensemble  est sur une sorte de grande terrasse naturelle dominée directement par une imposante montagne au sud, le mont Dreceli.. Plus loin et quel que soit  la direction des chaînes de montagnes dont la plus importante est au nord avec juste derrière la célèbre vallée du Panshir ou le commandant Massoud repoussa 12 offensives soviétiques et gouvernementales. Du haut d’un de ces bastion wall, dominant l’ hélipad pouvant accueillir deux Chinook, un commandant très sympa, chef de BOI, nous présente le camp. En fait avant l’arrivée des Français, il n’y avait ici que 40 soldats américains provenant des Forces Spéciales et une toute petite garnison afghane. Un nuit de 2007, s’infiltrant par un des talweg du mont Dreceli, culminant à 210 m, un important groupe de Taliban attaqua la base. Le feu d’une seule 12,7mm et d’un lance grenade automatique MK-19 montés sur la tour, permit de les repousser. Au matin on retrouva 40 cadavres. Le commandant me montre un bâtiment quadrangulaire, tout neuf situé à 400 métres au nord-est du camp. C’est une caserne de police ...vide faute de policiers. “Nous n’avons pas les effectifs pour y mettre du monde car nous ne pouvons pas nous permettre d’affaiblir la défense du camp principal , pourtant ce serait plus confortable de vivre et plus pratique de travailler dans du dur. “me dit le commandant.
Je comprend alors que la FOB est un vrai Fort Apache en territoire hostile.      
Sur un des baraquement du camp, flotte le drapeau rouge de l’ USMC. Il s’agit d’un Training Team gèré par dix” leather necks” au profit de la police afghane. Le drapeau est en berne car deux semaines plus tôt, un IED a pulvrérisé une “Humvee” avec quatre marines à bord y compris le chef de détachement, le lieutenant Madrazo, un mec fantastique estimé de tous.
Après cet interessante présentation, le lieutenant féminin Aurélie Lattès, jeune officier communication du 8ème RPIMa, me montre mes quartiers : la tente de passage ou sont déjà installé huit Américains.
Nous déjeunons d’une ration car l’ordinnaire n’est pas encore installé. “Le grand chef vous recevra en fin d’après midi ”.  
Vers 17 heures, je suis reçu par le colonel Aragonese, Chef de Corps du 8ème Régiment de Parachutistes d’ Infanterie de Marine, une unité qu’on ne présente plus et qui fait qu’on peut être encore fier d’être français quant on voit la foi et l’ardeur de ces gars là. Sur les murs du modeste bureau, jouxtant la salle “ops”, le regard est immédiatement accroché par la photo des huits jeunes paras tombés dans la vallée d’ Uzbeen.
Poignée de main virile et regard franc, le colonel me met tout de suite dans le bain.
Vous êtes un homme de caractère, moi aussi !” Voilà des paroles que j’apprécie et qui veulent aussi dire limite gauche et limite droite. Je sais qu’ici, je n’aurais pas droit à l’erreur mais je l’exprime tout de suite au Chef de corps. Contrairement à une partie de la grande presse, Assaut n’est pas là pour faire du sensationnalisme ou du fait divers mais pour simplement apporter un témoignage sur la vie et les missions de nos soldats.
Et pour me mettre tout de suite dans le bain, le colonel me dit.
Départ à 19 heures pour la FOB Tagab, demain, on monte une opération. Vous en serez mais avant cela, je vous ai préparé un briefing. Je me sens bien sûr choyé. 
En quelques minutes, le colonel Aragonese me fait comprendre la Kapissa, ses enjeux et la noble mission de la Task Force Chimère. Cette dernière qui à bien sûr pris comme emblême, la créature mythique ornant le blason du 8ème RPIMa, se compose de 650 hommes répartis dans la CCL et les 1ère et 2ème compagnies de combat du 8ème RPIMa, de deux sections de la 3ème compagnie du 17ème RGP , d’un peloton blindé du 3ème escadron du 1er REC et d’une section d’appui mortier de la 1ère batterie du 35ème RAP. A ceci, il faut bien sûr ajouter les logisticiens et les hommes du soutien qui font tourner la “baraque”.
En fait, bien que tout le monde s’y attendait, le 8ème RPIMa, n’était pas à la base prévu pour être déployé en Afghanistan. Pour faire face à ses obligation OTAN, la France a pris son tour, pour la mise sur pied d’une unité attachée à la Strategic Reserve Force de l’Alliance à la fin de l’année 2007. Ce fut le 8ème RPIMa qui fut désigné. Ceci signifiait que les “voleurs de poules” (2) étaient en “alerte guépard” pour l’ OTAN et qu’ils auraient pu très bien être déployés dans l’urgence au Kosovo, en Géorgie ou dans n’importe quel pays ou le SHAPE, les auraient envoyés. Pour être parfaitement prêt, le 8ème RPIMa va s’entraîner dur. Trois semaines de CENTAC (Centre d’entraînement tactique ) à Mailly, quinze jours d’exercice de tir à Caylus et des exercices de commandement Janus pour les PC. Les militaires n’aiment pas le terme “d’hommes surentraînés” car on ne l’est jamais assez mais aux yeux du grand public, ce terme peut être appliqué à nos paras, lorsqu’ils apprènent avec plaisir que ce sera l’Afghanistan. On s’engage chez les paras pour la “baston” et nos  hommes savent qu’au pays de l’ insolence, ils en auront tout en remplissant une mission humanitaire.
Le gros des effectifs arrive à Bagram, la grande base US d’Afghanistan le 30 juin et suit exactement le même circuit qu’une unité de GI ou de Marines avec cinq jours d’acclimatation. Les paras en profitent pour se familiariser avec l’American way of life visiter les PX, et les différents Fast Food qui ont poussés comme champignon le long d’une avenue centrale comme dans n’importe quelle ville du Middle West. On peut même se faire masser. Quand je pense que j’ai connu Bagram, comme ligne de front en 1999 ....   
 Et puis c’est l’arrivée en Kapissa... ou plutôt le début d’une grande aventure que connaitront aussi les contingents qui succederont au paras et qui est la reconquête de cette petite province laissée jusqu’ àprésent à  l’insurection. Il s’âgit bien sûr d’une reconquête militaire mais aussi des coeurs et là le défi est immense. Au début de 2007, il n’y avait que 15 Forces Spéciales US dans la Kapissa  En 2008 ,il y avait  dans la région en tout et pour tout 140 soldats américains qui ne pouvait pratiquement que rester dans leur base. L’arrivée d’un bataillon français va bouleverser la donne et permettre d’envisager de tenir le terrain...Les Taliban et leurs alliés ne vont sans doute pas se laisser arracher un sanctuaire mais l’avenir seul pourra nous dire si la déesse de la fortune
sera aux cotés de nos soldats dans cette noble mission contre l’obscurantisme.
Pour remplir cette mission, la Task Force Chimère dépend en fait du RC-East ( Régional Command) sous commandement américain. C’est la première fois depuis la guerre de Corrée qu’un bataillon français isolé oeuvre sous commandement américain et ici l’unité principale est la 101st Air Assault Division, les fameux “Screaming Eagle”.
L’armée afghane est également de presque toutes les sortire. L’ANA a déployé en Kapissa, la 2ème compagnie du 3ème kandak ( bataillon) de la 201ème brigade du III ème corps qui est une unité mécanisée utilisant des M 113 et des BMP.  
En quelques mots, avec carte à l’appui, le colonel m’explique “l’enjeu” Kapissa. La province à en fait la forme d’un gros haricot ou plutôt de l’Afrique. Une Afrique entourée de montagne avec une entrée à Dakkar et une autre au Cap. Une route relie les deux suivant la vallée principale Sud-Nord qui s’incurve ensuite vers l’ouest pour déboucher sur Bagram et la plaine de la Shomali. La Kapissa est donc principalement un point de passage... mais qui faute de grande route n’est pour le moment pas exploitable. Dans la vallée principale de Tagab débouchent six vallées secondaires, Nijrab, Afghania, Alasay,Bedraou, et Diram-Diram fréquentées à l’exception de Nijrab par “les malfaisants” qui pour le moment s’y trouvent comme poissons dans l’eau. Au forces de l’ ISAF qui comprennent la Task Force Chimère plus 60 soldats US et 20  hommes des Forces Spéciales roumaines de vider l’eau du bocal. Si la sécurisation réussit, les travaux d’une route de déviation  venant de Djalalabad, passant par la Surobi , traversant la Kapissa pour déboucher sur Bagram et de là  le nord du pays et le Tadjikistan et l’Ouzbekistan, pourront reprendre. Cette future grande route désenclavera l’Asie centrale en évitant Kabul. Dans l’immédiat moins de trafic sur Kabul signifie aussi plus de facilité dans le contrôle du trafic et moins de risques d’attentat suicide dans la capitale. A moyen terme, route signifie aussi, station service, bazar, reprise de l’activité économique donc réduction de l’insécurité. Bien sûr, on offre au trafiquant de drogue, une “autoroute” mais c’est au gouvernement afghan à prendre ses responsabilités en établissant deux check-point aux entrées-sorties de la Kapissa.
Voilà donc l’enjeu et c’est des soldats français représentés par un des plus beau régiment de France qui vont initialiser cette aventure guerrière et humaine. Voilà ce que les médias engoncées dans leur fond de médiocrité et de recherche du sensationnel ne disent pas. Au moment ou nous cloturons cet article, c’est à dire à la mi octobre, la Task Force Chimère, aura pris part à 80 incidents dont 41 actions de combat dont 13 TIC ( Troops in Contact ). 12 paras ont été blessés dont 9 lors de l’embuscade du 27 septembre.  A l’heure, ou vous lirez ces lignes, nos paras auront bien sûr mené d’autres combats et il y aura hélas sans doute de nouvelles pertes. 
A 19H00 départ de nuit. Il nous faut une demi heure, pour gagner la FOB Kutschbach ou Tagab qui est l’autre base de la Kapissa avec la 2ème compagnie du 8ème RPIMa.
Ici, il y a un ordinnaire et le chef nous à fait une tranche de porc grillée avec une superbe sauce à l’ail.   
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JEUDI 09 OCTOBRE.
 
Lever vers 07H00. L’opération a débuté dans la nuit. Nous faisons d’abord un petit tour au PC qui est en liaison directe avec la 2ème compagnie et une compagnie de l’ANA (Afghan National Army)qui effectuent un ratissage. Autours d’une grande table carrée, les officiers des différentes cellules, manoeuvres, renseignement, appui, et logistique suivent la “manip”
devant une grande carte murale. La pièce à coté est réservée aux transmetteurs.
Quelques photos et je suis le colonel dans la tour de guet et de protection, ornée de l’insigne de la compagnie et ou flotte fièrement une flamme noire ou sont écrit en lettre d’or : 8ème RPIMa.  La vue est superbe et permet de comprendre immédiatement la situation tactique. Le fond de la vallée fait au maximum quatre kilomètres de large et puis c’est immédiatement  les contrefort de la montagne. Presque tout se déroule dans cette
 zone de culture bien verte grâce au canaux d’irrigation qui font depuis l’époque greco-boudhique, partie de la culture afghane. C’est la que le Pachtoune vit et éventuellement se bat. En fait, le terrain y est très compartimenté et similaire par certains aspect à un bocage. Le compartimentage est accentué par les Kalat, ou grande maison fortifiée pachtoune, qui depuis des temps immémoriaux servent à la défense. L’Afghanistan a toujours été un pays violent. De l’extérieur, le Kalat se présente comme un grand quadrilatère avec très peu d’ouverture à l’exception de jolie porte en bois. A l’intérieur c’est un dédale de petits cubes d’habitation abritant les familles. C’est donc dans cet Afghanistan utile et agricole que se déroulent la plupart des actions et que le soldat français devra gagner les coeurs. Rien ne dit que le paysan, dans son champs de pastèque et qui vient de vous saluer, ne va pas brutalement sortir une Kalachnikov d’un canal d’irrigation souterrain et vous lâcher une rafalle dans le dos avant de retourner innocement dans son champs. Toute la subtilité du jeu, va consister pour les Français à ne pas tomber dans l’infernal cycle- attentat-représaille afin de se concentrer sur l’essentiel, l’élimination des réels activistes islamistes. En dehors de ces zones vertes il y a bien sûr des embuscades et des combats dans les rochers mais ils sont plutôt le fait d’opportunités ou de pièges tendus à nos troupes comme ce fut le cas à Uzbeen. Le Taleb utilisera la montagne pour se cacher, y cacher ses armes et se déplacer. Connaissant la puissance de feu de l’ ISAF et avant cela, celle des Soviétiques, il évitera de s’y faire surprendre.
Vers 09H00, nous quittons la FOB et tournons à droite, plein sud pour rejoindre la zone ou les deux compagnies sont engagées. Il ne nous faut que dix minutes pour y arriver. En fait dès que l’on quitte une FOB, on peut dire qu’on est en” territoire indien” que ce soit dans la Surobi ou en Kapissa. Ce sera à nos troupes qui viennent d’arriver, de progresivement déserrer l’entreinte afin d’élargir la bulle de sécurité ce qui permetra à la population de relancer l’économie  et de retrouver une vie normale ...mais est ce que l’Afghan qui est en guerre depuis trente ans sait ce qu’est une vie normale.
Nous débarquons et protégé par le GPR ( Groupe de Protection Rapprochée) qui sont les gardes du corps du colonel Aragonese, nous grimpons sur trois cent mètres, le versant ouest de la vallée. Ici sont placés les appuis , mortiers de 81mm, VAB canon de 20mm et un AMX-10 RC du 1er REC  commandés par un superbe sergent chef d’origine camerounaise, noir comme du charbon et hyper sympa. A la jumelle, le chef observe le terrain. Les hommes du GPR font de même avec les lunettes de leur fusil d’assaut. L’un d’eux, l’adjudant Le Goff, un solide breton est surnommé le porte-avion du “8” car il est armé d’un M 16A4 avec lance grenade M 203 de 40mm. Il a déjà fait la couverture de notre collègue “Commando”. Nous ne sommes pas en pique-nique et malgré l’apparente décontraction qui est une des marques du  8ème RPIMa, tout les sens sont en éveil. Les Taliban peuvent avoir repéré ce groupe de commandement et nous balancer une roquette de RPG-7, ce qui est arrivé à plusieurs reprise. Dans le ciel, deux petits Kiowa Warrior font des aller retours. Désormais aucune opération ne se fait sans appui aérien. Beaucoup plus haut, sans les voir dans ce ciel cristalin, on entend les F15 E  Strike Eagle. Eux n’interviendront que si il y a un gros problème. A nos pieds
s’étend la zone de verdure que ratissent les compagnies.
A 11H 10, on entend quelques détonations, sur la gauche. Silence, froncement de sourcils. Deux minutes, plus tard, nous apprenons que l’ANA  a accroché. Un homme armé d’un PKM a été vu mais à pu s’enfuir.
 
Nous redescendons sur la route, couverte d’un première couche de macadam. Si les Français réussissent, elle sera un jour une véritable voie pour le développement. Là nous retrouvons le lieutenant Seb, patron de “ Noir 2” la deuxième section de la 2ème compagnie du “ 8”. Depuis son arrivée, la section a participé à six actions de combat et a compté quatre blessés légers dans ses rangs. On peut noter qu’un des paras du “8” a
du être évacué sur Kabul pour morsure par un cobra. Comme le tireur de PKM de tout à l’heure, le reptile très certainement rénuméré par Hekmathiar a pu s’échapper.   Des gens du 17ème RGP ont installé, un petit check-point et avec deux policiers afghans contrôlent le trafic. En fait pour les opérations en Afghanistan, que ce soit en Kapissa ou en Surobi, la section qui comprend trois groupes d’infanterie est automatiquement renforcée par un groupe génie. Ces derniers oeuvrent en fantassins mais sont immédiatement disponibles dans leur spécialisation si on a besoin d’eux.
Le colonel décide d’effectuer une patrouille avec un des groupes d’infanterie et ses GPR. Nous, nous enfonçons dans la zone verte en file indienne. En communiquant par geste, les hommes progressent. La machine est bien huillée et chacun sait ce qu’il fait. A chaque passage potentielement dangereux, un para se “met en chouff “ utilisant le point rouge de sa visée et couvre le passage du gars qui le suit avant d’être remplacé. Dans un champs, je veux achetter un oignon pour améliorer l’ordinnaire. Le vieux paysan à la vénérable barbe blanche refuse les dix afghanis que je lui propose et m’offre un gigantesque oignon blanc. Ceci prouve que la population n’est pas foncièrement hostile. La patrouille se poursuit par un légère grimpette. Je crois que le colonel veux aussi me tester. Lors de reportages précédents, la mauvaise condition physique de certains journalistes a faillit mettre en danger une section.
Vers 14 heures, nous rentrons à la FOB. L’opération n’a pas donné grand chose car trop de moyens ont été sortis. Taleb est un malin et connait Mao Tse Toung. “Si l’ennemi avance retire toi et fuis le combat , si il recule avance et harcelle le ! “ Néanmoins le colonel Aragonese, justifie ce genre de sortie qui a défaut de bilan, dérange considérablement les Taliban, les oblige à bouger et surtout à communiquer et là ... ils se font reperer. (3). C’est ici que commence la guerre souterraine des Forces Spéciales qui mènent des opérations homo. Suite à l’embuscade d’ Uzbeen, quarante sept taliban ont quand même rejoins le paradis d’Allah.
Nous rentrons sans problème à Nijrab et je m’écroule sur mon lit. Horreur, mon voisin, un major américain, rondouillard et chauve, un peu CIMIC, un peu espion ronfle comme une escadrille de B-17.          
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VE 10 OCTOBRE:
 
Aujourd’hui, grasse matinée car il n’y a rien de spécial à faire. Aurélie, le lieutenant féminin en charge de la “com” me propose d’aller faire un tour au petit magazin, installé juste à l’entrée du camp. Elle se fait rabrouer, au poste de garde car, elle n’a pas son FAMAS et que théoriquement on ne sort pas sans arme en dehors de l’enceinte. Ceci prouve
qu’a peine sortis du camp tout peut arriver. Heureusement d’autres soldat arrivent pour faire du shoping et nous pouvons sortir car ils sont armés. Le magasin est  un peu comme un magasin de brousse ou l’on trouve de tout. Les portrait de Massoud, à l’entrée montrent que nous sommes chez des Tadjicks.
Deux districts au nord-ouest de la Kapissa sont à population tadjike et donc relativement sûrs. La vallée de Nijrab qui s’enfonce vers le nord est également saine. Dans son briefing de la veille, le colonel Aragonese m’avait dit que dans l’extrème nord de cette vallée, règnait une bande de Moudjahidines, anciens de Massoud qui sans être hostile à l’ ISAF ne souhaitaient pas que les soldats de la coalition, y viennent. Ils auraient à plusieurs reprises taillé des croupières aux hommes d’Hekmathiar. Les flancs de montagnes du fond de la vallée seraient encore truffés de mines de l’époque soviétique que les habitants laissent car elles servent de sonnettes en cas d’intrusions des taliban. Ce fond de vallée isolée n’ayant aucun intérêt stratégique et la Task force Chimère, n’ayant que des effectifs limité, le colonel Aragonese préfere se consacrer à sa mission sur l’axe de Tagab. La vallée de Nijrab garde ses mystères.
Aurélie achète ces délicieuses petites tomates qui poussent sans engrais et complètent bien les rations. J’achette des raisins secs. Le jeune Tadjick qui sert, plaisante en français avec tout le monde et vu les prix qu’il pratique doit se faire des couilles en or... en voila un qui est bien content de la présence française.
Dans l’après midi, j’en profite pour interroger les artilleurs.
L’arme savante est représentée dans la Kapissa par une vingtaine d’artilleur parachutiste du 35ème RAP (Régiment d’Artillerie Parachutiste) sous le commandement de l’adjudant Stéphanne. Ils sont venus au pays de l’ insolence avec huit mortiers de 120mm dont quatre opèrent en Surobi au profit du BATFRA et quatre détachés en Kapissa. C’est la 1ère batterie qui fournit les pièces dont deux sont affectées à la FOB  Tagab et deux à la FOB Nijrab. Au pied des mortiers, bien protégés par des sacs de sables et qui pointent leur gueule vers le sud, l’adjudant Stéphanne nous dit.
Nous sommes arrivés, début juillet avec un peu de retard par rapport aux gars du “ 8” et tout de suite on a été dans le bain. Dès la deuxième nuit on a affectué un tir de neufs obus éclairants au profit de l’ANA dans la vallée d’Afghania. D’ici avec nos pièces qui ont une portée de 8 Km on couvre pas mal de zone
En août, le 35ème RAP effectue son premier vrai tir de combat depuis la lointaine opération Tacaud au Tchad. Lors d’une sortie deux pièces font un tir d’efficacité de six coups sur une ligne de crète ou du personnel ennemi a été clairement identifié.
Depuis à plusieurs reprises, les mortiers sont entrés en action. 60% des tirs sont des IL  éclairants et 40% des HE explosifs.   
Dans cet univers de bérets rouge, on trouve quelques cavaliers et quels cavaliers puisqu’il s’agit du “Royal Etranger de Cavalerie” ou plus réglementairement du prestigieux 1er REC représenté par un peloton du 3ème escadron “l’escadron du Rif”
qui mena la dernière charge à cheval de la cavalerie française dans les années 20.
Le peloton comprend 3 AMX-10 RC et 3 VBL 12,7mm. Deux AMX-10RC sont gardés en réserve. Pour venir jusqu’en Kapissa, les blindés ont été transporté par bateau jusqu’à Abu Dhabi d’ou ils ont été chargé dans des Antonov 123 qui les ont débarqué à Kabul à la mi août ou les légionnaires venus de France par avion, les ont réceptionné.
Le capitaine Michaël qui commande le détachement nous explique :
“Ici, nous travaillons vraiment en appui- couverture des paras avec une articulation très différente de la métropole. Le plus souvent du temps, un engin est détaché seul.Les insurgés sont intelligents et s’adaptent très vite. Voilà pourquoi, nous ne devons jamais faire la même chose afin que les taliban changent pas leur mode d’action, en fonction de ce qu’ils ont observé. Ici tout va très vite. “
Pour le moment, on peut dire que la Task Force Chimère est dans un round d’observation malgré la multiciplicité des sorties. Le Taleb ne sort pas en masse mais très certainement observe et prépare un mauvais coup. Il est indispensable pour lui, pour des raisons de prestige, de ne pas subir, comme il le fait actuellement. La destruction de plusieurs véhicules dont un “10 RC” pourrait le conforter auprès de la population. Les AMX-10 RC comme les Léopard 2A5 des Danois et des Canadiens dans le sud pourraient devenir des “ aimants à Taliban” ce qui permetraient aux fantassins de les débusquer.
Les AMX-10RC sont des engins modernisés dont le blindage a été renforcé et qui peuvent encaisser une roquette de RPG-7 normale mais pas une des nouvelles roquette avec charge en tandem. Le principal danger pour le 10RC pourrait provenir d’un IED “musclé”. Même si l’engin est imposant, il passe grâce à ses six roues, et à sa suspension là ou un VAB ne passe pas. Dénommé par la population “Taliban eater” ( mangeur de taliban, les AMX-10 RC du REC ont engagé à plusieurs reprises. Lors de trois actions lors d’attaque sur la FOB Tagab, les engins et les VBL ont tirés dix obus flèches et en site maximum quelques obus HE, 800 coups de 7,62 mm et une cinquantaine de coups de 12,7mm. Un légionnaire d’origine roumaine nous dit.
“J’ai un jour engagé avec un obus à charge creuse des taliban qui s’était retranché derrière un muret de pierres d’ou ont ne pouvait pas les déloger. L’effet dard d’acier en fusion a été le même que sur un blindage.”  Lors des accrochages du 7 et 27 septembre, le peloton a couvert l’évacuation des blessés.  
La soirée se passe tranquilement. Je travaille dans la grande tente loisir ou la télé apprend qu’il y a un krach boursier dans le monde. J’espère que cela n’aura pas d’incidence sur les ventes d’Assaut . La bas des salopards spéculent avec les économies des gens et ici, des jeunes garçons se battent pour la France avec un désinteressement total. A l’autre bout de la grande table de bois, le padre protestant américain prépare son office. Diner ration. Heureusement qu’elles ne sont pas si mauvaises que celà . Au foyer appelé ZE BOURG-KA BAR, je retrouve un “vieil” ami : le lietenant Go, qui était “off com “ au 2ème REI. Lors d’un exercice Colibri dans le Sud Ouest, on avait fait un superbe pique nique sur la DZ située à deux pas des vignobles de Madiran. Autant dire que le saucissonage fut arrosé de cru local. En Kapissa, le lieutenant porte la double casquette d’officier CIMIC ( Civilian-Military Coperation ) et de directeur du foyer. Si les paras colos confient leur point d’eau à un légionnaire c’est que la terre tourne à l’envers ....
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SA 11OCTOBRE : Vers 09H00, une dizaine de VAB quittent la FOB. Mission escorter l’officier CIMIC et le capitaine Yann  à Garay, un village de la vallée d’Afghania ou le “8” va offrir des cadeaux à la clinique (plutôt un dispensaire) qui a également vu toute ses vitres pulvérisées lors de plusieurs combat se faire remplacée par du plexiglass offert par la Task Force Chimère. Deux sections vont assumer la protection de la petite cérémonie d’inauguration. “Tout ça pour moi !” dit avec un grand sourire le lieutenant Go. Dans un des VAB de Blanc 1 on est moins euphorique. C’est un sale coin, plein de Taliban ou les paras se sont fait accrocher à plusieurs reprise. Lors d’une des dernières patrouilles, un Taleb s’était brutalement débusqué derrière la section et leur avait vidé un chargeur dans le dos, sans heureusement atteindre personne.
 “C’est ici que la CCL a mangé” dit le caporal-chef qui commande le groupe.
Nous passons, un petit bazaar ou les visages sont fermés. Ce n’est pas le cas partout comme l’a écrit le journal du dimanche et bien souvent les enfants nous gratifient de larges sourires.
Dans le VAB, un sergent chef du 35ème RAP est en communication avec une patrouille de A-10 qui à moyenne altitude tournent au dessus de la vallée.
Hog ! Zippo 14, my convoy leaving the bazaar  direction east ! copy ?” ( 4) L’accent est du sud ouest mais les anges gardiens chargés de bombes GBU à guidage laser et MK 82 ont l’air de comprendre.
Le briefing s’est fait à la radio lors de la prise de contact et le sergent chef sait ce que les avions, ont comme armement, leur temps sur zone etc....
 Nous arrivons à Garay et les sections se déploient tandis que les autorités, c’est à dire le capitaine Yann commandant la 1ère compagnie “les requins” du “ 8”, mon ami le lieutenant Go et plusieurs sous-officiers de la CCL se rendent à la clinique.
Tout le personnel afghan attend en rang d’oignon avec le directeur de l’établissement, le Malek à la barbe blanche et trois policiers. Deux tables ont été dressées avec les drapeaux français et afghans. Le capitaine fait son petit discours et des paras amènent des cadeaux et un bloc électrogène tout neuf. Le directeur de la clinique répond et à le courage de dire:
-” Nous remercions la France, amie de l’Afghanistan, dont les soldats combattent au coté des nôtres pour donner à notre pays la liberté.” 
Sachant que les taliban sont omniprésents dans le secteur et qu’il risque sa vie pour avoir dit de telles paroles, tout le monde applaudit.
Ce qui est dommage à mes yeux, c’est que les militaires participant à cette petite cérémonie ont gardé casque et pare éclat .  C’est là ou on s’américanise. Que les groupes de protection, placés à deux cent mètres soient prêts au combat, c’est normal.
Mais lorsqu’on va dans la maison pour offrir des cadeaux à quelqu’un dont ont veut garder l’amitié, on n’y va pas en armure. Il aura été beaucoup plus fin psychologiquement d’effectuer ce coup de pub en béret. ... mais voilà, il y a les assurances, la peur de ne pas être règlementaire et l’éternelle ouverture du parapluie
au cas ou il arriverai quelque chose.   
Le capitaine préfère ne pas trop s’attarder dans ce coin dangereux et après une distribution de bonbons aux enfants, tout le monde repart. Avons nous gagnés des coeurs ...sans doute mais il faudra beaucoup de temps, pour changer les mentalités.
A la FOB, je déjeune avec le lieutenant Go et Aurélie. Mon oignon géant sert toujours.   Nous reparlons des CIMIC.
 Bien sûr, comme disait un officier CIMIC US en Irak dans CIMIC il y a cynique. Les militaires ne font pas de l’humanitaire pur. Ils améliorent la vie de la population afin d’améliorer l’image de la Force et essayent de gagner l’amitié des gens pour aussi avoir du renseignement. On choisira un village d’ou l’on peut observer ou l’on batira une passerelle sur un torrent que les troupes pourront également utiliser. Le grand Lyautey En Algérie, les Français avec un système similaire baptisé SAS (Service Action Sociale) menés par les officiers des affaires indigènes, avaient réussi à ramener le calme dans bien des régions. Go nous dit.
Aujourd’hui, on est allé pisser sur le territoire des Taliban. On va voir comment ils vont réagir. En tout cas le directeur de la clinique a été courageux. “
disait “ Donnez moi un médecin et je vous rendrai un bataillon “  Ceci reste toujours d’actualité.
Fin d’après midi et soirée calme. Cette fois ci ce n’est plus le Padre protestant qui occupe l’autre bout de la table mais l’officier de renseignement qui interroge des Afghans avec son interprète.
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Dimanche 12 octobre Journée très calme . Le REC et deux sections font une sortie mais je n’en suis pas.
Je déjeune avec la CCL. Martine, la secrétaire du BOI est la plus ancienne des féminines au régiment. C’est une fille, hyper sympa qui dans la poussière, rève d’un plateau de fruits de mer et d’une bouteille de muscadet frais.
Après la traditionnelle salade de tomate agrémentée de miettes de thon, prise dans une ration, je passe une heure avec le capitaine Fabien qui commande la 3ème compagnie du 17ème RGP ( Régiment de Génie Parachutiste) Deux sections de la compagnie ont été détachée en Surobi et deux sections en Kapissa. La section d’appui  est dispatchée dans les autres sections. Arrivés en précurseur, les sapeurs parachutistes ont construit la zone vie dans le cadre de l’aide au déploiement fin juillet en coopération avec les Engineers de l’ US Army à l’aide d’un MPG (Moyen Polyvalent du Génie) et d’un camion benne blindé... les seuls matériels lourd amenés de Montauban. Après les sapeurs seront répartis à raisons d’un groupe dans chaque section de combat du 8ème RPIMa et le MPG et le camion benne affecté
au mission d’amélioration de la protection de la FOB ainsi qu’à des mission CIMIC.
La principale mission des sapeurs est bien sûr la recherche et la neutralisation des IED aussi le groupe génie est il souvent en tête lors des déplacement. En quatre mois, 6 IED seront découverts. Deux seront neutralisés et quatre détruits. Lors de l’incident IED qui à coûté la vie à quatre Marines, l’équipe EOD ( Explosive Ordonance Disposal) va
étudier le cratère, recueillir des indices et essayer de comprendre le mode d’action du piège. Sur les six IED neutralisé par les sapeurs en Kapissa on a trouvé presque tout les mode de fonctionnement possible, de la simple lame de scie déclenchant à la pression, au fil et batterie ainsi qu’un déclenchement plus sophistiqué par portable.
L’un d’eux utilisait une mine antichar italienne TC-6 qui aurait pu faire de gros dégats.
Une des autres missions est la fouille d’habitation qui se fait sous la protection d’un groupe de para du “ 8” ou des GCP (Groupe Commando Parachutiste). Certaines fouilles sont planifiées, d’autres faites selon l’opportunité. Un jour la chance à souri aux sapeurs et ils ont trouvés dans une maison : cinq kalashnikov, un pain d’explosif, 19 chargeurs, un fusil Enfield et des chasubles de combat. En Afghanistan, les Karez ou canaux d’irrigation souterrains, dont certains datent de l’époque greco-boudhique sont indispensables à la vie mais servent également de caches d’arme et de chemin d’exfiltration. Un jour le caporal sapeur -para Maxim s’aventure dans un Karez particulièrement long. Il traverse une première galerie, et aborde une seconde. Au fur et à mesure de sa progression, l’eau lui monte jusqu’à la taille et il décide de rebrousser chemin. C’est à ce moment que sa lampe accroche quelque chose dans la partie non imergée de la galerie. C’est une niche avec à l’intérieur, un Kalachnikov, bien enveloppée dans des chiffons graissés.
Beaucoup d’armes sont également trouvée grâce aux renseignements humains et quelquefois cédées par la population. Deux jours après leur arrivée, un Pachtoune, contacte mystérieusement l’officier S2 par téléphone et lui donne un rendez vous car il voudrait donner des “choses” qui trainent chez lui. C’est peut être un piège, mais les sapeurs parachutistes avec de grandes précautions, se rendent néanmoins à l’endroit indiqué. Discrètement l’homme leur remet une roquette Chicom de 107mm (Type 69)
18 mines PMN-2 antichars et 10 mines Antipersonnel PMN. Il affirme qu’il n’aurait jamais révèlé cette cache à des Américains mais qu’il fait confiance aux Français. Au moment ou nous quittons la FOB, le bilan des soldats deux soldats blessés du 17ème RGP s’établit  à deux blessés graves. Un à eut le fémur éclaté et l’autre un éclat de roquette dans l’oeil. 
A la fin de mon intervieuw le capitaine Fabien me remet l’insigne de la 3ème compagnie
du 17ème RGP fait spécialement pour la mission et c’est un grand honneur.
La soirée se passe chez les “medics”.  Dans l’après midi, j’avais fait quelques photos à l’infirmerie ou un soldat afghan était soigné pour blessure par balle et une petite fille adorable pour un pied brulé. La gamine avait carément mis le pied dans un four à pain.
Si des civils sont soignés, la principale mission des medics reste les premiers secours apportés aux militaires. Durant la phase d’entraînement précédant le départ en Afghanistan ,l’accent a particulièrement été mis mis sur la formation santé. 90 paras du “ 8” ont reçut une formation de combat life saver ou réferrent santé et tous ont percut une nouvelle trousse de santé. Cette remise à jour du secourisme de combat remis au gpôt du jour à pour but  de reformater l’esprit des soldats afin qu’il sauvent éventuellement la vie du blessé et le prépare à l’action des hommes de la section médicale. La première chose à faire est de contrôler l’hémoragie, la deuxième de dégager les voies aériennes et la troisième de faire une pefrusion en attendant la section médicale qui fait du SAMU de combat. Celle çi est constituée d’un docteur, d’un infirmier, de cinq auxiliaires médicaux et d’un aide soigneur. On compte deux réservistes dans cette section qui a traité 5 soldats français polycriblés, effectués 37 EVASAN et donné 1000 consultations au profit de la population durant les quatre premiers mois du mandat. La section dispose d’un VAB appui infanterie et  d’un VAB Sanitaire dont la grande croix rouge a été effacée  car les taliban qui disposent de sniper, essaient volontairement de tuer les cadres et les soldats spécialisés.
A 21H00 Je vais me coucher laissant Aurélie, l’interprète afghan et tout les “medic” à leur pokker endiablé. Heureusement la mise n’est que de deux Euros.  
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LU 13 OCTOBRE. par QRF ( Quick Reaction Force)  et prise en compte des blessés se sont déroulés de ffaçon satisfaisante. Le capitaine Yann nous dira “ Ici, il n’y a pas le choix ! Il faut être très réactif et  changer très vite de tactique car l’ennemi s’adapte lui aussi très vite.” En trois mois la compagnie va participer à une vingtaine d’accrochages. Il est difficile d’établir un bilan car les A 3H00 du matin ,la 1ère compagnie du capitaine Yann, part en mission. C’est bien sûr un outil de combat bien affuté, bien équipé et qui a bénéficié d’une bonne préparation avant de venir au pays de l’ insolence. Les paras portent les nouveaux treillis Felin, des nouvelles ranger , un pare éclat plus léger  et de la nouvelle trousse de secours. Dès leur arrivée, ont lieu les premiers accrochages avec un ennemi mordant et qui comprend dans ses rangs des djihadistes irakiens, pakistannais, tchètchènes et qui remplace systèmatiquement ces cadres abattus par la coalition.
Chaque combat est analysé et les RETEX (Rétention d’Expérience) sont analysées.
 Le combat du 27 septembre démontre que tout ce qui a été travaillé dans la période
préliminaire au déploiement , drill, réaction immédiate, gestions des feux, renforcement  Les Taliban font très rapidement disparaître les corps. Un des “requins” me dit
Un jour ,le VAB canon de 20mm a engagé des Taliban, postés sur le toit d’une Kalat. On a bien vu dans les optiques, tomber des corps et du 20mm cela ne pardonne pas.
A notre arrivée, ils avaient disparus !
Aujourd’hui ce n’est pas le cas et la section Blanc 2 reperre et identifie à l’aube deux hommes armés. Il fait encore sombre mais entre nuit et jour, le tireur FR-F2 qui a encore sa lunette nocturne OB-50 fait feu. Deux balles dans la poitrine et une dans le cou règlent le sort du Taleb. Blessé, l’autre Taleb réussit à s’enfuir. Sur le corps, les paras retrouvent une AK-47, cinq chargeurs, une grenade russe et le plus important une chaîne pyrotechnique prête à l’emploi. Les premières infos indiquent que l’homme est un cadre local venus du Pakistan ou il a subit un entraînement. Les paras laissent le corps sur place après avoir récupéré l’armement. Bientôt ,il reposera sous un tertres de pierre. Le vent de la Kapissa agitera les drapeaux blanc des martyrs placés sur sa tombe.
Vers 09H00, nous rejoignons les “requins” avec le colonel, le GPR et la reconnaissance du 27ème BCA qui dans deux mois remplacera les paras. Pour une première sortie, les Alpins en auront eut pour leur argent.
Nous patrouillons et fouillons des maisons avec les “ requins” et  deux spécialistes du 17ème RGP. Malgré le sérieux de la situation, un paras  gouailleur  lance à un des mecs du “17”
-”Eh tu vas nous faire des gambas avec ta poèle à frire “
L’homme parle du détecteur de métaux, mis en action par le sapeur para.  La population est ici, loin d’être hostile et les enfants souriants... c’est un signe. Nous croisons, un groupe de civil “endimanché” qui revient sans doute d’une cérémonie religieuse. Discrètement le colonel, dit aux hommes des GPR. “ Regardez les pieds des femmes en Burka “
Dans le style de commandement très souple qui caractérise le 8ème RPIMa, le colonel Aragones prend part à l’action. Tout en contrôlant les choses, il laisse faire ses subordonnés. Visiblement ce “chef “est heureux d’être sur le terrain avec les superbes
soldats de la Task Force Chimère. Vers midi, le convoi repart dans un torrent de poussière qui s’estompe rapidement dans le ciel cristalin du pays de l’insolence. Ici, la légende de la Kapissa est en train de naître.
Le soir, je mange avec mes amis de l’équipe GPR. L’adjudant Le Goff, promus la veille a tenu a repeindre mon casque en camouflage trois tons marron, brun clair et sable. Il le trouvait trop SS en noir. C’est la seule couleur que j’avais trouvés pour peindre ce casque bleu qui m’avait été donné par le colonel Poulet, patron du 2ème REP à Sarajévo. Les garçons du GPR dont Mau-mau et Pancho sont des “vieux” soldats d’élite qui assument en OPEX la protexction rapprochée du Chef de Corps. A Castres, ils appartiennent à la 11ème compagnie d’instruction ou ils forment les “jeunes”aux nouvelles techniques de tir. Ce sont  tous des tireurs d’élite “retaillés” qui ont une certaine liberté dans l’utilisation de leur armement . On trouve dans le groupe ,outre le FAMAS, 
, des M-4 avec lance grenade, du FR-F2 et un SIG -542 en 7,62 utilisé pour les distances moyennes.
L’occasion est belle pour démolir un des arguments avancés par la presse suite à l’embuscade du 18 Août, comme quoi nos soldats étaient trop jeunes et pas assez entraîné. L’adjudant Le Goff nous dit  :Le jeune volontaire fait d’abord 2 mois de “classes” nommée FIG -Formation initiale générale pendant laquelle il apprend à effectuer les modules Alpha et Bravo de l’ ISTC ( Instruction de Tir au Combat)Vient ensuite la FSI -Formation Specialisée Initiale qui dure également deux mois afin de former les tireurs d’arme collective, les pilotes VAB etc... Pendant cette phase, le jeune va faire apprendre selon sa spécialité les module Charlie Delta et Echo de l’ ISTC et qui portent sur la MINIMI, le FR-F2 etc..;Vient ensuite un stage Commando d’un mois avec
l’apprentissage des TAI (Technique d’Action Immédiate) ou l’on apprend des rudiments de combat urbain, comment extraire un blessé sous le feu etc...C’est ensuite un deuxième stage commando de cohésion et de préparation physique. La formation aura donc duré près de six mois. il est donc faux d’affirmer, comme l’a fait une partie de la presse que nos soldats ne sont pas préparé. Il est sûr que cette préparation ne remplace pas l’expérience mais c’est celle çi  ne se s’apprendra que sur le terrain et au contact des évênements. A son arrivée sur  le théâtre, le jeune est placé dans une section ou il cottoiera des anciens qui lui apprendront les ficèles du métier mais ceci ne se fera pas en un jour. Les vieux principes militaires voulant que “la sueur épargne le sang” et que “old soldier never die” restent toujours d’une brûlante actualité.  
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Mardi 14 octobre : A 7H00, après avoir remercié le Chef de Corps  je suis sur le très poussièreux parking avec tout les bagages pour le briefing du convoi qui doit nous ramener sur Kabul. C’est un petit convoi de six VAB et deux camions armés par la CCL. C’est d’ailleurs le capitaine qui commande cette dernière qui fait le briefing. Vitesse, distance en rase campagne et dans les villages, conduite à tenir en cas d’ IED identifié, en cas d’explosion d’ IED, en cas d’embuscade etc... etc..
Un demi heure plus tard nous quittons la FOB Nijrab ou j’ai fait un bon reportage et passé de bons moments. En fait je somnole, les trois quart du chemin bercé par le ronronement du moteur, écrasé par le poids de la Frag et du casque et abruti de chaleur et de poussière. Le VAB grince et gémit dans les montée. J’aimerai un jour trouver un soldat poète qui puisse décrire en vers, la complainte du VAB. Nous arrivons à Warehouse vers 11H30. Avec tout mes équipements c’est un peu la galère pour rejoindre le bureau du colonel Louisfert.
Là on m’apprend que je dois être le lendemain à 17Heures à l’aéroport . On ne peut bien sûr pas me loger donc comme d’hab, stop et taxi sur l’axe violet. Le lieutenant de Légion qui attend un vol bleu pour la Métropole compatis à mes malheurs comme je compatti aux siens. Sa faute est de ne pas avoir été assez vigilent et d’avoir laissé un journaliste du FIG MAG photographié des hommes suspectés d’être des Taliban.
Comme si ces connards avaient signé la convention de Genève.. Un journaliste pour travailler doit donner ses empreintes, être filmé dans tous les sens mais on ne peut pas filmer une scène d’action comme celle de toute les guerres.
Pour me consoler ,je vais manger un bon kebab et passe une bonne nuit de repos au guest house d’Acted.
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ME 15 Octobre: Grasse matinée, lavage de linge, et point sur ce qui reste comme argent à mi séjour. A 16H00, on galère un peu pour trouver un taxi. A l’aéroport de Kaia, la partie militaire de l’aéroport de Kabul, les sentinelles belges du 1/3 Lanciers me reconnaissent et m’accueillent super bien. En attendant qu’on vienne me chercher je discute avec eux. Deux des garçons sont abonnés à Assaut. C’est une très jolie brune, lieutenant de l’Armée de l’Air qui vient me chercher. Elle est vraiment sympa et me dit même qu’elle pourrait me loger, si j’avais des problèmes. Voilà qui est interessant. Elle me boocke sur le vol de la RAF pour Kandahar à 20H00. J’ai donc deux heures à tuer et vais au restaurant Thaï  de Kaï. J’ai l’impression que durant ce voyage, je ne fais que manger.
Après le repas, vite une bière au bar avant l’enregistrement . On sert de la bière à partir de 19H00. Au moment ou je termine ma lieutenant arrive avec les gens de l’escalle et c’est deux tournées de plus. J’apprécie bien sûr car à Kandahar ce sera régime sec. Du personnel administratif de l’Armée de l’Air doit également faire le voyage. On enregistre et on reçoit un carton blanc plastifié en guise de carte d’embarquement. Et soudain , une cinquantaine d’Afghan débarquent. Ils sont prioritaires car ce sont des interprètes et bien sûr nous sommes bons pour l’avion suivant à 22H00. Comme nous sommes en salle transit -no beer ! A 21H30, l’aboiement du sous-off du Movment-control de la RAF, me tire de la banquette ou je m’étais allongé. Dix minutes plus tard, en compagnie des gens de l’Armée de l’Air , nous sommes dans la file... en frag et casque. Le sous-off de la RAF arrive et demande à voir les cartes d’embarquement . “Sorry, you have white card, only the red prioritary could be on board.” Ce sera donc encore une fois l’avion suivant à minuit. Retour sur ma banquette et réaboiement vers 23H40. Cette fois c’est la bonne et nous nous engoufrons dans le C-130 J  ou nous sommes serré comme des sardines. Vol sans histoire avec une escale à Camp Bastion ou nous embarquons des mecs du 7th Royal Horse Artillery. Nous arrivons à 02H00 du matin à Kandahar. Je m’écroule sur le lit dans une super chambrée toute neuve du camp de l’Armée de l’Air.  De plus je suis seul  dans cette chambre à quatre lit ultra moderne avec murs et toit à l’abri des roquettes.
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JE 16 Octobre : Le sergent chef Bonbonis, un légionnaire d’origine lithuanienne responsable du transit aérien m’aborde alors que je sors du batiment.
On peut vous mettre demain dans un hélico pour TarinKowt mais il s’arrêtrera là et vous ne pourrez aller à Deh Ràwod qu’avec l’hélico qui partira d’ici lundi prochain. Je vous conseille d’attendre ici car à Tarin Kowt, il n’y a rien.
Je n’ai pas trop le choix... quatre jours de perdus. Le sergent chef à d’ailleurs raison . “TK” je connais pour y avoir logé l’année dernière dans un demi container avec quatre journalistes. Mieux vaut ma belle chambre Armée de l’Air ici . Un peu déprimé, je vais déjeuner. Kandahar est de plus en plus grand et de plus en plus poussiéreux. Je suis à la limite de faire de l’agoraphobie  dans cet univers de barraque noyée dans une poussière farineuse et qui compte 14.000 hommes.
Je vais voir le PIO Brits pour voir si je peux faire quelques choses avec les Royal Marines. Concernant mes demandes, il n’a bien sûr rien reçut de Kabul et celà ne m’étonne pas. C’est un squadron leader de la RAF qui a toute les qualité des officiers de presse britannique : écoute et efficacité. Il me dit de repasser le lendemain.
Je tue le temps en écrivant et en allant manger une glace au chocolat au green bean cofee ou il y a toujours des “stars & stripes  qui traînent sur les tables. Un petit tour au PX pour voir si je peux achetter des lunettes de protection ballistiques. Elles sont inabordables pour ma bourse. A part bouquiner ou écrire il n’y a rien à faire.
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VE 17 octobre : L’adjudant chef Julien de la DPSD qui s’occupe aussi de moi a tellement pris son temps que les Mirage 2000 D que nous devions filmer nous sont partis sous le nez.
Dans une hangarette, je fais des photos d’un Mirage qui fait des essais moteur et le mec qui est dans le cocpit, un petit barbu me demande qui je suis et à qui j’ai demandé l’autorisation de prendre des photos. Je l’avais pris pour un caporal chef mécanicien mais c’est en fait le commandant du détachement avec rang de lieutenant colonel.
Il ne voulait pas être pris en photo mais j’en savais rien. On mesure un peu du regard mais tout se passera ensuite bien. Je vais avec l’adjudant en boût de piste pour faire des photos du prochain décollage. Coup de bol ,un drone Predator armé, décolle avant les Mirage. Un de mes appareils a pris la poussières et les capteurs sont saturés de grains noirs. Rien à faire, il faudra dépoussiérer à Paris.
L’après midi est calme. Le squadron leader Peoples me donne des adresses et m’invite pour le lendemain à aller voir le détachement de Harrier GR7 et GR9, la dernière version du fameux avions à décollage vertical de la RAF.
Le soir nous mangeons au DEFAC américain avec l’adjudant et son très laconique adjoint . A une table voisinne, les pilotes fêtent bruyamment un anniversaire Un capitaine des Troupes de Marine nous rejoint et me salue. Il me rapelle que j’avais filmé son peloton de Sagaie à Tiebessou en Côte d’ Ivoire en 2002. Nous décidons d’aller faire un tour sur les “planches”, le quadrilatère en bois avec galerie qui est un peu le centre commercial de Kandahar Air Base. On y trouve des boutiques d’artisanat afghan, le pizza hutt , l’igloo, glacier canadien, un salad bar et un autre coffee shop ou il y a toujours la file. A 21H00, nous décidons d’aller prendre un Milk Shake au café néerlandais derrière les planche. A peine attablé : Boum !  Un explosion et pas trop loin ,les vitres ont tremblés. Probablement une roquette ! La sirène est en retard d’au moins trois minutes. Nous nous rendons dans l’abri le plus proche et y attendons la fin d’alerte. Les bagnolles de MP, gyrophare allumé vont dans tous les sens. C’est effectivement une roquette.A la fin de l’alerte, nous pouvons localiser le point de chute. Trois cent mètres à vol d’oiseau du Dutch cafe ou nous étions.  On parle de blessés américains. Nous rentrons au camp français pour voir les pilotes ,un peu agités. La roquette est tombée à cent métres, juste devant leur    
Land Roover alors qu’il revennait de leur diner d’anniversaire. Un jeune capitaine, un peu choqué m’a dit qu’il a entendu les blessés hurler. On apprendra le lendemain qu’il s’âgit de deux soldats bulgares ayant eut des éclats dans les jambes et l’un d’eux a recut un éclat dans les couilles. La guerre est une loterie.
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Samedi 18 octobre : La matinée se passe à faire des photos de Mirage. Cette fois ci le commandant du détachement est charmant. J’assiste au préparatif de la mission. Pour les photos, lors de ce voyage presque toujours le soleil dans la figure. Pour la sortie des avions alvéoles j’ai le soleil de flanc et carément de face pour le taxi way.
L’après midi c’est un peu le même topo mais de l’autre coté de la piste avec les Harrier de la RAF. Alors que je me prépare à aller diner vers 19H00 . On entend la sirène d’alerte roquette. Je n’ai percu aucune détonation. Je préfère  rester  dans le bâtiment.
En fait la roquette est tombée assez loin, à l’avant du parking des avions de la RAF. Des éclats sont tombés à une dizaine de mètres du nez des C-130 Hercule sans faire de dégats, ni de victime.
Dans la nuit il y a une alerte dans la nuit, mais presque aussitôt, la sirène de fin d’alerte raisonne.
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DImanche 19 octobre : Je passe la journée à tuer le temps. RAS. Dans l’après midi, je perd mon exclusivité sur la chambre puisque deux commandant et un lieutenant- colonel de la 27ème BIM ( Brigade d’ Infanterie de Montagne) arrivent. Il viennent faire la recco pour le prochain déploiement OMLT. (Operational Monitoring Liaison Team) Ils me posent plein de questions sur la Kapissa. Le colonel du 4ème Chasseurs fulmine sur le blog de Merchet qui n’a pas bien traité son régiment.
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LU 20 octobre : Départ en Uruzgan.
 
A 07H00, nous sommes prêt et le chef Bombonis, nous emmêne au terminal hélicos.
ou sans problèmes, on nous met dans un Cougar MK II du squadron 300 de la RAF.
Comme je suis monté le dernier, je suis juste en face du door gunner de droite. Deux membres des Forces Spéciales barbus australiens, montent au dernier moment.
Décollage à 07H30. Au début , vol tactique très bas sur la plaine de Kandahar et puis les hélicoptères montent rapidement à la verticale pour prendre une altitude que j’estime à 3000 m. Nous attérissons rapidement à Tarin Kowt ou nous déposons nos deux Australiens et embarquons deux Hollandais.
Vingt minutes plus tard, nous sommes à Deh Rawoo. Le Lieutenant colonel Berthiaux, second du 2ème REI que j’ai connu lieutenant nous attend à la sortie des hélicoptères.
C’est lui le patron de l’ OMLT en charge avec une trentaine de soldats fournis par la 6ème BLB d’instruire, de conseiller et éventuellement de demander et guider des appuis au profit de l’armée afghane. L’unité est sous le commandement d’un battle group néerlandais comprenant une compagnie  des grenadiers de la Luchtmobiele qui ont abandonné leur hélicoptères pour des AIFV, des Mercedes Wolfe Recce et des Bushmaster, hélas trop nombreux. Suite à un mort par IED, le contingent néerlandais a connu une mini mutinerie à Tarin Kowt ou les hommes d’un escadron de reconnaissance sur Mercedes sans protection ont refusé d’aller dans une zone truffée d’IED.
Les IED restent la principale menace dans la zone ou un véhicule de l’ANA a été pulvérisé la semaine précédent notre visite. Autre menace,les suicide driver. L’un d’eux s’est fait sauter sur le bazaar de Deh Rawoo, tuant un soldat de l’ANA et des civils. On n’a retrouvé du kamikaze que sa tête et un main qui ont été mise dans un des frigio de la base. L’homme n’avait que vingt ans. D’après les “Rens” un suicide bomber serait prêt à passer à l’action dans la chora de Deh Rawoo. 
Vers 11H00, le lieutenant colonel Berthiaux nous présente aux chefs de la Task Force, un jeune capitaine avec une barbe digne d’un officier de la guerre des sécession. L’entente est parfaite entre les Néerlandais, les Français et le petit contingent tchèque en charge de la garde de camp Hadrian. C’est ainsi qu’a été nommée la FOB a cause de sa ressemblance avec un camp romain. Un quadrilatère avec quatre tour d’angle défensive. L’ensemble est dominé à l’ouest par un mouvement de terrain sur laquelle a été placé un grosse tour d’observation et de défense dénommée “ Java” en souvenir du passé colonial néerlandais. A cinq cent mètres de là, se trouve le camp de l’ANA ou les français se rendent tout les jours pour l’instruction. Après le déjeuner, je peux en compagnie des officiers alpins, assister à tout les briefings, à l’exception du briefing “renseignement”. Une très jolie hollandaise avec une frimousse semée de taches de rousseurs, nous brieffe sur les différentes sonneries, alarme , roquettes, incendie, etc...
Le colonel Berthiaux nous décrit ensuite sa mission, ses effectifs et fait un point sur le 1er Kandak de la 4ème brigade du 205ème Corps de Kandahar qu’il est en charge d’épauler. L’impression est mitigée. Beaucoup d’absentéisme, une dotation en armement loin d’être complète, une compagnie qui n’existe pas, un manque de rigueur..
mais aussi beaucoup de bonne volonté, du courage, de la motivation et un kandak multiethnique ce qui est une bonne chose. Le colonel Matin, un Pachtoune dont la famille a de l’influence à Kabul commande l’unité. Il a même réussi à obtenir 250 fusil M16 et une dotation de 30.000 cartouches, preuve qu’il a le bras long. La fin de journée est consacrée à un briefing destiné à la patrouille du lendemain. Je suis totalement intégré au système, ai ma place dans un VAB bien déterminé et recois mes instructions propres concernant ma façon de travailler et de me déplacer durant la patrouille. C’est tout à fait comme cela que je concois le reportage de guerre.
Le soir, je vais faire un tour au bar... La petite barmaid tchèque charmante est une vraie petite poupée blonde aux yeux bleus. Elle me donne une boite de bière sans alcool bien sûr en me disant avec une voix d’ange. “This is a gift à Tcheck Republic.” 
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Mardi 21octobre : Départ en patrouille avec le colonel Berthiaux, les deux officiers de la recco de la BIM et quelques légionnaires de l’ OMLT. Nous quittons le camp après avoir été cherché deux interprètes. A la sortie de camp Hadrian on effectue les test des antibrouilleur. un technicien équipé d’un gros boitier jaune passe devant chaque véhicule et vérifie si les brouilleurs fonctionne. Tout les mois, les Américains donnent de nouvelles fréquences qui sont envoyée sous un forme de petite carte à mettre dans les boitiers et ce pour tout le théâtre. Après cela, nos trois VAB se dirigent vers le camp de l’ANA naptisés TICKS et qui jouxte un petit camp de Forces Spéciales US. Même ici , tout prêt du camp, la menace des IED est prise au sérieux . Mon “ange gardien” pour cette manip est un infirmier marin qui a servi dans les sous-marin et qui est l’élément représentant la Marine Nationale dans l’ OMLT. Connaissant la Légion, la création d’un Royal Etranger de sous-marins pourrait se faire avec cette première recrue. On récupère les Afghans, qui appuie l’opération avec une petite section montée dans des Ford Ranger. En cas d’ IED, bonjour les dégats et si l’IED est sérieux, il y a en général 4 à 5 morts. Ce fut le cas deux semaines avant notre arrivées. Le but de la patrouille est d’assumer l’escorte d’une jeune lieutenant hollandaise qui va proposer au Malek du village de Laglam de creuser un petit canal entre la rivière Tiri Rud et son système d’irrigation. Nous laissons les VAB et lesFord  Ranger sur une hauteur et à la garde des pilotes et chefs de bord et entamont une longue marche. Le paysage est superbe comme presque partout en Afghanistan. plateau désolé, montagne en fin de tableau et surtout cette zone verte que nous abordons après avoir marché dans la caillasse. Dans cette oasis de verdure, nous resserons le dispositif. La patrouille se déroule dans l’environnement compartimenté de la campagne afghane. Nous traversons des champs de maïs, des vergers et quelques Kalat qui ont l’air d’être moins grandes que dans la Kapissa. Les gens sont très accueillants et souriants, ce qui veut dire que l’ ISAF ici est peut être en train de gagner la bataille des coeurs. Dans un village plus au nord de la vallée, les Taliban qui avaient égorgés et pendus plusieurs habitants ont été chassés par les villageois. Le Malek nous offre le thé à l’ombre de grands arbres et sur un petit carré de verdure. C’est un homme superbe d’une trentaine d’années, une vrai gravure anglaise du XIX représentant un seigneur pachtoune. Imposant turban noir, camiz-chourar noir et une belle barbe noire soigneusement entretenue. L’homme a de l’humour et ses yeux noisettes pétillent d’intelligence. Ce  paysan du fin fond de l’ Uruzgan a bien plus de dignité et de noblesse d’atitude que bien de nos politiques. La jeune hollandaise même pas légèrement voilée, lui parle de son projet canal et lui dit que les nappes fréatiques sont trop exploitée à cause des pompes et qu’il ne resterait que 3% de ressource en eau souterraine. Nous discutons ensuite d’éducation et du fait qu’il faut envoyer les enfants à l’école et ne pas systématiquement les garder pour les travaux des champs.
Le Malek acquiesse et nous offre des épis de maïs en plus du thé.
Nous reprenons notre patrouille. La section de l’ANA est commandée par un lieutenant Tadjick secondé par un sergent chef Hazara avec qui je sympathise. Il a vraiment gardé la tête de ses ancêtres mongols. Ronde, des yeux bridés et une petite moustache. Dans une autre vie, je l’imagine avec un bonnet de fourure , des bottes et arc composite, en Subotaï , lieutenant de Gengiz Khan. Dans le Kandak, les Hazara, sont des bosseurs comme ils le sont dans la société afghane. Ils restent néanmoins des “parias” n’ayant que peu de chances d’accéder aux postes de responsabilité... de plus ils sont chiites. Mon “Subotaï” me dira avec beaucoup de sérieux que très récemment dans la grande mosquée de Mazar E Sharif, deux vieilles femmes aveugles ont recouvert la vue grâce à un miracle d’Ali (5). Je respecte bien sûr ces paroles et ses idées. La patrouille se poursuit et je bénis la légereté de mon pare éclat car avec la chaleur, les soldats commencent à souffrir . En cas de problème nous pouvons compter sur les deux canons chenillés Panzehaubitze 2000 et sur les mortiers de 81mm basé à camp Hadrian. La fin de la patrouille est consacrée à la visite d’une école placée au sommet d’un mamelon pelé. C’est dans les écoles que se jouera le futur de l’Afghanistan. Si les Taliban peuvent recruter c’est parce que, beaucoup d’Aghans sont totalement incultes. Le terreau des intégristes reste l’ignorance.
C’est autours des gamins, en train de gentillement chahuter que la radio apprend au colonel, qu’il y a un gros accrochage à une dizaine de kilomètres au sud est de notre position. Deux postes de l’ANP (Afghan National Police) ont été attaqué par une bande d’une quarantaine de Taliban. Trois policiers afghans ont été blessés. Deux hélicoptères apparaissent dans le ciel, un AH-64 Apache néerlandais et un UH-60 Blackhawk de l’ USAF. Ce dernier est normalement un hélicoptère CSAR (Combat Search Rescue) chargés de recueillir les pilotes abattus mais ici il servira à l’évacuation des blessés afghans.
Retour au camp vers midi.
A l’ordinaire il y a des harengs maatjes. On est quand même dans un camp néerlandais.
Dans l’après midi, on passe présenter les Alpins aux Cdt en second du Kandak . Leur chef le colonel Matin est en permission à Kabul.  Fin de journée calme.
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 Mercredi 22 octobre.
 
A l’aube nous grimpons sur la grande tour de défense et d’observation “ Java” ou se trouve une petite garnison tchèque. La vue est superbe et le colonel jumelle à l’appui présente aux officiers alpins tout le secteur. Le confluent du fleuve Helmond et de la rivière Tiri Rud forme un grand triangle isocèle de verdure entouré de montagne. A chaque extrémité de ce triangle, dont les cotés font une vingtaine de kilomètres, oeuvrent une bande de Taliban et bien sur quelques FOB ou l’ANA travaille en coopération avec les Français. Visiblement les Taliban, sont désunis à cause d’opération HOMO effectuée par les Forces Spéciales qui ont liquidés plusieurs chefs dont la succession engedre des querelles internes. Les bandes n’agissent d’ailleurs pas en coordination ce qui facilite le travail des forces de sécurité. Comme partout en Afghanistan, on s’attend à un coup de force destinés à la propagande Taleb avant l’hivernage, aussi l’ ISAF met elle la pression et les moyens. En Helmond, la semaine précédente, les Islamistes ont tenté de reprendre la capitale provinciale, Laskargah et ils ont reçut une sérieuse raclée avec 42 taliban au tapis. Ici a Deh Rawoo, l’attaque du poste de police sera également un échec car les policiers afghans vont résister, faire une sortie et tomber dans une embuscade mais tenir bon quand même. L’arrivée des moyens de l’ ISAF sonnera le glas de la bande qui laissera 37 hommes dans l’affaire.
Après notre visite à “ Java”, nous nous rendons sur le stand de tir ou les Français supervisent les tirs au M16. Devant une cible, ou il y a un beau groupé de trois coups, un légionnaire nous dit .L’Afghan n’est pas un mauvais tireur, il sait démonter et remonter son arme, l’entretien, sait la zéroter mais ne sait pas la règler en sus de ses particularismes propres, c’’est sur ce point que nous allons insister dans notre instruction cadre.  
Je fais des photos des tirs, M16 et demande l’autorisation de tirer quelques cartouches
Nous voyons ensuite des tirs de RPG, plutôt raté en ce qui concerne la précision et puis de canon sans recul chinois Type 65  qui est la version céleste du B-10 soviétique.
Avec cette arme nos Afghans sont très précis mais que de poussière.
Dans l’après midi nous retournons au camp de TICKS ou j’assiste à la première leçons de l’instruction de dix cadres séléctionnés pour la formation M16. Une fois formés ces derniers formeront à leur tours, les soldats afghans. Le cours est donnés par deux sous officiers du 2ème REI, un espagnol et un bulgare sous le regard d’un capitaine.
Retour au camp pour le pot, donné en l’honneur des Alpins suivi d’un barbecue. Il y a même un petit peu de Puyloubier qui a hélas mal du supporter la chaleur dans le container. Comme je n’ai pas de fourchette, je mange la viande qui est délicieuse, à la main comme un vulgaire canibale. 
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JEUDI 23 octobre.
 
Avant le départ ,je fais vite des photos des Land Rover “Defender” blindée des Tchèques. C’est ensuite le départ pour Tarin Kowt ou on ne devrait que se poser pour dropper nos Alpins mais là pour Dieu seul quelle raison , je suis débarqué de l’hélicoptères avec un légionnaire russe qui devait aller sur Kandahar avec moi.
On nous remettra dans un hélicoptère à 15H00. En attendant je fais quelques photos de drones néerlandais Sperwear mais, il n’y a hélas pas de lancement. On tue ensuite le temps au “wind mill” la salle repos néerlandaise surplombée par un petit moulin à vent.
A 15H00, les cougar sont là et nous repartons presque à vide à l’exception de deux jolies néerlandaises. Le paysage est grandiose.  Nous nous posons dans une caserne au nord de Kandahar même pour charger des caisses de matériel optique et ensuite cap sur l’aéroport . La  c’est du vrais vol tactique dans la zone de végétation. Par moment on doit être à 4 mètres du sol et on vole à toute vitesse. C’est très impressionnant. Comme le coin est “pourri” ,je m’attend à  être alumé. Bien sûr le fait de voler très bas et à grande vitesse, surprend les malfaisants qui ne voient l’hélicoptère débouler des rideaux d’arbres qu’au dernier moment et ne peuvent de ce fait ajuster leur visée.  La rafale attendue, heureusement ne viendra pas et nous atterissons au soleil couchant à “Fort Poussière” Je retrouve ma chambre “trois étoile” que je partage avec le légionnaire russe qui s’empresse de disparaître pour aller se faire masser. Eh oui, on peut même faire un massage thaï, au milieu de la poussière. Personelement je préfère face au lagon mais trouver un lagon, à part le champ d’épandage  à Kandahar....
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VENDREDI 24 octobre .
Un  C-130 français nous amène à Kabul. Je fonce à Warehouse au bureau du colonel Louisfert. Il a recu en renfort deux officiers presses que je connais bien .
Pour mon reportage sur les Polonais ce sera difficile . Maintenant ce n’est pas au Français à m’organiser cela mais à ces foutus “bunkerisés” du PIO office du QG de l’ ISAF. Retour à Kaia, l’aéroport militaire de kabul ou la sympathique et jolie  lieutenant de l’armée de l’air, m’a trouvé un container avec un lit de camp. On en demande pas plus. Le soir, je mange au Sport restaurant ou il y a des bons steack, mais à l’époque ou c’était le foyer du BATFRA, le vin était nettement meilleur. Après cela, deux bières au foyer belge qui reste le point d’eau, le plus sympa de tout l’Afghanistan. L’endroit est décoré avec des panneaux montrant le capitaine Haddock, Spirou, Natacha Blake & Mortimer  et quelques célèbrités de la BD belges cottoyant SM Albert II et la reine Paola. Jupiler et Stella Artois y coulent à flot.
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SAMEDI 25 octobre.
    Journée calme et grasse matinée. L’horrible pinard du Sport Restaurant m’a donné mal à la tête. Je réussis comme tout les ans à faire des photos des Belges. Ici aussi, on voit l’évolution bureaucratique et débile de la situation. Je demande simplement à faire une photo d’un des nouveaux camions blindés Dingo  Le brave adjudant chef en charge des relations publiques téléphone à Bruxelles pour demander l’autorisation. Au prix du téléphonne ... On se demande de nos jours, si un subordonné est capable de prendre une initiative sans “ouvrir le parapluie”. Le Dingo est un engin connus en service depuis dix ans dans la Bundeswehr. Encombrer une ligne militaire et faire payer au contribuable belge la communication pour une simple photo est idiot. La scéance de photos se passe bien et nous allons en bout de piste avec le fameux Dingo. Les soldats belges sont toujours aussi gentil et sympathiques. Ils effectuent avec brio une mission peu valorisante mais indispensable. Espérons qu’un jour, ils seront au combat avec leurs frères d’arme français... mais en Belgique comme dans toute l’Europe, le pouvoir a tellement peur des pertes. 
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DIMANCHE 26 octobre.
 
A 06H00 pile je suis réveillé par une secousse sismique légère aussitôt suivie d’une autre. Cela n’a pas l’air très sérieux, mais l’impression est bizare. J’avais déjà connu un tremblement de terre à Mazar e Sharrif en 2002 dont l’épicentre était situé dans le sud de la province de Takar. Il y avait eu de nombreuses victimes. Je reste au lit et me rendort. Il n’y a que cela à faire. La miss de l’Armée de l’Air me dit qu’elle a eut un message du PIO. Pour les Polonais, il n’y a rien à faire et je pourrais faire le détachement d’hélicoptère Caracal , le 28. Deux jours à tuer le temps.
L’après midi, je pars confirmer mon billet au building de Kam Air dans le centre ville. Pour y aller, je fais du stop a la sortie de Kaïa et un des commerçant du marché afghan me prend. Il m’apprend que la sud-africaine qui louait des voitures blindées et qui avait inspiré un des personnages de SAS avait été assassinée juste devant son bureau.
Kabul est décidément de moins en moins sûr. Les embouteillages sont toujours là et de nombreux gamins de rue mendient. J’aimerai donner quelques afghanis à ces pauvres gosses mais il y en a de trop. La confirmation du billet se fait sans problèmes et je décide d’aller à Warehouse pour voir si il y a des nouvelles pour mes briefing. Je ne dépasse pas le poste de garde, messieurs,les PIO étant occupés. Au retour à Kaya, situation ubuesque, les Luxembourgeois de garde, bien plus boulons que les Belges ne veulent pas me laisser rentrer. Impossible de prévenir, ma miss officier d’escorte. Ils disent qu’elle n’est pas joignable. En fait je crois qu’il ne cherchent pas vraiment à la trouver. Comme j’insiste, le chef de poste dit à la radio .” que je le fais chier et si celà ne me plaît pas je n’ai qu’ à me casser . Je suis obligé d’attendre par terre dans la poussière pendant deux heures. Je grelotte de froid car la nuit est tombée et que nous sommes en octobre à près de 2000 mètres d’altitude. En fait les soldats s’en foutent complètement et signe des temps sont règlement -règlement. Je pourrais crever de froid, il s’en foutent et ne sont capables d’aucune initiative.... c’est comme celà qu’on perd les guerres et si la bunkerisation de l’ ISAF se poursuit c’est ce qui arrivera. Des enfants afghans, interloqué par ce Koraji ( étranger) assis par terre le dos contre un parpaing de beton, viennent me réconforter. Deux garçons et trois petites filles. Un des gamines me met même son foulard derrière ma tête pour qu’elle ne soit pas contre le béton. Voyant que je claque des dents, l’une d’elle va même me chercher une couverture et les garçons veillent à ce qu’elle m’enveloppe bien. L’un d’eux se propose même d’aller me chercher un kebab. La sollicitude et la débrouillardise de ces enfants qui sont des petits Pachtounes me fait chaud au coeur. Quelle contraste avec l’indiférence des soldats de garde luxembourgeois, incapable, vu la situation d’envoyer un de ses mecs de repos, aller chercher le lieutenant de l’Armée de l’Air. L’un des garçons parle bien l’anglais et les filles quelques mots. ça c’est très positif car cela prouve que ces enfants vont à l’école... y compris les filles.
Vers 19H00, la garde change et ce sont des Belges... En un quart d’heure, le problème est règlé et ma miss vien me chercher et me trouve grelotant.
    -------------------------------------------------------------------------------------------------------------LUNDI 27 octobre .
 
Journée calme. Je fait du shoping au PX pour achetter quelques jouets à mes petits Afghans et me rend l’après midi à Warehouse pour les dernière intervieuw. J’apprend que le 8ème RPIMa a perdu un poste MILAN  dans l’accrochage qui a vu 14 Taliban au tapis. Je passe ensuite chez le capitaine des “fantômes” qui m’explique aussi le combat du 18. En fait ce sont les appuis qui ont tout fait et Apache et A-10 ont bien mattraqué.
Trente coup de mortiers de 120 ont été tiré et cela a fait très mal au Islamistes. Le capitaine m’offre une bouteille de pinard des fantômes. On discute un peu et je comprend que le capitaine qui un vrai officier de para dans la mentalité déplore le manque d’esprit offensif. Retour dans la nuit à Kaia. Je remet mes cadeaux au garçons qui m’a aidé hier. Je dois être un vrai père Noël.
 
DIMANCHE 28 octobre . Retour à Paris. Via Dubaï
 
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(1) Sorte de grand panier avec une armature en fil de fer remplie de caillasse  servant à
la protection.
(2) Ce surnom provient de l’ Indochine ou les paras colos du 8 BCCP ancêtre du  8ème RPIMa s’était distingués par divers particularismes revendiqué haut et fort par le régiment. ( voir Assaut N°4)
(3) Pour des raisons de discretion operationnelle, Assaut n’entrera pas dans les détails mais Américains et Français sont bien équipés pour écouter les liaisons des Taliban qui disposent de Turraya, de Motorolla et bien sûr de portables) De leur coté, les Taliban, ont les moyens d’intercepter des communications téléphonnique et comme par hasard, le réseau fonctionne à merveille. Donc soldat, attention à ce que tu dis à ta petite amie ou à ta maman.
(4) Hog ! Zippo 14, my convoy leaving the bazaar  direction east ! did you copy ?”
Hog est l’indicatif des A-10, Zippo 14 celui du TACPI . Copy  veut dire compris.
(5) Ali, le gendre du Prophète serait enterré dans la grande mosquée de Mazar e Sharif.
En 1996, les Taliban sunnite profannent sa tombe, ce qui entraîne immédiatement , une réaction des Hazara qui vont tuer près de 2000 taliban en une semaine. La répression des Taliban sera atroce. 
 
 
 
Lexique :
 
ANA : Afghan National Army. Armée Nationale Afghane.
 
 BIM : Brigade d’ Infanterie de Montagne. La 27ème BIM qui comprent les 7ème, 13ème et 27ème BCA, le 93ème RAM, le 2ème REG et le 4ème Chasseurs est la grande formation de l’Armée de Terre spécialisée dans le combat en montagne.
 
 CIMIC : Civilian-Military Coperation.
 
 CSAR : Combat Search Air Rescue
 
EOD :  Explosive Ordonance Disposal.  Equipe de spécialiste du Génie en charge de neutraliser munitions non explosées et IED. 
 
 GCP : Groupe Commando Parachutiste. Eclaireurs chargés de préparer les sauts ou d’effectuer des coups de mains, leur rôle est comparable à celui des Pathfinder de la deuxième guerre mondiale. Infiltrés par chute libre ou dérive sous voile, les GCP vont reconnaître la DZ et préparer l’aide au déploiement.
 
GPR  : Groupe de Protection Rapprochée. Ce sont les garde-corps du colonel. En général de vieux soldats triés sur le volet.
 
 FOB (Forward Operating Base): Base avancée opérationnelle.  En fait des sortes de Fort Apache d’ou les unités partent en opération.
 
IED.(Improved Explosive Device) : Piège explosif placé le long d’une route et qui
peut être déclenché mécaniquement, manuellement ou electroniquement aux passage de véhicules. La charge est constituée de vieux obus, de mines ou d’une cocote minute remplie d’explosif. Que ce soit en Irak ou en Afghanistan, les IED sont le principal vecteur de perte parmi les forces de la coalition.
 
ISTC : Instruction de Tir au Combat. Nouvelles méthodes de tir adaptée aux conflits modernes.  
 
MPG : Moyen Polyvalent du Génie. Sorte de gros buldozer à roue. On en trouve huit dans les section d’appui des compagnies du Génie. 
 
OMLT. Operational Monitoring Liaison Team : Equipe en charge de conseiller et de guider  les appuis feu au profit de l’armée afghane.
 
PKM : mitrailleuse légère russe appelée aussi “Poliumit “
 
 QRF : Quick Reaction Force. Force de Réaction Rapide. Chaque détachement dispose à son niveau d’une QRF destinée à intervenir dans l’urgence.   
 
RAP : Régiment d’Artillerie Parachutiste.  Equipés de canon TRF-1 de 155mm ou de mortier de 120mm, le 35ème RAP est le régiment d’artillerie de la 11ème BP. 
 
 RETEX : Rétention d’Expérience. Analyse faites après un déploiement ou une opération et qui permet d’améliorer l’équipement.

 


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